BAYONNE, 2 0 OCTODBE I
RIÊQUISITION DES COMMISSAIRES A LAGOKE.
Nous, commissaires de la Convention nationale à l'armée des Pyrénées, considérant que les officiers de la onzième division militaire ont reçu l'ordre de faire leurs équipages de guerre, arrêtons que la gratification fixée pour cet objet par la loi , sera mise sans délai à la disposition des conseils d'administration des corps qui ont reçu l'ordre de faire leurs équipages.
Il est expressément recommandé aux conseils d'administration sous leur responsabilité de surveiller exactement la distribution de ces sommes et de tenir la main à ce qu'elles ne soient délivrées aux officiers qu'à mesure de l'emploi qu'ils en doivent faire, conformément à la loi. Et sur les observations qui nous ont été faites concernant la cherté des subsistances sur l'extrême frontière, ordonnons qu'à compter de la date du présent arrêté , il sera accordé provisoirement une haute paye de deux sols par jour aux soldats, chasseurs et cavaliers, qui se trouvent cantonnés dans les lieux suivants : Biarritz, Louhossoa, Itsatsou, Hendaye, Gambo, Ainhoue, Sare, Guethary, Urrugne.
Requérons J.-G. Lacuée, adjudant général commissaire du Pouvoir exécutif, de faire tenir la main à l'exécution du présent arrêté ^^\
Bayonne, le ao octobre 179a, Tan i" de la République.
Pour copie certifiée conforme à l^original :
F. Lamarque.
(Copie, Arch. de la guerre, année des Pyrénées.)
AUGH, Ql OCTOBRE 1799* UN MEMBRE DU CONSEIL G]^N]^RAL DU DEPARTEMENT DU GERS AUX COMMISSAIRES.
Aoch , le 91 octobre 1799 , Tan i** de la Répnbliqiie.
Le département vous a fait passer une copie de l'arrêté qu'il a pris à T^ard de la réquisition que vous lui laissâtes k votre passage à Auch. Comme membre
(') Lacuée transmit cette réquisition au ministre de la guerre le 92 octobre 1793. (Arch. de la guerre, reg. de I-.acuée, n' 3.) Cf. plus loin la lettre du an novembre 1799.
[aa ocT. 179a.] MISSION À BAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 229
du bureau militaire , permettez-moi de vous consulter sur les mesures que nous devons prendre pour pourvoir de suite à Thabillement et équipement de deux nouveaux bataillons de volontaires. Je vous préviens que le bataillon qui doit être en activité sera incessamment au complet II y a déjà six compagnies d'organisées, de cent hommes chaque. Toute ia jeunesse de notre département brûle de se transporter sur les frontières pour y faire mordre la poussière aux satellites du despotisme qui oseraient souiller de leur présence le sol de la liberté. Après avoir abattu les géants du Nord, nous écraserons aisément les pygmées du Midi.
Citoyens commissaires , ce n'est pas tout que d'avoir des hommes , il faut des armes , il faut des habits , et c'est sur ces deux objets que le département éprouve des embarras. Nous avons pourvu de nous-mêmes à l'entier habillement et équipement de deux bataillons qui sont dans ce moment à Perpignan; nous habillons et équipons dans ce moment trois cents chasseurs, dont la levée est faite. Pour parer à ces diverses dépenses, nous avons puisé dans la caisse ecclésiastique qui a pu nous fournir jus({u'à présent par la retenue que nous avions faite sur le traitement des prêtres insermentés. Cette caisse n'a pas encore été réintégrée, malgré les promesses du ministre, qui nous a dit souvent qu'il avait chargé le général Montesquiou de nous faire passer les diverses sommes que le département avait avancées. Citoyens, la caisse ecclésiastique est épuisée et ne peut plus fournir; il presse cependant d'habiller les volontaires de nos nouveaux bataillons. L'hiver approche, le froid commence k se faire sentir; souiïrirons-nous que les braves défenseurs de la liberté endurent les rigueurs et l'intempérie de la saison qui avance? Pour pourvoir à leur habillement et équipement, ne pourrions-nous pas puiser dans la caisse du revenu des biens des émigrés ? Cette caisse est abondamment fournie : j'ai vu par un calcul approximatif que le revenu des biens qui appartenaient aux scélérats qui ont osé porter les armes contre leur patrie allait à un miUion. 11 me semble qu'il est de toute justice que la guerre que nous soutenons doit être payée par ceux qui l'ont suscitée. Citoyens , j'attends votre réponse. Veuillez bien l'envoyer le plus têt qu'il sera possible. Le département suivra les conseils que vous lui donnerez sur la question qu'il vous propose, et il vous dit par mon organe qu'il ne négligera rien de ce qui peut contribuer à procurer dçs défenseurs k la patrie et à faire triompher la liberté et l'égalité, ces deux bases^ de l'éternelle félicité des hommes.
Je vous salue fraternellement.
(Archives du Gers, L i85, fol. 76 v*.)