LE G^N JRAL FAYART AU COMITE DE SALUT PUBLIC
Atutbfse. — Deux lettres : i* Il expose les dangers de la lenteur mise ])flr les dëparlements à envoyer des grains à Lille. 11 dénonce lapathio des administrateurs des subsistances , depuis qu*on lui a supprimé les achats. — 9* La cavalerie manque de pistolets , de sabres et de carabines et Tenvoi de plomb en balles est insuffisant.
(Analyses, Arcb. de la (guerre, eorr. géo.)
PARIS, l" OCTOBRE 1798 ^*\ LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGUOTTE AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Paris, le 1* octobre 1793, Tan u de la Répoblique française, une el indivisible.
LK MiHiSTRB DK LÀ GVBRRB ÀVX CITOTBNS RBPnisBltTÀnTS DU PBUPLB COÊiPOSÀMT IB COMiTÉ DB SALUT PUBLIC.
Je VOUS envoie, citoyens représentants, copie de la lettre du citoyen Brune. Vous verrez que le commandement des forces destinées à appuyer lautorité nationale dans le département de la Gironde a été remis k Frégeville ^*^ par les représentants ^*\ Je crois cependant qu*il importe que ce soit un plébéien et un patriote
^*) Camot est présent à la séance du Comité. (Cf. Aulard, Vil, 166.)
^ iean-Henri-Gttl-Nicotas de Graudval , marquis de Frëgcville, né à Réalmont (Tarn) le là décembre 1768, mousquetaire le t& décembre 1766, sous-lieutenant dans Oriéans-Dragons le 5 octobre 1767 et dans les chasseurs i cheval du régiment de N<Minandie le 17 juin 1770, capîtaine commandant la compagnie Meatrede-Camp le a5 avril 1779, capitaine titulaire le 5 mai suivant , capitaine commandant le 1*' mars 1786 , chef d^escadron le 1** mal 1 788 , lieutenant-colonel du 9* dragons le 9 5 juillet 1791, colonel du 1 1 * cha»seurs à cheval le 99 juin 1 791 , maréchal de camp le 8 mars 1798, général* de division le i5 mai suivant, suspendu le tS germinal an 11 (16 avril 179a), réin-
tégré le 91 prairial (9 juin 1796), députe du Tarn au Conseil des Cinq -Cents le 95 vendémiaire an iv (17 octobre 1795), remis en activité le 1*' prairial an fii (90 mal 1 799), mort à Réalmont en i8o3. Henri de Frégeville avait un frère cadet , Charies, né en 1769, général de brigade en 1793 et de division en 1800, mort en 18&1.
(>) Ysabeau et Taliien. — Cf. lettre d*eux au Comité de sdut public, datée de la Réole, 9 octobre 1793, dans Aulard, VII, 190 à 199. — (rLe général Brune, disent-ib, est allé à Biaye et à Royan. Le général Henry Frégeville commande ici avec beaucoup de zèle et de prudence. La plus grande discipline règne par ses soins dans nos bataillons; les propriétés sont et seront inviolablement respectées , . .n
S88 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [focr. 1793.]
qui conserve ce commandenieiit Si vous pensiei ainsi , il sérail convenable d^ëcrire k vos collègues.
Ll MuilSni Dl LA MBIAI.
(Minato avee eorrectioiM a«Ui(n|4et, cuil. de M. ElieoM Cbaravay.)
PABI8, l^OCTOBBB 1793.
LB MIBISTBB OB LA 6UBBBB BOUGBOTTB AU GOMITi DB SALUT PUBUC.
Anafym. ^ Envoi de la copie d*une kUre du citoyen Courtois, commandant lemponirei Landredes, ainsi que de Textrail des registres des séances du conseil général de la conmiune de cette ville, qui contient des détails donnant des édaircissements sur raffûre du i a.
(Orif., Areh. da la guarre, année da Bord.)
GAVBBLLB, l*' OCTOBBB fj^^* LB GiniBAL JOUBDAB AU MIBIISTBB DB LA GUBHBB BOUCHOTTE.
Aa quartier fénérd à Gavrella, la l'octobre, Tao ii de la Répvbliqae.
LB eiininâL Bit cbbp ùb lubméb dv bobd
âV CtTOYBB MINiarUB M LA BUBBBB.
J'ai reçu cette nuit une lettre du commandant de la ville d'Avesnes, par laquelle il m'annonce que Tennemi ayant forcé nos avànt-postes sur la rive de la Sambre« depuis Perrière jusqu'à Beaumont, menace dUnvestir Manbeuge, Landredes ou Avesnes. Comme je n'ai pas grande confiance dans la résistance que pourraient faire ces deux dernières places , il est donc urgent que je suqpende pour cet instant l'exécution d*un projet dont j'avais fait part au Comité de salut public, ainai qu'à vous, et de marcher promptement au secoura de ces places, dont la perte nécrâailerait celle de Maubeuge. Les forces que j'ai ici ne sont pas suffisantes, l'armée ne montant qu'à 98,000 hommes dont je ne puis disposer en totalité, parce que, si j'abandonnais ma position , j'exposerais Cambrai et Bouchain à un investîsaement. Ceci est d'autant plus probable que le corps d'année ennemi qui a passé la Sambre est commandé par le général Beaulieu, et que Cobourg se tient à Bavai avec des forces considérables pour tomber sur Bouchïdn et Cambrai. D existe donc une mesure de prudence absolument nécessaire, qui est de laisser un corps de 1 0,000 hommes au moins à la position que j'occupe actuellement. Il ne me restera donc que 18,000 hommes. Voici mes dispositions pour me former un coq>s d'armée avec lequel je pourrai attaquer l'ennemi avec avantage :
[i*'ocT. t79».] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 239
Je donne ordre au général Béni, commandant le camp de la Madeleine, de m'envoyer 1 3,000 hommes sur environ 3o,ooo qu'il a à ses ordres depuis Monsen-Pevàe jusqu'à Annentières inclusivement, et 10,000 hommes au général D'Avaine, sur environ aS.oooqu'H commande depuis Bailleul jusqu'à Dunkerque, ce qui me formera une armée de &o,ooo hommes. Comme il est également urgent de remplacer les troupes que je tire tant des divisions de Gassel que de LSle , je donne ordre aux généraux Béru et D'Avaine de se concerter avec les représentants du peuple ou, en leur absence, avec les corps administratifs, pour faire avancer dans le plus bref délai possible des corps de la nouvdle levée pour opérer le remplacement 11 serait même avantageux qu'3 fût plus considâ^le que le déplacement, afin de gagner par le nombre ce qu'on pôtl par l'expérience.
U est nécessaire que vous donniez les ordres les plus pressants pour l'organisation de ces nouveaux corps et qu'on m'instruise de leurs emplacements pour en pouvoir disposer, lorsque les circonstances l'exigeront. Cette opération m'est de tonte nécessité pour me mettre à portée de retirer un plus grand nombre d'anciennes troupes des camps et garnisons.
Je fais partir sur-le-champ un adjoint pour Avesnes, afin de prendre les renseignements les plus certains sur la position de l'ennemi.
Je rappelle à votre souvenir qu'il me manque huit cents chevaux d'artillerie. Vous voyez la nécessité de les remplacer; sans cela, je ne puis mettre mon parc en mouvement.
JouaoAN.
(Orig., Areh. da U g uem, armée du Nord. )
PRADES, l*'OGTOBRIi 1793.
LE GiSN^RAL DAGOBBRT AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Prades, le i" octobre 1798, Tan n de ia République française, une et indivisible.
LE siniBÀL DÀ6OBBN ÀVX dTOTBNS REPRÉSMUTÂNTS DU PKOPLB COMPOSANT IB COMITÂ DE SÀLVT PVBLIG DE LÀ CONfBNTWN NATIONALE.
Citoyens représentants,
En m'éloigaant du commandement de l'armée des Pyrénées orientales, où les représentants du peuple m'avaient appdé, je dois vous faire part des raisons qui m'ont déterminé à leur demander d'autoriser mon retour à l'armée centrale. Ces raisons sont l'opposition de ces mêmes représentants au coup décisif que j'allais frapper. lis m'ont fait révoquer l'ordre que j'avais donné à l'armée d'aller occuper h position de Banyuls-les-Aspres et d'aUaquer un petit camp dont l'ennemi couvrait sa droite et qui ne pouvait manquer d'être emporté. Ce n'est pas toujours par des combats, c'est souvent en prenant des positions que l'on obtient les plus brillants succès. Celui que je devais me promettre était tel que l'armée ennemie
2â0 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [i-'ocr. 1793.]
devait être forcée de mettre bas les armes, si eile ne s'empressait de faire une retraite précipitée dans laquelle elle m*aurait laissé une partie de son artillerie. Oui , citoyens, au moment oà je vous parle, l'Espagnol aurait vidé le territoire de la République, et les bras que réclame l'agriculture seraient en train de rentrer dans leurs foyers. Vous me demanderez pourquoi les représentants du peuple ont contrarié mon plan? C'est parce que j'ai refusé d'accepter le leur, plan incohérent, inadmissible par aucun militaire taût soit peu instruit Parrivai à Perpignan le 19 au soir; je me rendis aussitôt chez les représentants du peuple; Us me dirent que le projet et que les ordres étaient donnés pour attaquer l'ennemi pendant la nuit J'observai que l'armée, que j'amenais avec moi de MontrLibre, ne pouvait arriver que le lendemain; j'observai qu'il était prudent d'attendre les renforts et les réquisitions, qui ne pouvaient tarder d'arriver; j'observai que l'ennemi avait rappdé ei concentré ses forces dans son camp; j'observai que, par la disposition du camp et ses retranchements séparés, on pouvait le regarder comme sept camps retranchés, oii il faudrait livrer sept combats avec des forces inférieures; enfin j'offiîs de combattre conrnie soldat, mais que, comme général , je ne compromettrais pas le salut de la chose publique, je ne livrerais pas l'élite de l'armée au sabre de la cavalerie. Il m'a été dit depuis qu'il avait été question, après que je fus sorti, de me destituer à l'heure même. Toujours sollicité et pressé d'attaquer, je m'y déterminai le 93. J'adoptai l'ordre de bataOle oblique, c'est-à-dire qu'il ne devait y avoir que la droite qui attaquât l'ennemi; je refusai la gauche où étaient les réquisitions et les armées de piques, et je les tenais loin du feu; j'étais parvenu h tourner et h éviter les batteries dont le front du camp ennemi est hérissé, et à pénétrer dans les retranchements qui couvraient le quartier général; il ne paraissait pas possible qu'une victoire brillante et complète eât pu m'échapper; la cavalerie ennemie vint à paraître; malheureusement je n'en avais pas, la mienne étant toute à la division du général Goguet, qui avait ordre de se joindre à moi et qui, on ne sait pourquoi , resta derrière les oliviers, à près d'une lieue de là. Si j'en crois le bruit public, le but était de me sacrifier et de me faire échouer. Il aurait suffi que sa cavalerie se f&t montrée; elle en aurait imposé à celle de l'ennemi; elle aurait rassuré ma troupe qui, se voyant sans soutien, finit par se débander, et même une partie par se rendre ; il n'y eut point de canon de pris. On se rallia , et la retraite se fit en assez bon ordre ^'^ La perte de cinq à six cents hommes ne me parait pas devoir paralyser l'armée; je donnai l'ordre le lendemain au général Goguet d'aller avec sa division prendre poste à Cerbère , de porter mifle hommes sur les hauteurs de Sainte^olombe et d'envoyer trois cents hommes sur les derrières de l'ennemi frire une fausse attaque à Céret. Ce ne fut que le suriendemain que ce général, qui était venu se reposer à Perpignan, jugea à propos d'exécuter cet ordre, et même il le fit si tard que , n'ayant point bit do dispositions pour le placement de son artillerie , il lui fut pris par l'ennemi deux pièces de canon. La fausse attaque sur Céret produisit son effet; l'ennemi y fit passer six mille hommes qui, revenant de nuit à leur camp , prirent une terreur panique et se fusillèrent entre eux. J'or-
^') Cr. sur cet échec une lettre adressée de Perpignan, lo a3 septembre 17^3, au Comité par les représentants Bonnet, Gassanyès, Fabre et Gaston. (Audard, VU . 97.)
[j" ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ 241
donnai à cette même division du gênerai Gogaet d'attaquer Thuir, mais les dispositions forent si mal faites qu'au lien d*y prendre cinq à six cents prisonniers, on leur laissa les moyens de se sauver, et Ton n'en prît que huit.
L'opinion que l'ennemi a d'un général n'est pas indifférente aux succès de ses entreprises. Les victoires du 98 août et du à septembre avaient frappé l'Espagnol de terreur. Qu'il me soit permis de citer ici son expression : Sta Dagobetio un Démonh. Créado el mfemo. Quoiqu'ils eussent approvisionné Villefrancbe et que , d après le plan trouvé dans les papiers du général Vasco , cette place dût soutenir un siège de deux mois, il a suffi de la fabre cerner par quelques patrouilles pour qu'elle se soit rendue k la première sommation. 11 a suffi de montrer l'a^j^judaut général David ^'^ sur les bauteurs de Mosset pour que le camp de Prad^ se soit replié, ou plutût ait pris la fuite, abandonnant deux pièces de canon et des effets de campement pour quatre mille bommes. On pouvait présumer qu'il en aurait été de même du grand camp, si les représentants du peuple m'avaient laissé prendre la position de Banyuls; j'aurais porté deux ou trois miHe bommes dans les Albères qui, en plongeant la route d'Espagne, auraient peut-être produit plus d'effet que je n'en aurais espéré.
Ces courts détails doivent suffire pour faire connaître ma passion pour le service de la République , et ma douleur que mes vues et mon plan n'aient pu obtenir leur effet ^>.
Salut et fraternité,
(Orig., Areh. de la (pierre, année des Pyrénéee orientales.)
DAGOBBaT.
(■) Jean- Antoine David, né k Arbois (Jura) le 9 noTembre 1767, soldat au régiment de Forex- Infanterie dn aa novembre 1781 an 96 avril 1788, dragon le 7 octobre 178^, brigadier ie 6 mai 1787, fourrier le 1 8 mai 1791, maréchal des logis le f 9 février 1 799 , maréchal des logis chef le 9 s mai suivant, sons-lieutenant le 1 6 décembre 1799, lieutenant en mai 1793, adjoint aux adjudants généraux à Tannée deê Pyrénées orientales le 1 " juin , adjudant général provisoire le ai septembre 1798, général de brigade provisoire le 91 mars 1794, conBrmé le i3 juin 179$, blessé k la bataille d*Alkmaer ie 1 o septembre 1 799 et mort le 1 A du même mois. (Cf. Jacques Charavay, Leê généraux morUp&ur la patrie, p. 75.)
(*) Le 1" octobre 1798, les représentants Bonnet, Fabre et Gaston écrivaient
de Perpignan au Comité de salut public pour manifester leur opinion sur les généraux Dagobert et d^Aoust : «Depuis la nomination provisoire de Dagobert au grade de général en chef, nous nous sommes convaincus que les détails d'une grande armée étaient au-dessus de ses forces et, qu'utile k la tête de cinq ou six mille hommes, il était hors d'état de conduire un plan vaste et d'organiser une grande machine. L'armée, après avoir éprouvé le petit échec dont nous vous avons parié, restait dans wie espèce de découragement et d'inaction très nuisible au succès de nos armes. Ce général a enfin sollicité de nous son retour au Mont-Libre. Nous avons arrêté que le plus ancien général divisionnaire prendrait le commandement de l'armée et se concerterait dans ses opérations avec les autres généraux divisionnaires. Le plus an-
mrRIVKIII ■ATIOIAU.
CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [s oct. 1793.]
LA5DBBGIBS, 1* OCTOBRB iygS.
COUBTOIS, COMMANDANT TEMPORAIRE hB LAIIDRBCIBS,
AU COMITE DB SALUT PUBLIC
Analyse, — D mande que, le âg septembre, les 6,000 hommes postes sur la rive droite de la Sambre pour s'opposer au passage de cette rivière ont été attaqués et repoussés avec perte. L'officier général qui les commandait a fait sa retraite sur Maubeuge, et Tennemi s'est emparé de la forM dite la haie d'Avesnet, située sur le chemin de Maubeuge, de sorte que la communication est entièrement interceptée, ff Je ne puis vous dissimuler les craintes que la position de cette place me fait concevoir ^*^»
(Oriy., Areh. de la ipteire, amiée do Nord.)