‹ Correspondance générale de Carnot (volume 3)Chapitre 126 sur 181 · LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU GÉNÉRAL PIGHEGI^U · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DE LA GUERRE BOUGHOTTE AU GÉNÉRAL PIGHEGI^U

II n'est plus moyen de résister, générai, à la voix de la patrie qui vous rédame au poste qu'elle vous a confié. L'échec du aa^'^ n'aurait certainement pas eu lieu, si les chefs eussent été meilleurs ^^^ Hâtez-vous de vous rendre sans différer

chiens; mais ce n'est pas assez, ni pour raffermissement de la République, ni pour le succès complet de cette campagne. Elle doit être la dernière, et son influence doit nous rendre Gondé, Yalendennes et le Quesnoy. C'est d'Avesnes et de Maubeuge que doit sortir la terreur qui doit terrasser tous nos ennemis dans le Nord. Votre exemple renforcera le Rhin et dans quelques jours la terre de la liberté sera purgée de ces hordes de brigands.

crQue la Sambre soit leur tombeau I Elle ne sera pas pour vous une borne à vos triomphes. Le Comité de salut public applaudit à vos généreux eflbrts, il attend encore de vous et de l'armée des succès plus grands et une victoire complète et nécessaire à la liberté. Que Tarmée des tyrans soit exterminée I»

(*) Jacques Berthault, dit Bertaux, né i Âudrieu (Calvados) le 10 janvier 1733, engagé an riment d'infanterie de Rohan le a8 mars 1768, sei*gent en 1753, lieutenant le 1" janvier 1758, lieutenant de grenadiers le 10 juin 1768, capitaine en

second de la compagnie Colonelle le 1 1 juin 1776, chevalier de Saint-Louis le 99 dé* cembre 1 777, major de la place de Roorol du 8 avril 1779 au 1" août 1791, général de brigade commandant à Philippeville le 3o juillet 1793, destitué le i** décembre 1793, autorisé à prendre sa retraite le 99 octobre 1 795 , mort à Rocroi ( Ardennes) le 91 novembre 1799. Le général Bertaux avait fait les campagnes de Flandre en 1 7/18 et d'Allemagne de 1767 à 1769. Il avait été blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche à la bataille de Bergen le i3 avril

(*) Le même jour, le général Bertaux écririt dans les mêmes termes au ministre de la guerre et aux représentants du peuple à Sedan. Le 19 octobre, le générd Elie envoya une relation détaillée k Bouchotte.

('^ Le 99* jour du i*' mois de Tan n, c*est-à-dire le i3 octobre.

W Les Impériaux avaient célébré la prise des lignes de Wissembourg et le général Wurmser avait adressé , le 1 5 octobre , à son année, l'ordre du jour suivant (Arch.

344 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [t8 oct. 1798.]

près des représentants du peuple, Saint Just et Le Bas, qui viennent de partir d'ici pour le quartier générai de Tannée du Rhin; prenez le commandement de cette armée, ainsi que le porte l'arrêté du Conseil , approuvé par le Comité de salut public, que je vous avais adressé le 1 3 de ce mois. Vous devez en ce moment vous dévouer pour la patrie. Oui , je le répète , la retraite et les désordres ne seraient pas arrivés si vous vous étiez mis alors en possession du commandement. Je m'en réfère aux lettres que je vous ai adressées les 1 3 et 1 5 de ce mois, rajoute que les troupes sont excellentes , qu'elles pleuraient de rage , demandant des chefs et ne sachant où se rallier. On assure que des généraux sont passés à l'ennemi, que des malveillants ou insouciants ont laissé surprendre les postes avancés , enfin que les chefs , presqu'en général , n'ont montré ni bravoure , ni zèle. Il faudra rechercher et faire punir les coupables, épurer l'armée, lui inspirer de la confiance, la mener promptement attaquer l'ennemi, qui ne résiste jamais à notre impétuosité. Enfin, il faut marcher au secours de Landau. Le général Laubadère, qui y commande, m'écrit du ao^*^ qu'il est en mesure de rendre vains les projets des ennemis, d'après les dispositions bien fortement prononcées de la garnison, qui ne se rendra point, dit-il, n'y ayant point d'alternative entre l'indépendance ou la mort pour de vrais républicains. Il ajoute que les fortifications singdièrement perfectionnées chaque jour sont dans un état imposant. Les représentants y ont suspendu le général de brigade Serviez et son aide de camp de Mestre, commandant Saint-Vincent^*^ et Laval ^'^ chefs des ai' et 56' r^ments.

hist. de la guerre, année du Rhin, carton aa-i3, livre d^ordres de Tarmée de Condé, a* registre) :

«Quoique je n^aie jamais douté, maigre les dangers de mon entreprise, de remporter la victoire et de passer les lignes, aidé par une troupe aussi valeureuse que celle que j'ai Thonneur de commander, je ne m*en crois que plus obligé k témoigner une vive reconnaissance à MM. les officiers généraux et particuliers, ainsi qu'aux basofficiers et soldats de mon armée et k celle aux ordres de S. A. R. Monseigneur le prince de Condé, k cause du courage et de la présence d'esprit qu'ils ont montrés dans cette occasion.

«La journée du i3, étant mémorable par ses succès, a acquis à l'armée de nouveaux lauriers et les plus brillants. Il sera, en conséquence, célébré demain 16, à 1 0 heures du matin , une messe solennelle et un 7e Deum en actions de grAces; il sera fait trois décharges de toute l'artillerie et de toute la mousqueterie de l'armée. Le feu du canon commencera à la droite du

corps de M. le prince de Waldeck. Le feu du canon parvenu à la gauche , celui de la mousqueterie y commencera et reviendra k la droite, et ainsi de suite les trois décharges.

trLe comte db Wuhmsbb.t)

t'ï Le 11 octobre.

(*) François -Pierre -Jean d'Aiglun de Saint- Vincent, né le 27 novembre 17&9« soldat au régiment de Médoc le 10 juin 1 767 , sous-lieutenant le 9 novembre 177a, capitaine d'infanterie au service de Hollande le 1*' avril 1778, capitaine dans la légion de Maillebois le 1" mars 1786, capitaine d'infanterie à la suite de l'armée en Hollande le i5 avril 1786, major de la garde nationale parisienne soldée le i*' septembre 1789, lieutenant-colonel du i3* bataillon d'infanterie légère le 3 août 179], chevalier de Saint-Louis le 17 juin 179a, colonel du ai* d'infanterie le 1 a juillet 179a , mort le 10 germinal an 11 (Somars 1794).

^^^ Anne Gilbert de La Val, né à Riom (Puy-de-Dôme) le 9 novembre 176a,

les chefs du a'de rAliier^*\ 5* de Seine-et-MïtfTie^*\ de la constitution du ai* de cavalerie ^'\ et Dedon^*^ chef de Tartillerie. Je vous prie de me rendre compte des

cadet -gentilhomme le 10 janvier 1781, sous-lieutenant le 16 avril 1789, lieutenant en second le 98 août 1787, capitaine le i5 septembre 1791* lieutenant-colonel au 55* d'infanterie le 9 juin 1799, suspendu le 16 nivôse an 11 (5 janvier 179&), n'intégré le 16 pluviôse an m (à février 1795), chef de la 9o3* demi-brigade le 16 messidor an m (h juillet 1795), et de la 100* demi-brigade le 97 pluviôse an IV (16 février 1796), général de brigade le 99 prairial an vu (10 juin 1799) et de division le 90 septembre 1809, baron de TEmpire, mort à Mora (Catalogne) le 6 septembre 1810.

(') Jean -Baptiste Party, né à Moulins (Allier) le 10 octobre 175/1, soldat au régiment de la Couronne le i5 février 1775, caporal le 17 mai 1778, congédié le i5 février 1783, chef du 9* bataillon des volontaires de TAIlier le 17 septembre 1799 , membre de la Légion d'honneur le 3o messidor an ui (19 juillet 180/1), commandant d'armes à Eppingen (Allemagne), où il mourut le h décembre i8o5. H avait été blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche le â thermidor an iv (99 juillet 1796).

(*) François Dujont, né à Fontainebleau, premier ueutenant-colonel du 5* bataillon de Seine-et-Marne le 93 octobre 1 799 , mis en arrestation le 90 nivôse an 11 (9 janrier 1794).

(') Nicolas Maurice, né à Tbionrille (Moselle) le i5 mai 17G9, hussard dans le régiment Colonel-Général le 96 octobre 1783, fourrier le 90 aoôt 178a, maréchal des logis chef le 90 mai 1788, quartiermaître trésorier le 1 1 mai 1 789 , capitaine le 95 novembre 1799, cbef d'escadron le 96 janrier 1793, cbef de brigade du 91* de cavalerie le 90 juillet 1793, général de brigade le 93 août 1 793 , mais refuse ce grade, destitué le 93 nivôse an 11 (19 janrier 179A), réintégré le 1" nivôse an III (91 décembre 179/1) et repl^^cé à la léte du 91* de cavalerie, commandant en second de l'école d'instruction des troupes

à cheval à Versailles le 98 thermidor an vu (16 juillet 1799), et en premier le 6 vendémiaire an X (98 septembre 1801), colonel de la 39* légion de gendarmerie le 1" septembre 1810 et de la 19* le 5 septembre 181 ii, marécbal de camp honoraire le i3 septembre 1890, mort à Versailles le 3i décembre 1839.

(*) François -Louis Dedon, né à Tout (Weurtbe) le 91 octobre 1769, aspirant à l'école d'artillerie de Met* le 1" avril 1777, lieutenant le lU juillet 1780, capitaine en second le 17 mai 1787, directeur de l'artillerie à Mayence en 1798, commandant en chef de l'artillerie à Landau en octobre 1793, chef du 1*' bataillon de pontonniers à l'armée du Rhin le 1 o floréal an III (99 avril 1795), chef de brigade le 91 prairial an v (9 juin 1797), commandant du 7* régiment d'artillerie à pied le 19 prairial an ix (1*' juin 1801), directeur de l'artillerie à Strasbourg le 90 brumaire an xii (19 novembre i8o3), membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an xii (11 décembre i8o3) et officier le 95 prairial an XII {ik juin 1806), général de brigade le 98 octobre 1 8o5 , commandant l'aftillerie de l'armée du Nord le 8 novembre i8o5, directeur général du parc d'artillerie de l'armée de Naples le 93 août

1806, général de division au serrice du roi de Naples Joseph Bonaparte le 3 novembre 1807, commandant de la Légion d'honneur le 19 juin 1808, commandant en chef de l'artillerie au siège de Saragosse le 9 4 mars 1809, colonel-général de l'artillerie du roi d'Espagne le 9 décembre 1809, reconnu dans son grade de heulenant général le 1*' juin 181/1, chevalier de SaintrLouis le 99 juillet 18 14, admis à h retraite le 9/1 décembre 181/1, rappelé à l'actirité le 17 mars 181 5, retraité le 9 décembre 181 5, mort à Vanves (Seine) le 19 janvier i83o. Paul-Louis Courier, qui avait servi sous ses ordres en

1 807, lui a consacré quelques-unes de ses lettres les plus piquantes.

346 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [19 oct. 1798.]

motifs de ces suspensions, sur les({aelles je ne peux me former encore une idée. Je crains qn*il n'existe encore quelques germes de division dans cette place qui pourraient atténuer ses moyens de défense , et qui rendent d'autant plus urgent le secours que vous allez y porter pour d^ager cette clef importante de la République. Hâtez-vous, général, de rechercher les maux que la trahison a cherché à nous causer, et faite&-vous promptement connaître à Tannée du Rhin pour un bon sansculotte tel que vous êtes, et soyez sûr qu'elle vous suivra bien^t avec soin dans le chemin de la victoire.

(Arch. de la goerre, armée do Rhin, reg. A7, p. 90.)

PARIS 9 19 OCTOBRE fj^i.

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