‹ Correspondance générale de Carnot (volume 2)Chapitre 129 sur 147 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DS vètàMUÉ&tMXirt DIS iTBLIBllS ST 0K8 MAGABIN8. ' '

Pour rétablissement des. ateliers et des magasias, etc. , comme pour beaucoup dlautres parties de cette vaste entreprise^^lout était à créer; mais aussi on ;avait la ressource des. bâtiments natiosaiu diiqpoiiibles, dont le .Comité de salut public: s*est fait donner un . état par le diseor toire du département de Paris. Ces bâtiments sont distribués dans toute rétendue de la ville; ils sont à de très grandes distances les uns des autres; si un seul architecte eût* été chargé de leur examen, de la destination qu on pouvait leur donner et des constructions nécessaires pour cet objet, il aurait éprouvé des retards funestes.

Pour accélérer cette suite d'opérations et avoir le nombre d*archU tectes suffisants pour les diriger, on a pris là liste des Jacobink, des électeurs de 17^2 et des membres de la comniune du 10; on a fait le relevé de tous ceux (pii y étaient désignés conune architectes, on les a convoqués 6t on à paHagé le territoire de Paris en autant d'arrondissements qu'il s'est trouvé de membres présents.

«On les a adressés à la manufacture établie dans la maison Bretonvilliers, pour y prendre les renseignements sur les détails des objets nécessaires aux ouvriers, et on les a «chargés, chacun en particulier, de parcourir l'arrondissement qui lui était attribué, pour juger de la destination qu'il était convenable de donner aux bâtiments. Ces architectes ont été adressés au minislrç de la guerre pour lui soumettre leurs opérationci et obtenir de lui le^ pouvoirs nécessaires pour mettre de l'ensemble dans toutes ces dispositions, et proportionner avec sagesse le nombre des ateliers ' de chaque espèce. Tmis le& architectes ont été chargés de correspondre avec un ingénieur en chef nommé par le ministre de la guerre, et qui, en même temps qu'il devait exercer une surveillance générale sur tous les travaux relatifs à l'établissement des ateliers, en devait presser. et accélérer la confection. '

Enfin, pour enyironqer cet ingénieur 4e toutçs lès lumières qui lui étaient nécessaires , le Comité de salut pttUic a donné ordre au mn nistre de la guerre et à là niànufacture de la maison Bretonvilliers de nommer quatre canonniers, quatre platineyrsi quatre ajusteurs et

PIÈGES JOSTIFIGATIVBS. &63

moûtéurs, chargés, avec les régisseurs des ateliers, de donner à cqt ingénieur la connaissance de tous les objets de détail qui lui étaient nécessaires.

On va exposer rapidement le tableau du nombre , de remplacement et de la destination des ateliers de tous les genres qui s'élèvent en ce moment ^ Paris pour la fabrication des fusils.

Forges à canon.

Le canon de fusil se forme d'une lame de fer de dimensions déterminées, que l'on roule à chaud, et que Ton soude ensuite au marteau. La fabrication de ces lames exige des martinets qu'on ne pouvait établir en nombre suffisant aux environs de Paris sans sacrifier des moulins à farine, ou sans établir des chutes d'eau par le moyen de machines & feu, ce qui aurait consonuné du charbon de terre nécessaire aux autres parties de la fabrication. On a pensé qu'il était bien plus convenable de faire venir ces lames toutes fabriquées des forges qui sont placées sur des cours d'eau , qui sont ou qui peuvent être facilement garnis de martinets nécessaires, dont l'approvisionnement en combustibles est moins coûteux qu'à Paris, et dont les ouvriers sont exercés à un genre de travail analogue, ou peuvent en prendre promptément l'habitude.

Il n'en était pas de même pour forger les canons; cette • opération exige un grand nombre d'ouvriers qu'il serait peut-être impossible de rassembler dans les forges et même de former avec assez de rapidité, tandis qu'à Paris, où Ton manie déjà le fer avec tant d'adresse et où l'émulation et le besoin qu'a chaque ouvrier de l'estime de ses pairs peuvent enfanter des merveilles, il est facile de convertir prpmptement en excellents canoimiers tous les bons forgeurs. .

On s'est donc déterminé à élever à Paris a 58 forges, et en les distribuant en grandes masses sur les places publiques et dans les promenades susceptibles de les recevoir, le Comité de salut public a eu pour objet d'inspirer au peuple la confiance qu'il doit avoir dans ses ressources, et de le rendre lui-même le surveillant des entraves de tout genre que cette grande fabrication pouvait éprouver.

De ces forges, i&o sont placées sûr l'esplanade des Invalides; 5& sont adossées dans le jardin du Luxembourg, au mur qui le se-

&6i CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT.

pare du terrain des ci-devant Chartreux; et 6 A entourent la grille de la place de rindivisibiiitfi ^^K

Lorsque les ouvriers seront exercés, chaque forge produira h canons par jour, ce qui donnera en tout i^oSa canons, et pour attendre que l'on ait atteint ce degré de rapidité, l'administration a reçu des soiunissions pour un certain nombre de canons tout forgés, qui seront envoyés à Paris des différentes forges des déparlements; et déjà plusieurs forgerons de Paris ont passé des marchés pour en forger chez eux, et le nombre en est déjà porté à 1,910 par mois.

Forerieê.

Lorsque le canon est forgé, on le met de calibre et on en adoucit l'intérieur dans les usines , au moyen d'alésoirs gradués qu'on y fait passer de force successivement , et qui sont mis en mouvement par une machine.

On a pensé qu'il était possible d'établir sur la Seine et dans les lieux où le courant est le plus favorable , cinq grands bateaux garnis chacun de deux tournants, et montés de 16 foreries, ce qui fait 80 foreries ; et en supposant que chacune d'elles ne pût aléser que 1 s ou i5 canons par jour, 1,000 canons subiront cette opération. Le Comité de salut pubUc s'est adressé pour l'établissement de ces usines à un charpentier célèbre de la ville de Paris; il l'a envoyé dès le ùà aoAt (vieux style) à la manufacture de Charleville, afin d'y prendre les renseignements et les dimensions dont il avait besoin; cet artiste en a profité ; il a perfectionné et simplifié quelques-unes dés parties des machines, et la Convention a sous les yeux les dessins et les plans de ces établissements; les bateaux ont été achetés dès le mois d'août; on a travaillé sans relAche à leur radoub et à l'établissement des foreries ; et dès ce moment un des bateaux est en place près le pont de la Toûrnelle et prêt à recevoir les ouvriers; enfin, à mesure que les forges fourniront des canons bruts, les foreries pourront les aléser et suivre la marche des opérations.

(^) Déjà un grand nombre de forges est Paris, qui ont cependant réoasi, qnoi<{u*ils

en activité au Luxembourg et à la place de ne fussent pas exercés A ce genre de travail;

indivisibilité. Plusieurs sont occupées par des canons .parfaitement forgés par eux

les canonniers de Maubeuge et do Cbarle- ont été déjn présentés au Comité de salut

ville; d'autres le sont par les forgerons de public. {NoU du rapporL)

Enumleriea.

Au sortir de la forerie le canon doit être blanchi en dehors et mis de l'épaisseur convenable au moyen de la meule ; c'est encore sur des bateaux placés sur la Seine, garnis de tournants mis en mouvement par le courant de la rivière, que se fera cette opération. Les bateaux sont préparés; les meules sont achetées: 99 sont déjà arrivées, 178 autres sont déjà en route, et elles ne tarderont pas à être montées ^^^

Un artiste célèbre s'occupe de l'exécution d'une machine au moyen de laquelle ie canon sera conduit sur la meule et réduit à l'épaisseur convenable , sans exiger de lattention de la part des ouvriers ; en sorte que ce travail, qui dans les manufactures exige un artiste exercé, pourra être exécuté par des ouvriers d'une intelligence ordinaire , et qui ne seront point obligés de faire un long apprentissage.

Équipage de canons.

Lorsque le canon est foré et blanchi , il faut le garnir de sa culasse , forer la lumière et souder les tenons : toutes ces opérations se feront dans un même atelier, où il y aura le nombre de forges et d'établis néces^ saires , et qui est placé dans les écuries de l'émigré Broglie , faubourg Saint-Germain. Les culasses seront faites en ville par des ouvriers qui les fabriqueront dans leurs propres boutiques, et qui, pour cet objet, ont passé des marchés avec l'administration centrale , dont il sera parlé ci-après; on est déjà assuré d'une fourniture de 7,6 3 0 culasses par mois.

Ainsi, au sortir de cet atelier, les canons seront entièrement finis, et il ne sera plus question que de les éprouver, pour les livrer ensuite aux équipeurs-monteurs.

Épreuves des canons.

Les canons, avant que d'être livrés aux équipeurs-monteurs, doivent être éprouvés deux fois, d'abord à charge simple, ensuite à charge

(') Ces meules n*éUiient pas pour un possible, les grès des environs de Paris*

premier approvisionnement; il fallait s^as- Un naturaliste a été chargé de faire la

sorer les naoycns d*en entretenir la oonaom- recherche des grès propres à cet usage, et

matkm, en employant pour cda, s*il était de, faire tailler des meules pour essai.

uirKiaftiuB «ÂTioiâu.

double; ainsi, pour éprouver 1,000 canons par jour, il en faudra charger et décharger 9,000; et en supposant que le banc d'épreuves puisse porter 900 canons, ce sera dix décharges par jour qu'il faudra exécuter. Le bruit et la commotion qu'occasionneront ces décharges exigent que le banc soit placé loin des habitations. Les fossés de l'Arsenal présentent, par leur enfoncement et leur éloignement de toute habitation, un emplacement très favorable; personne ne sera exposé à des dangers , personne ne sera même inconunodé d'une manière fâcheuse, et tous les citoyens de Paris seront journellement avertis, par le bruit des décharges , de l'actinté des travaux de la fabrication. Les ordres pour l'exécution de ce banc d'épreuves sont donnés , les travaux sont commencés i et en attendant qu'il soit en état, on fait usage d'un autre banc plus petit, et qui est déjà tout construit dans la maison Bretonvilliers.

Atelier9 ^aju$teur9 et retapeure de plaimeê.

La fabrication des platines peut être regardée comme composée de deux parties distinctes : la première consiste à forger les pièces séparées ; la seconde à les limer, ajuster et monter, de manière que la platine soit prête à être mise en place.

La première de ces opérations sera faite dans la boutique même des particuliers, qui se chargeront de forger chacun une certaine pièce, d'après les modèles qui leur seront fournis. Les ouvriers de Paris, accoutumés à forger des pièces difficiles , n'auront pas besoin d'un long apprentissage pour forger très bien les pièces de platine dont ils se seront chargés; en forgeant toujours la même pièce ils contracteront une habitude et ils inventeront des procédés qui rendront leur travail moins pénible et leurs salaires plus considérables; en opérant chez eux, ils profiteront des secours de leurs femmes, de leurs enfants, au travail desquels ils donneront de la valeur; ils ne perdront pas un temps précieux à aller à leur atelier et à en revenir; ils ne seront pas privés des douceurs de leur ménage ; c'est par ces considérations que le Comité de salut public n'a point ordonné l'établissement d'ateliers pour cet objet.

Quant à la seconde partie qui consiste à limer, ajuster, tremper les pièces et à monter les platines, elle doit être exécutée par un nombre

immense d'excellents ouvriers de Paris accoutumés à manier la lime pour des objets qui exigent une grande précision, tels que les horlogers en montres, en pendules, en horloges d'églises, les ouvriers en instruments de mathématiques, etc., mais qui, n'ayant encore jamais exécuté de platines, auront besoin de quelques jours d'apprentissage , et surtout de voir travailler les ouvriers exercés à ce genre d'ouvrage, d'étudier leurs procédés et d'apprendre les formes que les pièces doivent avoir. Ce but ne pouvait donc être bien rempli que dans de grands ateliers, où les procédés se communiquent avec une grande . rapidité, et oh l'émulation excite à faire mieux et beaucoup plus vite qu'on ne ferait en particulier. Ces ateliers sont distribués dans les différents quartiers de Paris.

Une grande partie des platineurs de la manufacture de Maubeuge est déjà placée dans le couvent défi ci-devant Chartreux ; les boutiques garnissent tous les cloîtres ; les cellules sont habitées par les ouvriers , et ce local, jadis consacré au silence, à l'inaction, à l'ennui et aux regrets, en retentissant du bruit des outils, offrira le spectacle de l'arsenal le plus actif et présentera le tableau touchant d'une population heureuse.

11 y aura dans ce local aio ouvriers.

Dans la maison de f émigré Bachy 3oo

Dans celle de Montmorency, rue Feydeau i ao

Dans le marché aux poissons aoo

Total 860

Chacun de ces ouvriers, lorsqu'il sera exercé, montera une platine par jour.

Des ouvriers sont déji répartis dans tous les ateliers, indépendamment desquels il y a déjà des marchés passés avec les ouvriers de Paris , pour quatre ou cinq mille platines par mois.

Fabrication de9 pièces de garnitures.

La confection des pièces de garnitures n'a pas la même importance que celle des platines ; ces pièces n'exigent pas la même précision , et elles sont fabriquées , comme les culasses , dans les ateliers particuliers de Paris, qui passent avec l'administration des marchés pour les

do.

pièces qu'ils veulent entreprendre ; les ouvriers s*empressent de faire des soumissions, et l'administration a déjà passé 1 83 marchés pour cet objet. Cependant, comme parmi les ouvriers de Maubeuge il s est trouvé un asiez grand nombre de forgeiirs et limeurs de pièces de gartaitures, on s'est trouvé obligé de leur destiner un atelier; c'est Téglise des ch devant Carmes de la place Maubert. Cet atelier oflfrira des forges et un local aux ouvriers qui n'ont point de boutiques à Paris, et qui vou* dront entreprendre ce genre de travail.

Dei baguettei et baSaimeUei.

Les baguettes et baïonnettes se donnent à l'entreprise; elles se fabriquent en grande partie hors de Paris et dans les lieux qui offrent en matières premières et en usines les ressources avantageuses. L'administration a déjà passé des marchés pour 38,&70 baïonnettes et &8,io8 baguettes par mois.

Atelier9 Jtéqutpeurg'^numteurê.

Toutes les pièces qui doivent composer un fusil étant fabriquées et éprouvées, on les livre avec un bois brut à des ouvriers particuliers qui se chargent de les monter et de mettre le fusil en état de servir. Tous les ouvriers de Paris accoutumés à travailler le bois avec précision, teïs que les ébénistes, les sculpteurs, les menuisiers, etc., seront bientôt en état d'entreprendre ce genre de travail ; d'abord ils feront lentement et bien; mais, réunis dans de grands ateliers où ils profiteront de revpérience des ouvriers exercés , dont ils copieront les procédés, ils atteindront bientôt la rapidité nécessaire.

Uo de ces ateliers sera placé dans le clottre et dans quelques salles des Jacobins de la rue du Bac et

pourra contenir 900 ouvriers.

Les écuries de ci-devant Monsieur, 900

La maison de rémigré d'Ain 80

Celle de Tessé ; 100

Les Ursulines, rue Sainte-Avoie 100

La maison d*Egmont 900

Tom 880

Ces 880 ouvriers pourront monter chacun un fusil par jour^^^ Indépendamment des ateliers d'ajustage et montage, les ouvriers de Paris passent tous les jours des marchés avec l'administration pour monter des fusib chez eux , en sorte que l'espèce d'ouvriers la plus rare dans les autres manufactures sera vraisemblablement la plus abondante à Paris, oii l'on montera non seulement les fusils dont toutes les pièces auront été fabriquées dans cette ville, mais encore ceux qui n'auront pas pu l'être dans les autres manufactures.

L'administration a passé en outre des marchés avec des ouvriers de Paris pour monter chez eux 9,900 fusils par mois : elle attend, pour en passer davantage, qu'il y ait dans les magasins des approvisionnements plus considérables.

Atelier 9 de rhabillage.

Dans les magasins de l'administration il y a un assez grand nombre de fusils qui ont besoin de diverses réparations. Le Comité de salut public, persuadé que les ouvriers seraient employés d'une manière plus utile et produiraient plus tôt des fusib capables d'un bon service si on les occupait i ces réparations, y a destiné deux ateliers particuliers, l'un dans l'tle de la Fraternité, l'autre aux Capucins Saint- Honoré. Le premier contient 900 ouvriers, le second i5o. L'ouvrage y est payé à la journée. Ces ateliers peuvent être regardés comme des lieux d'apprentissage pour là fabrication des différentes parties du fusil.

Magasins.

Pour fournir à la grande consonunation de fers, d'aciers, de charbon et d'outils, à laquelle la fabrication d'armes doit donner lieu, on ne pouvait pas s'en reposer sur les voies ordinaires du commerce ; il fallait empêcher que l'imprévoyance , la cupidité et même la malveillance ne donnassent une direction contraire à la circulation de ces objets et n'exposassent la fabrication i des interruptions désastreuses

(') Trois des ateliers d-dessus sont déjà ftiaîson d*Eg;iDont, et trots cent soixanleen activité ; celui des Jacobins, celui des quinie fusils sont déjà sortis de cesatdiers. écuries du ci-devant Monsieur et celui de la ( Noté du tappori. )

par le manque de matières premières. Poar prévenir ces ineonrénients , on a établi dans Paris des magasins où les ouvriers trouveront k prix fixe les objets qui leur seront nécessaires; et pour prévenir les abus auxquels cette gestion pourrait donner lieu, ces objets ne seront délivrés que sur les bons que donnera Tadministration , d après les engagements que les ouvriers auront contractés avec elle.

Le magasin des fers et aciers est placé dans la maison de Ténugr^ Maupeou;

Celui des outils, dans la maison d*Esclignac;

Celui du cbariK>n de terre , dans les cours de Tabbaye Saint-Germain.

Ces magasins reçoivent tous les jours les objets auxqueb ils sont destinés, et qui proviennent soit des marchés passés avec l'administration, soit des réquisitions que le Comité de salut public a faites.

Emplacement des administrationM.

La fabrication des canons de fusil sera conduite par une administration particulière, qui dans son local doit avoir :

Un magasin pour les lames de canons.

* Un magasin pour les canons forgés.

Un magasin pour les canons forés et blanchis.

Un nlagasin pour les canons équipés.

Un magasin pour les canons éprouvés.

Une salle d'armes pour les fusils montés et prêts à servir»

Enfin un emplacement pour les bureaux.

La maison des Feuillants a présenté des ressources pour tous ces objets; radministration y est déjà établie; les magasins sont disposés, et ils se garnissent tous les jours des objets auxquels ils sont affectés; et la saUe qu'occupait jadis l'Assemblée nationale est destinée à être l'entrepôt général des fusils achevés, en attendant qu'ils soient envoyés aux armées.

La fabrication des platines, pièces de garnitures, baguettes et baïonnettes, sera dirigée par une autre administration particulière, qui a besoin dans son local d'un beaucoup plus grand nombre d'appartements séparés; mais, si l'on excepte les bois de fusils qui exigent . un grand emplacement , tous les autres objets sont d'un petit volume et peuvent être rassemblés dans de petits espaces.

La maison de I ancien ëvéque de Metz, rue de Tournon, a offert des ressources suffisantes; l'administration y est établie, et les objets s'y emmagasinent tous les jours.

En6n les deux administrations précédentes, occupées des détails de la fabrication, des recettes et dépenses en matières et en argent, ne pourraient être chargées du soin des approvisionnements de tous les genres, de recevoir les soumissions et passer les marchés avec les fournisseurs et les ouvriers. Une administration centrale, distincte des deux autres, est chargée de ces soins généraux; elle n'a aucun magasin , il ne lui faut qu'un local pour ses bureaux ; elle est placée quai Voltaire, n"" k ; elle est en grande activité, et c'est à elle que s'adressent journellement tous ceux qui ont quelques engagements à contracter avec la République pour la fabrication des armes de Paris.

Page 1