‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 119 sur 147 · DE LA CONVENTION NATIONALE · texte numérisé non relu

DE LA CONVENTION NATIONALE

Je VOUS envoie ci-joint, citoyens, le bulletin de ce qui s'est passé aux attaques de Gilette, les 18 et 19 de ce mois^'^. Vous verres que les soldats de la République, composant l'armée d'Italie, y ont montré leur énergie et leur courage ordinaires, et que leur conduite est au-dessus de tout âoge.

(*) M. A. Ghuquet dit i ce propos ( Wii» êêmbottrg, ùûh) : (rL^armëe du iUiin se retira donc le 18 octobre, i huit heures du loir, derrière la petite rivière de la Souffel, sous le canon de Strasbourg. L*avanl-garde, commandée par Conibez, campait à la Wantienau et détachait un bataillon au Jardin dWngleterre. La droite avait pris position à Souflelweyersheim , et le centre à Vendenheim, à Lampertheim , à Mun-

dolsheim, à Niederhausbergen. La cavalerie, qui formait deux corps sous Diettmann et La Farelle , occupait Hoenheim , Mittelhausbergen et Oherhausbergen. Le quartier général était à Schiltigfaeim et l'ambulance à la Robertsau.»

(') Cette relation, datée de Nice, 93 octobre 1 793 , est signée par le général Gaultier Kerveguen. — Cf. Krebs et Moris, I« Sa 5 et suiv.

394 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [siS oor. 1793.]

Je voafl a! déjà maDdë à planeurs reprises que cette armée manquait de munitioDs de guerre eu tout genre, de fusils et surtout de baiomiettes, qu*il est urgent de nous faire passer; que les subsistances nous arrivent à peu près, au jour la journée.

Nous avons bien reçu des draps , mais pas en assex grande quantité. Je vous demanderai surtout des renforts, cette armée étant considérablement diminuée par la division envoyée sur Toulon , par les maladies et la désertion. J*inaiste aujourd'hui d'autant plus sur cette demande que les ennemis, ayant été repousses du Mont-Blanc , refluent sur nous , et que déjà ils ont reçu des renforts considérables. Le général Kellermann me mande bien qu'il bit partir deux bataillons pour Grasse , d où je les ferai venir ici , mais cela ne suffit pas , et il est nécessaire que nous en recevions un plus grand nombre.

Je dois vous observer que les bataillons du département du Var, de nouvdle levée, ont généralement marché sur Toulon, et que je n'en ai ici que ia vdeur de trois à peu près , et la très grande partie sans fusils.

J'apprends dans le moment, que le poste d'Utelle a été attaqué dans la nuh du 9 1 au a a par une force supérieure ^*^ ; mais , quoique cette attaque ait été très vive, l'ennemi a été repoussé. Lorsque j'en aurai reçu les détails je vous les ferai passer.

Aucun des généraux de brigade , dont le ministre de la guerre m'a envoyé les lettres de services n'est encore arrivé. Le général de brigade Gamier^*' me

(') Le général Dugommier écrivit d'Utelle , ie 9 9 octobre 1 793 , au ministre de la guerre pour lui envoyer une relation des combats des 18 et 19 octobre. «Je vous dirai de plus, qu'aujourd'hui 99 octobre, le poste d^Utelle, qui couvre Levenio et Nice, a été attaqué, à une heure du matin, avec furie par cinq mille hommes que commandait le général Saint -André. Ils ont été repoussés avec perte de notre côté de sept à huit concitoyens et autant de blessés. L^ennemi a perdu |Jus de cent hommes trouvés près de nos postes et nous lui avons fait quinxe prisonniers. Fort heureusement, je suis rentré i Utelle le lendemain de Taffaire de Gilette, ainsi que les forces que j*en avais tirées pour le secourir. L'ennemi ne s'attendait pas que nous eussions fait sept lieues par une marche forcée pour nous rendre à propos à notre poste naturel ; mais notre prévoyance a déjoué son projet et il a eu encore la honte de se retirer avec une force très supérieure.» (Orig., Arch. de la guerre , armée d'Italie.) — Robespierre jeune écrivait de Nice, ie 93 oc-

tobre, au Comité pour lui annoncer nos succès. «L'armée d'Italie a bien mérité de la République. Déclarei-le; c'est une récompense qui lui est due et que vous ne pouves retarder sans injustice ... Le général en chef provisoire (du Meri>ion) combine avec sagesse les opérations de cette armée; 0 fait les di^>ositions les plus utiles et tire le meilleur parti possible du petit nombre des combattants qui la composent Le général de brigade Dugommier est un vrai républicain, qui sait inspirer Tenthoiisiasme de la liberté i ceux qu*il conduit i la victoire ; il est aimé de ses subordonnés, qu'il aime; il est actif et courageux; il rendra de grands services À la patrie. . . 9 (CC Aulard, Vil, 699.)

(*) Pierre-Dominique Gamier, né à Marseille (Bouches-du-Rhône)le 19 décembre 1756, fils d'un entrepreneur architecte, soldat dans le régiment de nie-de-France le 91 février 1776, congédié le i5 septembre 1779, commandant en second du bataillon fédéré de MarseiUe , k la tétc duquel il marcha à Tattaque des Tuileries le

[a3 ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ, 395

mande d^Oiiiotdes, en date du 19, que le gênerai Carteaux, ainsi que les représentants du peuple près l'armée , sous Toulon , Ty ont retenu pour commander Taile gauche.

L*armée d'Italie a des oflSciers qui méritent , à juste titre , d'être promus à de nouveaux grades. Je vous en enverrai Tétat incessamment, après m'étre concerté avec les représentants du peuple près cette armée.

Du Mbbbioii.

(Oiig., Arch. de la gaerre, armée d'Italie.)

BATONNB, d3 OCTOBRE 1793.

LE QimitLkL LAROCHE AU GOMITi DE SALUT PUBLIC.

AfuJyse, — Le général Laroche informe le Comité que les Espagnols ont été repoussés et complètement battus ^^K «rNous leur avons fait quelques prisonniers et tué cent cinquante hommes. Nos soldats brAlent de courage; ils se sont retira en criant : Vive la RépubUquel mve la Montagne! Bientôt ils feront parier d'eux d'une autre manière. »

(Orig. aat, Areh. de la gaeire, armée àM Pyrénées oeeidentales.)

10 août 1799 eSfut bleMé d*un coup de sabre, lieutenant-colonel du 1 1* chasseurs le s6 octobre 1799 , général de brigade à Farinée d^Itaiie le 19 septembre 1793, général de division provisoire par arrêté des représentants du peuple à Toulon le 3o frimaire an 11 (90 décembre 1793), confirmé le 19 fructidor an 11 (99 août 179&), commandant la 8* division militaire (Marseille) jusqu'au 98 messidor an Ti (16 juillet 1798), commandant les départements des Basses-Alpes et des Alpes- Maritimes en Tan vu, envoyé i Tannée dltalie le 1 5 ventûse an viii ( 6 mars 1 800) , réformé le 1 ** prairial an iz ( 9 1 mai 1 800), rappelé A Tactirité sous TEmpire, commandant la k* division de réserve à Gand le 8 avril 1809, commandant d'armes i Barcelone le 96 août 1811, autorisé A prendre sa retraite le 1" juillet 1819, commandant d'armes dans les provinces lUyriennes le 93 avril 181 3, commandant

supérieur à Blaye (Gironde) le 95 mars 181 A, admis À la retraite le 3o décembre 18] 6, mort à Nantes le 11 mai 1897.

^^) Le même jour le représentant Garrau écrit de Bayonne au Comité de salut public que les Espagnob ont été rigoureusement repoussés dans deux attaques qu'ib ont faites, Tune vers Saint- Jean-de-Lui, Tautre à Saint- Jean-Pied-de-Port (Cf. Aulard, VII, 593.) — De son cÀté, le général eu chef provisoire Léonard Muller annonce aux repr^ntants près Tannée des Pyrénées occidentales que les Espagnols sont descendus le ]*' du 9* mois (99 octobre) d^Ispegny sur Baïgorry et ont été repousses par le général Dubouquet, et qu^à Saint-Jean-de- Luz, le 91 octobre, le citoyen Jacob Rouchel a riclorieusement refoulé leurs colonnes à la tête de ses grenadiers. (Copie certifiée conforme par le général Léonard Muller, Arrh. de la guerre , armée des Pyrénées occidentdes.)

396 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [%i oct. 1793.]

RBNIfBS, 93 OCTOBRE lygS.

LE gIn^RAL YBRGNBS AU COMITE DE SALUT PUBLIC.

Ànalyte. — Il mande que l'aimée des CàXes de Brest est trop bible pour la défense des cAtes et qu'il but rappder la partie des tronpes envoyée à Tannée de rOuest.

( Analyse, Areh. de la gnerre, eorr. gin.)

112. PARIS, a A OCTOBRE 1793^'^ LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC À LA MUNICIPALITÉ D'AUTUII.

Paris, 3 brumaire an a de la République française, une et indivisible.

Depuis un an le ministre de la guerre a passé un marché et avancé des fonds pour fabriquer des fusils à Autun ^^). Nous ignorons absolument ce qui a été fait dans cette ville. Gonune les besoins de la République en armes sont urgents , il est nécessaire que nous connaissions Tétai de situation de cette manufacture.

L'article vi du décret du 1 9 vendémiaire porte : « L'inertie du gouvernement étant la cause des revers, les délais pour l'exécution des lois et des mesures de salut public seront fixés. La violation des délais sera punie conmie un attentat à la liberté, v

La fabrication des armes étant une mesure de salut public, nous vous requérons de nous faire connaître pour le 1 5 de ce mois l'état de situation de la manufacture de fusils de la ville d'Autun.

Les membrêê du Comité de salui publie, Garnot, Gollot-d'Herbois.

(Orig., Areh. mun. d* Autun. — Communiqué par H. Ch. Le Téo, professeur d*histoire k Autun et actuellement i Rennes. )

(^> Gamot était présent au Comité, mais le registre ne porte pas la liste des présents. (Cf. Aulard, VU, 601.)

(*) Un décret de la Convention nationale, en date du 97 janvier 1793, avait autorisé le citoyen Déroche à établir à Autun une manufacture d^armes et avait mis i sa disposition une avance de

60,000 livres remboursables en cinq années, à condition de mettre sa manufacture en pleine activité dans Teepace de six mois. (Cf. un article publié à ce sujet par M. Ch. Le Téo, professeur d^histoire k Autun, dans U Repuhlteain du Morvan, numéros des A, 10, iH et aS septembre 1890.)

[ai o€T. t793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ, 397

PARIS , ù Ix OGTOBRK 1793.

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