‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 101 sur 181 · LB CITOYEN JOVRDAN AU MINISTRE DE LÀ GVEEEE · texte numérisé non relu

LB CITOYEN JOVRDAN AU MINISTRE DE LÀ GVEEEE

D'après la suspension des généraux Réru et Beaurgard ^^\ je fais remplacer le

(') Ce document contredît le passage suivant des Mémoim iur Gamol (nouv. id, , 1, hog) : «n (Caraot) partit dans la nuit, après avoir envoyé un courrier i Péronne, où résidait son frère Feulint, prévoyant qu'il aurait besoin de lui pour quelque poste de dévouement.» On le voit, Garnot-Feulint résidait alors i Saint- Omer, d'où il vint rejoindre en poste son frère à Guise , et non pas i Péronne.

^') Le général Victor Beaurgard, suspendu de ses fonctions, écrivit la lettre suivante à Bouchotte (Orig. aut., Arcb.

adm. de la guerre, dossier Beaurgard) :

«Laon, U tS octobre, Tan u de la Répabliqne une et indivisible.

ttLe ciiaym Victor Beaurgard au citoyen nwmir$ de la guerre,

« Gtoyen ministre ,

erJ'ai reçu votre lettre qui m'annonce que le Conseil exécutif provisoire me suspend de mes fonctions de général de brigade; je m'y suis conformé sur-le-cbamp , avec la douleur de voir mes camarades voler au combat , verser leur sang pour noire mère patrie I et moi rester dans l'inaction. . . Pour un répuMicain, cette situa-

290 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [ii oct. 179a.]

premier par le gënëral de division Souham, commandant à Dunkerque^'^ et le second par le général de brigade Lemaire. C'est le meilleur choix que j'ai pu faire

tion est afiireuse ... et surtout dans le moment où ia République a plus que jamais besoin de ses défenseurs.

ffLes ennemis de la chose publique n'ont point manqué de me trouver des torts; vrais ou faux, il m'en fallait; j'étais pour eux un homme dangereux et trop clair^ voyant et avec qui mon républicanisme sévère ne pouvait s'accorder. C'est un crime à leurs yeux que d'être sans-culotte et de déjouer leur trame aristocratique ; donc il fallait s'en défaire i quelque prix que ce soit et ils ont réussi.

(rPour arriver à ce but, ils ne pouvaient crier i la trahison, mes principes sont trop connus, fls ne pouvaient attaquer mes dispositions militaires , puisqu'elles avaient été approuvées par tous les généraux et les représentants du peuple. Ils ne pouvaient attaquer ma bravoure , j'étais tous les jours i la tète de mes patrouilles. Il fallait donc rapporter des faits qui, pris dans un sens contraire, aient pu induire en erreur et le Comité de salut public et le Conseil exécutif.

«La voix publique m'a appris que les motifs de ma suspension étaient d'avoir fait tirer le canon le jour que j'ai été parrain d'un enfant sans-culotte.

«Le fait est que je reçus une lettre de Dunkerque qui m'apprit la victoire que nous venions de remporter sur les Anglais ; j'en donnai à l'instant lecture à la société républicaine, qui fit illuminer et moi tirer cinq coups de canon.

«Autre fait, que deux obusiers, une pièce de canon, que l'ennemi nous a pris, en était la seconde cause. Daignez , citoyen ministre , mander à la société populaire de la Réunion-sur-Oise, qui est le coupable; je l'ai dénoncé moi-même le coupable , et le comité de surveillance a demandé provisoirement sa suspension.

«Eh bien, je vais vous dire, citoyen ministre, ce qui m'a suggéré des ennemis : c'est d'avoir empêché les Autrichiens d'entrer dans les villes de ci-devant Guise et de

Vervins, appartenant autrefois au monstre de Condé et où il est encore désiré par la plupart de ses habitants ; d'avoir fait mettre en état d'arrestation trente ci -devant et personnes suspectes; d'avoir fait changer le nom de Guise et substituer celui de Réunion-sur-Oise; d'avoir rétabli la société populaire que l'aristocratie dominante avait dissoute. Tous ces faits sont de grands crimes, au moins aux yeux des ennemis' de la Révolution, mais c'est un devoir aux yeux d'un vrai sans-culotte, et je dispute ce titre au premier de Paris. Daignez , citoyen ministre, prendre des informations sur mon compte, et vous y verrez la vérité des faits que j'avance.

«On m'a cependant suq>endu, sans m'entendre , et l'on me prive de verser mon sang pour ma patrie, en purgeant la terre de la liberté de la horde de brigands qui la souille.

«Vous m'offrez, citoyen ministre, de mettre sous les yeux de la Convention le mémoire de mes services. Quoique j'en aie assez pour obtenir une pension aux termes de la loi, je n'en veux point; je suis sans fortune, mais je sais travailler et ne suis point républicain par intérêt. Si le hasard avait voulu que j'eusse été estropié, alors j'aurais eu recours aux bienfaits de ma patrie; mais, malgré deux coups de sabre et deux coups de feu , je suis libre ; puisque je puis travailler, je ne veux point employer les fonds de la République que je ne sois hors d'état de pourvoir à ma subsistance.

« Je me retire à Soissons pour me conformer aux dispositions de la loi. Si la vérité est reconnue et que la République ait besoin de mon bras, là je recevrai vos ordres et quitterai mon travail pour offrir à ma patrie le reste de sang qui coule dans mes veines.

nLe républicain,

«V. Rbacboard.»

(*) Le même jour, 11 octobre, Jourdan écrivit à Souham (Arch. de la guerre, r^

[il ocT. 1793.] CORRESPONDANCE MILITAIRE DU COMITÉ. 291

en ce moment. Je fiûs remplacer Souham à Dunkerque par le génénl Vandamme , qui est celui qui peut rendre les meilleurs services dans ce pays.

Toutes mes troupes sont réunies ; j*ai ordonne un mouvement ce matin ^^\ L*avantgarde , commandée par le général Fromentin , se porte à Avesnes. Il lui est ordoné de s'emparer des bois qui sont en avant de cette place, que Ton nomme haies d'Avesnes; il s'y retranchera fortement et n'évacuera les postes de la forêt de Nouvion que lorsqu'ils seront relevés par la division du générd Duquesnoy. Je vous ferai part, jour par jour, de la situation de l'armée.

Je mettrai en usage, suivant les circonstances , les moyens que vous m'indiquez pour firapper, étonner nos ennemis et les mettre en déroute. Soyez persuadé que je n'en n^fligerai aucun. Si nous avons le bonheur, comme je req>ère , de passer sur leur territoire, je ferai l'impossible pour détruire toutes leurs ressources. Comme mon projet d'attaque dépend beaucoup de la situation que prendra l'ennemi , d'après les différents mouvements que je fais aujourd'hui et que je ferai demain , je ne puis vous en donner aujourd'hui le détail. On m'a amené aujourd'hui un homme qui doit se jeter dans Maubeuge et avertir le général du secours qui lui arrive. Je désire bien qu'il puisse réussir ^*K

JODBDAN.

(Orig., Arch. de la guerre, armée da Nord.)

de corr. de Jourdan, p. 38) : «Vous devez être maintenant assuré , mon cher Soubam , que Tennemi ne pense pas vous attaquer dans votre camp. J*en suis aussi persuadé que votre zèle et votre désir de les bien frotter, s^ils s'y présentaient; mais comme j^aurais peur qu^ib vous y laissassent trop longtemps tranquille et qu^ils ne fournissent pas i votre valeur et talents Toccasion de s'exercer, je vous envoie ci-joint un ordre pour prendre le commandement de la division de Lille. Vous remettrez au génénd Bém la lettre que je vous envoie ci-jointe. Ne perdez pas un seul instant pour vous y rendre. Vous remettrez le commandement de Dunkerque et du camp retranché au général Vandamme.» — Le i& octobre, Souham annonça son arrivée au camp de la Madeleine, tout en dédarant qu'il aurait été aussi utile à Dunkerque qu'au camp, et il demanda le général Hoche pour le seconder. «Ma confiance en ses lumières et en sa capacité, disait-il, vous répond de la sûreté et du salut de ce poste.?) (Copie, Arch. de la guerre, armée du Nord.)

(1) On trouve dans le registre du général Jourdan (Arch. de la guerre, ia/4A , p. 34 et 35) les ordres suivants donnés par lui le 10 octobre 1793 : i* Ordre au général Fromentin de partir le lendemain matin 1 1 avec sa division pour se rendre i Avesnes et s'emparer des haies d'Avesnes, où il se retranchera très fortement — 9* Ordre au général Duquesnoy de partir le 1 1 avec sa division pour se rendre à Etrœungt, entre la Gapdie et Avesnes, pour y camper dans la position du génénd Fromentin et faire rdever toutes les troupes de ce dernier qui occupent la forêt de Nouvion. — 3* Ordre au générai commandant à Avesnes de recevoir les huit mille hommes du générai Fromentin.

(') Le i3 octobre Bouchotte répondit en ces termes i Jourdan (minute, Arch. de la gnerre, armée du Nord) :

«Le ta du i*' mou i793> ttLe mim$tr$ d$ la guerre au génial en chef Jourdan,

«Je reçois votre lettre du 30, qui m'an- «9-

292 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [n oct. 1798.]

PARIS, 11 OCTOBRE lygS.

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU GOMIT^ DE SALUT PUBUG

Anaitfse. — Deux lettres : i"" U £ût passer copie des ordres expédiés par lui pour la destitution du général Kellermann ^^^ (Analyse , Arch. de la guerre, corr. gén.) — a* D envoie copie d'une lettre crdu citoyen Cravey, commandant temporaire de la Teste-de-Buch, qui m^annonce avoir congédié la garde bordelaise qui faisait le service de la place et de la batterie de la Roquette et avait le projet de s'emparer de ce poste pour les Muscadins ('>•» (Orig., Arch. de la guerre, corr. gén.)

11 OGTOBRE 1793.

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