‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 109 sur 147 · BAYONNE, 9 9 OCTOBRE I · texte numérisé non relu

BAYONNE, 9 9 OCTOBRE I

GARBAU, REPRÉSENTANT PRis LURHiB DES PYRÉNÉES OGGIDENTA|.ES ^^),

AU GOMITi DE SALDT PUBLIC.

Bayonne, le 1" jour de la 1'* décade da 9* mois de la a* année de la République une et indivisible.

LE nSPRisENTÀNT DU PEUPLE PRES LUEMEE DES PméNBES OCCIDENTALES.

AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Les citoyens Pinet ^'^ et Monestier ^^^ mes coii^fues , ont pendant mon absence destitue et même &it mettre en ëtat d*arrestation quelques o£Bciers gënëraux et supérieurs, qui n'avaient pas la confiance du soldat et dont la conduite était presque suspecte. De ce nombre sont les généraux Deprez-Crassier et Willot. Ils ont été remplacés par des bons militaires, vrais sans-culottes, aussi prononcés pour la Révolution que les plus ardents montagnards. L'état ci-joint, n" i*', vous donnera un aperçu de ces remplacements , en attendant que mes collègues vous fiissent parvenir leur arrêté.

Cette régénération salutaire n'est pas la seule qu'ils aient opérée. Après avoir purgé l'état-major de l'armée, il leur restait à purifier Rayonne et le Saint-Esprit, places que j'avais déjà eu la précaution de mettre en état de si^e. La sansculotterie y domine aujourd'hui exclusivement : comité de surveillance municipale révolutionnaire, société épurée, tout va grand train; les gens suspects sont mis en état d'arrestation , les pistes payent de leur bourse leur apathie et les fripons marchent à grands pas vers la guillotine. D'un autre côté les dons patriotiques et les visites domiciliaires produisent chaque jour des monceaux d'or et d'argent en numéraire ou en matières. Déjà j'ai &it verser, soit dans les mains du directeur de la monnaie , soit dans celles du payeur général , plus de 600,000 livres.

(') Garrau avait été envoyé, le 3o avril 1793, en nûseion à l'armée des Pyrénées occidentales, avec ses collègues Feraud, Ysabeau et Chaudron-Roussau. (Cf. Âulard , 111,560.)

(*) Cette lettre, toute militaire, n'a été qu'analysée par M. Aulard (VII, 677).

('} Jacques Pinet, né h Saint -Nexans (Dordogne) en 1754, député de la Dordogne à l'Assemblée législative et i la Convention, proscrit en 1816, mort à Bergerac le 8 novembre i8âA. Il avait été cbai*gé, le 3 août 1793, de la levée en masse dans les départements de la Dordogne et de la Gironde. (Cf. Aulard, Vf, 76.) Un décret du 1 3 octobre Tavait ensuite

envoyé à Tannée de l'Ouest (Aulard, VU, 396), mais Pinet et ses collègues prote»tèrent contre cette nouvelle destination par des lettres des 90 et ai octobre 1793. (Cf. Aulard, VII, 593 et 555.)

(*) Benott-Jean-Baptiste Monestier, né à Glermont-Ferrand le 3i octobre 1765, chanoine, premier vicaire de l'évéque constitutionnel de Clermont, député du Puy - de - Dôme à la Convention , mort i La Saigne, commune d*Authezat-ia-Sauvetat (Puy-de-Dôme), le 99 novembre 1890.

Monestier avait été envoyé i l'armée des Pyrénées Orientales le 90 juin 1793 avec Lefiot (cf. Aulard, V, 97) et avait rejoint son collègue Pinet.

Mais ponrqaoi bat-il qu*aa miliea de toutes ces belles choses les sans-culottes voient naître de nouvelles entraves? Le Conseil exécutif, nuJ instruit sans doute, vient de nommer trois génëraux de division et deux généraux de brigade, qui sont bien loin de réunir Testime et la confiance des bons citoyens. La piupail de ces nouveaux-nés sont des êtres nuls ou équivoques; leur promotion a Àonné, scandalisé tout le monde; aussi la société montagnarde de cette ville 8*est tSe empressée de venir me les dénoncer et de me demander un sursis k la remise de leurs lettres de service. J*ai cru qu'il était de mon devoir d'accorder le sursb jusques à ce que vous ayiez prononcé sur les cheb de suspicion articulés contre eux. Je vous ferai passer sous peu les pièces relatives à cette aflUre. En attendant, je vous envoie une simple note sous le n* a.

L'arrêté que vous m'avet envoyé par un courrier extraordinaire m'est parvenu hier. Je vois avec plaisir que vous savez prendre de grandes mesures quand l'intérêt de l'État l'exige. Allons, courage! Encore quelques coups de maître comme celui-là, et le vaisseau sera bientôt au port. Il me tarde que la campagne soit finie dans cette partie-ci , pour aller rejoindre la Convention nationale et vous embrasser. En attendant, je remplirai exactement vos vues en vous d(mnant les détails que vous demandez par votre arrêté. Je commence dès ce moment.

OPERATIONS mUTAIRBS.

1* Les opérations actuelles se réduisent à une défensive rigoureuse. Nos moyens sont insuflSsants pour une grande entreprise. Cependant les généraux et moi avons conçu le projet d'enlever avant l'hiver les batteries que les Espagnob ont établies sur le bord de la Bidassoa et de prendre poste sur leur territoire. Pour cet effet il a été donné ordre à 9 bataillons de réquisition et k 3oo hommes de cavalme nationale volontaire de se rendre ici avant le 1 o novembre prochain. Je compte sur le succès de cette expédition, dont le plan vous sera transmis avant son exécution.

CONDUITE DBS G^NiRAUX.

a* La conduite des généraux est franche et loyale depuis l'épuration de l'âatmajor. Dumas ^^^ n'est point encore arrivé. Nous attendons tous les jours le général

(» Thomas-Âiexandre Davy de la Pailieterie, dit Alexandre Dumas, né à Jéréime(lie de Saint-Domingue) le a 5 man 1 769 , dragon au régiment de ia Reine te 9 juin 1 786 , brigadier le 1 6 février 1 79 s , lieutenant dans tes hussards de la Liberté le a septembre 1799, iieutenant-colonei de la légion franche de cavalerie des Américains et du Midi le i5 septembre 1799, générai de brigade à Tarmée du Nord te 3o juillet 1793, général de division le 3 septembre 1793, commandant en chef

Tarmée des Pyrénées ocddentaies le 8 septembre 1793, générai en chef de l'année des Alpes le 9 nivdse an 11 (99 décembre 1793), a quitté Tarmée le 18 messidor an II (6 juillet 1796)1 commandant Técole de Mars au camp des Sablons le i5 tiier* midor an 11 (s août i79&)f em[^oyé à l'armée de Sambre* et -Meuse le 18 du même mois (5 août), commandant en chef Tannée des Côtes de Brest du 3 au 1 9 brumaire an III (96 octobre au 9 novembre 1796), remis en actirité le 93 brumaire

[aa ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAffiE DU COMITÉ. 379

Fr^ville, qui passe pour un bon sans-culotte. On ne saurait trop donner d'âoges à l'activité et au zèle du général de division Gimel ^^\ commandant TartiUerie.

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