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LES REPRÉSENTANTS TRULLARD ET BERLIER AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Duokerque , le 9 septembre 1 793 , l'an u de la République une et indivisible.

TRVLLAHD BT MBRUBU , BBPnésBNTANTS DO PBDPLB BNYOrh PBÈS L'ABMÉB DU NOBD, À LBUBS COLlèGVBS COMPOSANT IB COMITÉ DB 8ALDT PUBLIC.

Nous nous empressons , citoyens collègues , de vous informer que le camp devant Dunkerque est décidément abandonné par fennemi, qui ftiit du sol de la

liberté; son entreprise loi a coûte cher, et il a perdu beaucoup de inonde dans les sorties que nous avons faites pendant trois jours de suite.

Cependant et malgré la bravoure des troupes de la République et le zèle infatigable des habitants , cette importante place serait sans doute encore assiégée sans les grands mouvements et les heureuses attaques qui ont eu lieu ces jours-ci dans tous les points de Tannée ; mais avec Tesprit qui animait les troupes et les habitants, Dunkerque, si elle eût été réduite, n*aurait offert aux ennemis qu'un monceau de cendres et de cadavres. C'est un juste témoignage que nous devons à tous ces bons citoyens et aux autorités civiles et mUitaires , dons nous avons été bien secondés, à l'exception toutefois du commandant de Tartillerie, que nous avons fait arrêter et dont la conduite doit être sévèrement examinée.

Nous devons beaucoup aussi au comité de surveillance que nous avons établi à Dunkerque , et qui nous avait mis à même de purger cette ville de qudques aristocrates , car il .y en a partout.

Les généraux de brigade Ferrand , Souham et de Rocque ^^^ se sont en toutes occasions comportés en bons citoyens et en braves militaires; ils ont la confiance de leurs camarades d'armes et nous croyons qu'ils la méritent h tous ^fards.

Le chef de brigade Hoche ^'^ s'est aussi comporté avec une bravoure et une intdligence rares.

Enfin Dunkerque et Bergues ont réuni sous cet aspect ce qui a manqué en beaucoup d'autres points à la République.

Nous apprenons de Bergues que l'on a pris à l'ennemi hommes, chevaux, bagages, et que les Autrichiens, en fuyant conmie des daims, ont laissé beaucoup de tralneurs. Cette place a pour commandants militaires les généraux Leclaire ^'^ et Carrion, dont le civisme et la bravoure sont généralement attestés.

^ Nicolas de Rocque, né à Coknar (Haute-Alsace) le i5 février 1743, enseigne dans le régiment de Berg le i*' mars 1767, lieutenant en premier le 1*' mai 1 760 , soos^de-major le 13 avril 1769, aide-major le 99 février 1768, capitaine en second des grenadiers le 99 mai 1776, capitaine commandant le 7 août 1778, major du régiment de Darmstadt le 96 mars 1783, lieutenant-colonel le i3 février 1787, colonel le 90 décembre 1791 « adjudant général chef de brigade le 16 mai 1 799 , général de brigade à Tannée des Ardennes le i5 mai 1793, suspendu le i5 septembre 1793, réintégré et nommé général de division le 95 prairial an m (i3 juin i79&)« cesse ses fonctions par suite de la suppression de Tannée des Côtes de TOcéan le i*' vendémiaire an v (99 s^tembre 1 796 ) , retiré à Colmar. Le générd de Rocque avait fait les campagnes

d* Allemagne de 1767 à 1769 et de Corse en 1770.

t^) Les représentants ont écrit par erreur de Rocque, mais il s^agit évidemment de Hoche, dont le commissaire Deschamps parie dans des termes analogues (p. 11 3).

(') Théodore-François-Joseph Ledaire, né k Termonde (Pays-Bas) le 18 octobre 1 769 , enfieuit de troupe au r^^ent d^Anbalt-Infanterie, sous-lieutenant le 17 juillet 1764, lieutenant en premier le 16 octobre 1768, lieutenant de grenadiers le 8 juin 1776, capitaine en second le /f juillet 1777, premier capitaine en second le 1*' septembre 178&, major du régiment de Bouillon -Infanterie le 5 novembre 1786, chevalier de Saint -Louis le 7 janvier 1787, lieutenant-colonel le !•' janvier 1 791 , colonel le 1 9 juillet 1 799 , général de brigade le 8 avril 1793 et de division le 99 septembre suivant, inspec-

112 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [9 sept. 1798.]

Nous allons ramasser les magasins que Ton dit avoir été laissés par Tennemi; Ton nous rapporte, entre autres choses, qu'il a abandonne un parc d*artillerie; cda viendrait fort èi propos, car Ton a fait ici de grandes consommations en ce genre.

Nous ne pouvons terminer cette lettre sans vous peindre le dénuement on sont les braves défenseurs de la République, relativement à leur équipement : habits, chemises et souliers, tout cda manque, et il est instant d*y pourvoir; nous n'avons pas ici pour cela de ressources personnelles. L'énergie de ces braves gens n'en est pas diminuée, mais aussi la patrie doit acquitter sa dette envers eux.

Nous avons remarqué que les hApitaux sont bien tenus et que le soldat est mieux nourri qu'habillé; c'est qudque chose sans doute, mais ce n'est pas tout ce qui lui est dâ.

Une commission militaire, créée ici par nos collègues Hentz et Duquesnoy, va juger aujourd'hui une affaire dans laquelle plusieurs particuliers sont prévenus d'avoir donné des signaux nocturnes.

Adieu , collègues , ça ira.

T. Trullard, Bbrlibr.

P. -S. Nous apprenons en ce moment que l'ennemi a laissé derrière lui quatorze canons du calibre de ai , que Ton amène en ce moment ^^\

(Orig., Areh. de la gaerre, armée du Nord.)

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