RÉGIT DE LA BATAILLE DE WATTIGNIES, RJ^DIGÉ PAR LE GÉNKRAL JOURDAN
lie prince de Cobourg, informé de la marche de Jourdan, laissa un corps d'observation autour de Maubeuge et posta son armée de manière à couvrir tous les débouchés par où les républicains pouvaient s'approcher de la place. L'aile droite, aux ordres du comte de Bellegarde , s'appuyait à la Sambre près Berlaimont ; la plus grande partie de la cavalerie était réunie sur ce point. Les avant-postes tenaient Levai sous Beriaimont, Saint-Waast, Moncheaux et Saint-Rémy; le centre, sous le général Clerfayt, adossé au bois en arrière de Douriers et couvert de quelques retranchements, défendait ce village et ceux de Saint- Aubin et Fiour8ie8;la gauche, aux ordres du général Terzy, à Wattignies , dans une position qui paraissait inexpugnable , occupait Dimont et Dimechaux ; un corps d'environ quatre mille hommes , détaché sous Beaumont, sous le commandement du générai Benjowsky, observait
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les bataillons de nouvelle levëe rassembles à Philippeville; enfin, les réserves, campées à Damoasies, Beaufort et Fontaine, étaient à portée de soutenir les points les plus faibles.
Le i5 octobre, Tarmée française se mit en mouvement sur quatre colonnes. Le général Fromentin, avec sa division et celle de CordeHier ^*\ avait Tordre de se diriger sur Moncheaux et Saint-Rémy, de chasser Tennemi de Levai et Saint- Waast, d'y laisser une partie de ses troupes pour couvrir sa gauche, de pénétrer ensuite dans les bois par Saint-Rémy et de tâcher de s'avancer jusqu'il Ëclaibes, ayant soin de ne point s'aventurer dans la plaine. Le général BaUand, ayant à sa suite une forte batterie de pièces de 1 a et de 1 6 , suivit la grande route de Maubeuge, déploya sa division en avant du bois et engagea une vive canonnade. Le général Duquesnoy marcha sur Beugnies, ayant pour insU*nction de s'emparer de Dimont et Dimechaux et de chercher à déposter la gauche des ennemis de Wattignies. Le général Beauregard déboucha par Solre-le-Château sur Eccles et passa sous les ordres de Duquesnoy, qui pouvait, suivant les circonstances, rap|)eler k lui ou l'opposer au général Benjowsky, à portée de le déborder sur sa droite. Comme il était très important d'empêcher le général ennemi de faire celte manœuvre , il fut prescrit au général Élie de s'avancer de Philippeville sur Silenrieux, ayant soin de marcher avec la plus grande circonspection , de n'engager que des affaires d'avantpestes et de ne chercher à entrer h Beaumont que dans le cas où l'ennemi l'évacuerait. L'intention du général en chef était d'attaquer le centre des alliés avec la division Balland , lorsqu'il apprendrait les succès des colonnes de la droite et de la gauche, et de réunir ensuite son armée à la tète des bois, la droite à Wattignies et la gauche à Édaibes.
L'action commença à neuf heures du matin. Le général Fromentin chassa l'ennemi sans beaucoup de peine de Moncheaux et de Saint-Rémy, et après un
^*) Kliemie-Jeaii-François Cordeliier, né à Faremoutier8( Seine-et-Marne) le 19 avril 1767,(118 d*un notaire, engagé au régiment de Boulonnais ( infanterie ) le 5 février 1785, congédié par gréce le 1 9 novembre 1 788 , capitaine dans la garde nationale de Farcmouticrs le 1 4 juillet 1789 et an 9* bataillon des volontaires de Seine-et-Marne le 11 septembre 1791, lieutenant-colonel en s* le 3o avril 1799 et en i*' le i5 mai 1 793 , général de brigade à Tarmée des Ardeones le 3 septembre 1798 et de diWsion le 1" octobre suivant, employé à Tannée de rOuest le 98 novembre 1 798 , suspendu le i3 mai 1 796, relevé de sa suspension le 19 juillet 1 795, autorisé k prendre sa retraite le i5 novembre 1797, chargé, avec le titre de chef de bataillon , le 7 juin 1 799 , de conduire à Tannée du Rhin le 1 9' détachement des conscri!:-. ie Seine-et-Marne,
employé dans le ;^rade de général de division à Tarmée d'Italie le 1 1 juillet 1 79g , ^*éformé le 99 mai 1 800 , admis à une so'iit^ de retraite de 3,ooo francs le 5 octobre 1819, chargé d'organiser la levée en mns o dans Tarrondtssement d'Kpernay à la fin de 181 3 et de commander le dépôt d'oUîciers espagnols assermentés h Sëzannc du 9 janvier au 5 février 181 A, mort k Parii le 10 juillet i845. — Le général Cordeliier avait écrit d'Avesnes au ministre de la guerre le 1 3 octobre 1793 pour lui accuser réception de sa nomination au grade de général de diviâon. «Cette nouvelle marque de confiance de la nation apporte sur ma télé une responsabilité plus étendue , mais , fort de mon patriotisme, je vab redoubler de zèle pour prouver à mes concitoyens que je sub digne de leur confiance.» (Orig., Arcb. adm. de laguerre , dosâer Cordeliier. )
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combat plus opiniâtre enleva les postes de Levai et de Saint-Waast. Ces premiers avantages loi ayant inspire trop de confiance , au lieu de se conformer à ses instructions , il déboucha par Saint-Waast dans la plaine , en présence de toute la cavalerie autrichienne , qui manœuvra pour Tenvelopper. Ses troupes connaissant mieux que lui le danger qu'elles couraient, se mirent en retraite d'dles-mâmes et revinrent en désordre dans le ravin qu'elles venaient de franchir, arrêtèrent la cavalerie et se soutinrent h Saint-Rémy et à Monceaux. Fromentin , citoyen dévoué à sa patrie et plein de courage, ignorait les premiers éléments de Tart de la guerre et croyait fermement ce qu'on répétait sans cesse à la tribune de la Convention et à celle des Jacobins, que tout le talent d'un général consbtait à charger h la tête de' ses troupes l'ennemi partout où il le rencontrait. Il n'est donc pas surprenant qu'il n'ait pas su conduire une opération qui demandait des combinaisons et de la prudence.
Le général Duquesnoy, à la suite d'un combat très vif, s'empara de Dimont et de Dimechaux, mais ne se crut pas assez en force pour attaquer le camp de Wattignies et négligea néanmoins d'appeler h lui le général Beauregard , resté mal h propos h Eccles, où il n'aperçut que des éciaireurs.
Lorsque Camot apprit que Fromentin avait forcé Saint-Waast et Duquesnoy Dimechaux , il crut la bataille gagnée et proposa de marcher sur Douriers. Ce fut en vain que Jourdan lui représenta qu'avant d'engager Ig centre il était prudent d'attendre que la gauche eût gagné plus de terrain ; Camot persista dans son opinion, paria d'énergie et d'audace et donna à entendre que cette prudence laissait échapper la victoire. Joui*dan , cédant à un sentiment de fierté et à la vivacité de son âge , se mit à la tète de la division Balland rangée sur deux lignes et se porta en avant Arrivé sous un feu roulant d'artillerie au ravin qui est en avant de Douriers , il fit inutilement les plus grands efforts pour le franchir. Les premiers bataillons qui débouchèrent furent culbutés par la mitraille et la mousqueterie , et une compagnie d'artillerie l^re eut ses pièces démontées, ses chevaux et une grande partie des canonniers tués avant d'avoir mis en batterie. Désespéré de voir périr inutilement tant de braves et cherchant une mort glorieuse , le général en chef sortit du ravin pour encourager les troupes par son exemple et s'exposa au danger le plus imminent. De cette position il aperçut une colonne qui commençait à couronner les hauteurs à gauche de Saint-Aubin et se disposait à attaquer en flanc; alors les commissaires de la Convention consentirent à la retraite et la division revint à sa première position, après avoir perdu par trop de précipitation douze à quinze cents hommes. La nuit mit fin au combat ^^\
On a lieu d'être surpris que le prince de Cobourg n'ait pas profité d'une faute si grossière. S'il se fût précipité avec son centre sur la division Balland agglomérée dans le ravin , il l'eût facilement détruite. Marchant ensuite sur la droite de celle de Fromentin , il l'eût vraisemblablement dispersée et remporté une victoire complète. Heureusement il ne fit aucun mouvement offensif.
(*) Si la vérité nous a obligé de rappeler son frère donnèrent au général en chef des ce fait, elle nous fait aussi un devoir de dire conseils utiles. (Cette note émane de Jourque dans d'autres circonstances Camot et dan et prouve son désir d'impartialité.)
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Le gênerai en chef, reconnaissant qu'il avait eu tort de multiplier ses attaques , prit la détermination de porter ses forces principales sur Wattignies. Pendant la nuit, neuf bataillons et huit escadrons des divisions de gauche et du centre se réunirent à Beugnies et passèrent sous le commandement du général Duquesnoy. Le général Fromentin reçut Tordre de reprendre Levai et Saint- Waast et de s'y maintenir; il lui fut expressément recommandé de ne se porter plus avant que dans le cas où Tennemi se dégarnirait devant lui ; il fut prescrit au général Balland de canonner vivement le centre des Autrichiens, de pousser de Tinbuterie aussi en avant qu'il le pourrait dans les bois à droite de la route de Maubeuge et de se tenir prêt à marcher sur Dourlers, aussitôt qu'il en recevrait Tordre. Le général en chef, accompagné des commissaires de la Convention, se rendit le 16 au matin à son aile droite qui, au moyen des renforts qu'dle avait reçus, comptait 9&,ooo combattants.
Wattignies, village assez considérable, situé sur une hauteur, entouré de haies et de jardins, couvert de ravins profonds où coulent des ruisseaux, et défendu par une nombreuse in&nterie soutenue d'une réserve, paraissait inabordable. Néan- ' moins , ce poste étant la def de la position des alliés , Jourdan se détermina à faire les plus grands efforts pour s'en emparer. Le général Beaur^^ marcha' d'Eccles sur Obrechies pour couvrir la droite de Tattaque , menacer la gauche des réserves de l'ennemi et tAcher de se mettre en communication avec le camp de Maubeuge. Duquesnoy divisa ses troupes en trois colonnes ; cdle de droite se porta sur Chobies pour y traverser le ruisseau sur un point reconnu , celle de gauche le passa à Dimont et rencontra le ravin qui se prolonge en avant de Wattignies jusqu'à sa naissance; cdle du centre, destinée à attaquer de front, attendait à Dimechaux que les deux premières eussent achevé leur mouvement. Cependant ses tirailleurs s'étant trop pressés de franchir le ravin furent culbutés. Duquesnoy les ayant fiiit soutenir, un nouveau combat s'engagea et les Français furent repoussés une seconde fois avec une perte asses considérable.
Enfin la droite et la gauche ayant atteint les points indiqués, le signal de Tattaque génénde fut donné et les trois colonnes se précipitèrent en même temps sur Watti^es.
Le général Terzy, attaqué avec la plus grande impétuosité sur ses deux flancs et sur son front, résista longtemps avec beaucoup de valeur et ne céda la position que quand les r^^iments de Klebeck, Hohenlobe et Stein eurent été détruits en grande partie. Les escadrons ennemis s'étant présentés pour charger Tin&nterie, au moment où die débouchait du village , furent mis en désordre par des batteries judideusement placées et poursuivis par la cavalerie républicaine. Alors les colonnes se déployèrent en avant de Wattignies et découvrirent Maubeuge , dont la nombreuse garnison restait tranquille spectatrice des prodiges de valeur qu'on faisait pour la délivrer.
Pendant que ces événements se passaient à Wattignies, le général Balland se porta sur Dourlers, défendu par les grenadiers bohémiens, et l'emporta à la suite d'un combat sanglant. Le génénd Fromentin de son côté se rendit maître de Levd et Saint- Waast et des bois entre Saint-Rémy et Saint-Aubin. La nuit qui survint ne permit pas aux Français de pousser plus loin leurs avantages, et le prince de
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Coboarg en profita pour faire sa retraite. Sa perte fut évaluée à six mille hommes et celle des Français à la moitié.
Cependant les républicains ne furent pas également heureux sur tous les points. Le mouvement du général Beauregard sur Obrechies ayant fait craindre au général ennemi qu'il ne se tint par derrière avec le camp de Maubeuge , il détacha sur lui un corps de cavalerie. Soit que le général Beauregard n'eut pas les talents de son grade , soit que sa cavalerie ne fit pas son devoir, ainsi qu'il l'en accusa , il est certain qu'il se retira précipitamment et en désordre dans les bois , en avant de Solre-le-Château , et que , pour arrêter les escadrons ennemis , le général en chef fut obligé de fiiii-e rétrograder plusieurs des siens sur Dimechaux ^^K En même temps le général Élie , qui d'après ses instructions devait se borner à des démonstrations , commit la faute de s'avancer sur Beaumont avec ses bataillons de réquisition et douze pièces d'artillerie. Le général Benjowsky se porta à sa rencontre et le seul aspect de sa cavalerie mit en fuite cette masse de recrues privée d'oflSciers. Onze pièces de canons furent abandonnées et les fuyards , ayant gagné les bois avant * d'avoir été atteints, rentrèrent dans Philippeville sans autre perte ^*\
\.o débiocus de Maubeuge tourna en faveur de la France les chances de la guerre. Les alliés', mai'.res de cette place , seraient sans doute sortis du système de circonspection qui les avait retenus sur les frontières, et lorsqu'on réfléchit sur la situation des armées et qu'on se rappelle qu'à cette époque les Vendéens étaient aux portes de Poitiers , Lyon en insurrection et Toulon au pouvoir de l'ennemi ,
^'^ Le général Pailiot de Beauregard fut 9uspe:i:lu de ses fonctions le 17 octobre 1798, el mis en arrestation et conduit à Arrns le 90. H écrivit aussitôt aux représenlanls du peuple (orig., Arch. nat.
AA 5i , dossier tkh^) : (rrarrive à la citadelle d'Arras par vos ordres; je vous prie do me permettre de me disculper devant vous des torts que Tintrigue a fait mettre sur mon compte et qui regardent un autre général . J*ai ouï dire que le général Duqucsnoy s'était plaint de moi. Je ne blâme [M)int sa démarche, parce qu'il n'a pu dii-e que ce qu'on lui a fait dire, attendu qu'il n'a pas pu voir manœuvrer les troupes de la division que je commandais. La circonstance m'oblige à franchir les bornes de la modestie; j'ai le droit d'avancer que ma conduite militaire, pendant les deux jours que l'on s*esl battu , est digne d'éloges. Je les attends de votre justice, citoyens représentants, lorsque vous saurez la vérité. ..s — Le (> prairial an 11 (a5 mai 179^), il rédigea un mémoire justificatif où on trouve cette phrase sur la bataille de Wattiguies : .
ffll est bien vrai que le général Beauregard s'est échappé de l'ennemi qui l'avait enveloppé, qu'ensuite il a animé les troupes au combat et a fait jouer de suite l'artillerie légère, ce qui a précipité la retraite de l'ennemi et l'a empêché de faire des prisonniers. n (Orig., Arch. adm. de la guerre, dossier Beauregard.) Le général Pailiot de Beauregard ne fut mis en liberté que le la fructidor an n (29 août 179 A), t*) Le 16 octobre, le général Bertaux écrivit de Philippeville au maire de Givet pour lui mander la déroute des troupes du général Élie. trElle a entraîné la perte de toute son artillerie, excepté une seule pièce de canon de 8. 11 y a eu beaucoup de tués, de blessés et de prisonniers. Nous avons ici 97 Liesses à notre hôpital. . . Je vous prie, citoyen maire, au nom de la patrie, de faire partir de Givel , s'il est possible , quelques élèves en chirurgie pour aider ceux qui sont ici, car nous n'avons que deux élèves pour soigner les blessés et malades, y» (Copie, Arch. de la guerre, armée du Nord.)
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00 est fondé à penser qu'ils seraient arrives à Paris sans rencontrer de grands obstacles. Battus devant Maubeuge, ils crurent devoir prendre des quartiers d'hiver en attendant de nouveaux renforts, et dans cet intervalle les armées françaises se recrutèrent et s'organisèrent, et la campagne suivante elles allèrent planter leurs drapeaux sur les bords du Rhin.
Jourdan dut en partie la victoire aux dispositions de son adversaire. Le prince de Cobourg tint son armée d'observation trop près de Maubeuge; en l'établissant sur la lisière du bois des haies d'Avesnes , en arrière de la grande Hdpe , la droite a Noyelles-sur-Sambre et la gauche sur les hauteurs en arrière de Semeries , et fortifiant cette position de qudques ouvrages de campagne , il l'eût rendue inattaquable de firont et aurait même pu s'emparer d'Avesnes , mauvaise place hors d'état de défense , avant l'arrivée de l'armée du Nord. Jourdan , obligé de se jeter sur sa droite dans un pays coupé de bois et de ravins et dépourvu de tout, livrant par conséquent aux partis ennemis ses communications avec Guise, où se trouvaient ses magasins, eût été exposé à la plus a&euse disette. Supposons qu'après avoir surmonté cette difficulté, il eât débouché sur Chimay pour prendre la direction de Beaumont, le prince de Cobourg, par un simple changement de front, se serait posté , la droite à SoLre-le-Chàteau et la gauche à Solre-sur-Sambre , dans une position ^^ement forte, couverte de bois et de ravins faciles à défendre. L'armée française , harassée par les marches pénibles , manquant de subsistances et ne se faisant suivre qu'avec les plus grandes difficultés par son artillerie , eut été peu en état de l'attaquer, et pendant ce temps la garnison de Maubeuge , qui ne montra que de la faiblesse, aurait capitulé. On peut également reprocher au prince de ne pas avoir fait soutenir le général Terzy. Dès le 1 6 au matin* il put s'apercevoir que son adversaire portait ses principales forces sur Wattignies; il était donc convenable de faire marcher les réserves sur ce point. La présence du général Benjowsky à Beaumont pour observer des corps de nouvelle levée y était fort inutile; posté à Obrechies , il eàt tombé sur la droite des Français et fait échouer leur attaque sur Wattignies t»>.
(') La victoire de Wattignies provoqua Tétonnement de l'Europe et on en rechercha les causes. Cobourg fut accusé d'incapacité , comme le prouve une correspondance de Londres iiuérëe dans le Moniteur du 10 brumaire an 11 (10 novembre 1793) et dont voici le texte : n Londres, le s 3 octobre. La levée du siège de Maubeuge et la retraite très hâtée du prince de Cobourg, quoique présentées par les gazettes allemandes comme une mesure de sûreté et une ruse militaire, fait partout la plus grande sensation. On n'imagine pas comment une armée, regardée comme l'élite des troupes de l'Europe, commandée par les plus habiles géuéraux du siècle, a été*
forcée de fuir devant des sans-culottes et un général Jourdan, dont le nom n'avait pas été prononcé avant sa victoire. Cet événement forcé, l'examen des prétendus talents de Cobourg et toutes ses dispositions depuis la prise de Valenciennes prouvent son incapacité. On sait d'une manière assurée qu'il ne doit la réputation qu'il a usurpée qu'aux conseils d'un officier général qui le dirigeait et que ses blessures ont forcé de se retirer. Le grand général, réduit à présent à lui-même, n'inspire plus que la méfiance à ses troupes et à ses alliés. La rivalité produit l'esprit de division, et cette grande ligue, si imposante, à laquelle rien ne devait résister, s'évanouira
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Jourdan, de son côte, eut tort de ne pas porter plus de troupes sur sa droite. Dix mille hommes dispersés le long du bois des haies d'Avesnes auraient tenu en échec la gauche et le centre des Autrichiens et, en marchant sur Wattignies avec le reste de son armée, il aurait remporté une victoire plus complète ^^\
Le 1 7 au matin , le général en chef, accompagné des commissaires de la Convention , entra dans Maubeuge et témoigna son mécontentement au général Ferrand sur ce qu'il n'avait rien entrepris pour seconder Tannée, lui faisant observer que s'il eût porté brusquement dix mille hommes sur Perrière au moment ou l'aile gauche de l'ennemi était culbutée , il aurait complété la victoire. Ce général donna pour excuse qu'ayant assemblé un conseil de guerre, le général Chuicel avait représenté que , ne croyant pas l'armée du Nord en état de livrer bataille au prince de Cobourg, il présumait que l'ennemi seul tirait le canon qu'on entendait, dans l'espérance de persuader à la garnison qu'on marchait à son secours et l'attirer par cette ruse dans une embuscade. D ajouta que cette opinion ayant paru vraisemblable aux membres du Conseil, il avait cru devoir s'interdire une entreprise qui aurait pu compromettre la place qui lui était confiée. On eût été fondé de lui répondre qu'en sa qualité de conmiandant en chef il était libre de rejeter l'avis de Chancd; néanmoins, les commissaires rendirent ce dernier responsable de cette bute et le traduisirent au tribunal révolutionnaire qui le condamna à mort.
(Arcb. de la gaerre, mémoires autographe! et inédits de Joardau.)
l5 BT 16 OCTOBRE 1793.