A L'ADJUDANT GÉNÉRAL LACUNE
Saint-Sobasticn , le k novembre 179*^.
LE CÀPlTAlîiE GENERAL DE LA PROViyCE DE GUIPVZCOA À L'ADJDDAM GENERAL DE L'ARMEE DES PT RENEES.
J ai reçu avec affection la lettre que vous m'avez envoyée ^*\ en vertu des réquisitions des commissaires de la Convention nationale de France et y inclus les plaintes
l'^ Don Antonio Ricardos, né on Catalo|jno le 10 septembre 1797, était gouverneur de Guipuzcoa depuis 1789. 11 devint Ijénéral en chef de l'armée espagnole en mars 1793, défendit son pays contre l'invasion française et mourut à Madrid le i3 mars 1794.
î^) Voici le texte de la lettre de Lacuée
à don Ricardos (Orig. , Arcli. des affaires
étrangères, 63 /i , n° Aîi) :
Bayoune, 1« a8 octobre 1799, Pan I*" de la République.
f( L'adjudant général de l'armée de» Pyréfiées au général etpagnol commandant à Saint- Séboêtien,
«r Général, j'ai l'honneur de vous adresser, en verlu des réquisitions des commissaires de la Convention nationale , des copies des plaintes qui leur ont été portées par des citoyens français. Vous verrez, général , que ces deux citoyens ont été victimes (fartes attenlaloires aux égards du bon voisinage. L'un d'eux se plaint, ainsi que vous >ous en convaincrez par la pièce n" 1, qu'il a subi une arrestation arbitraire et ignominieuse; l'autre (|u'il est condamné par le fnil à lui bamiisscmenl du territoire
espagnol , bannissement également funeste à Si réputation et à sa fortune.
<f Les deux citoyens , que j'ai scrupuleusement interrogés , m'ont assuré que n'ayant violé en rien les lois générales des peuples ni les lois particulières de l'Espagne , ils ne peuvent attribuer les vexations dont ils sont les victimes qu*à la réputation dont ils jouissent d'être fortement et pour jamais attachés aux lois que la natitfi française vient de se donner. Bien convaincu, général , (jue les vertus civiques ne peuvent être un crime aux yeux d'un peuple policé cl d'un administrateur philosophe , bien persuadé que l'intérêt de l'Espagne et de la République exige que les Espagnols et les Français vivent en bonne intelligence et se prélent muluellement aide-, secours et protection, nous espérons que vous voudrez bien donner des ordres afin que ces deux Français et tous autres jouissent, comme par le passé, sur le territoire espagnol de la sûreté et de la liberté que les traités leur permettent, vous assurant que les Espagnols trouveront en France , comme par !«• passé, protection, sûreté et fraternité.
f Pour vous convaincre , général , des dis-
2Ji i:(Hiresih)>d.\.\(:e cÉsÉRAij; de cakvh. [s »ot. i;,..,
•ur II- iiintivai* lr«ilfiii«>nt «pip tien» |>^nHinne« pn^cnilmt ttmr rrru in : j'y It'IMiniU (|iii> ilciii iiationsi [H-uvriit rniiM-niT In (iIuk )p«n<)e intiinîlt' rt UDp ûotrre uninii. rn mnMTvant on ni<^tiif Ii-iiiim rlutriinc lu ninsililution (|ui lui r*l \im^irr : iiuiit |>i>iir rt-la Hliti nf Hoblif 'i-iit . ni nr [icuvrni ii'iil>lif;pr b romu-iilir <|W In iiulit idim «le riini< ■lnani'Dl h ri'ii\ ili^ l'aiiln* dit insinuation» mnlraim au gouvemi-iDPOl ijui In n^;il el «urtout avM IIiuim' un mu* \tTvlntt: il'aMurer mq Ixmlit-ur.
(iauilelfl " avait (<li< foiivinfiil arruiu' il<- rajMrr Ira mpHla. rv i|up iri nom ot tirvuns. ni ne |M>uvonit Ifili'i^r; it s'i-loifroatt ra)ii<li-mcii( livM|ur ie goutmtnnml l'puvDja am'tcr. par nuile ilVnviro» note lux vin)^ ili-noorialioiu <)ui a«ai«il Hf tailn ilaiu rc ili^il ; il r<iin|ilétiil |uir M fuÎK^ te i|ui [K>uvait mBDc|urr à la plraitude iliM |in>uvM «ur mn arrunatinn. IVut-étiv i|un «'it s'i-lail [)n'»Mllr «ur-l^ rliam|i <ft H) loutefoi* il rtail innurent) il aurait i-ti- aliaouf. rumair l'oal ct^ (|ufli|ura autre*; il rnatinuail à »<-j<Mirner tri. saiu ilifErult>-. <|uati|u'ua t* (At a()orru <l(- M muiluilr : mais il a <l»nn*' ilr>[iui« (Ip* girrum «i ouvriir» <lr ans inmm-rlion i|u<- le |;nuv^rni*M)fnl riiuniri|tal < usant <lu ilnHl înraDtMtable d'riii- Ipier lU- lui reux i|ui IrouKIenl ou Irnlcnl i\e Irnublcr Ir iv[>wi |Hit>lir ) lui a iMrodu la riS>tili-nr>-.
Noun ne nnu* a|>errf^'nn« pan <|ue l'on Inile en t*ranre aver |ilu» de ikmcrur les Eaïuipiiila i|tii liUnient «a Cuiisliluliam uu qui tentent île •niaire mnlre atio g«>avetiM-iiienl.
A T'^ranl de Pierre Toulel 1^ f'jiif '. nn a eu de fnTi» «ouprntu de le rmur l'agent de i|Ui-li|u'Hn i|ui riirru[ie a inlrmluire irt !■■> |M|tier« que le i^vem^ lueut e!>[ia|;Dot a tirtenieiit ginihibi'*. Il n'a rli' |in« . Ion de «on ilernier rovaf^ . que pour le nK-lire pniniplfnienl m lilierte apr>-i lui avoir diTeiidu de retenir. |iarce que liiut );o«lvenH-ntent doit \rrià ni ju«le I iloifpier <le «on lemtnire le» |ierM>niira vAt-HMiileuM'iit M>u|irrinni'e« ^u^ de* iiiiitirN l()n<l>'».
Si j<'Mii>enln'<lan!>li>u«eeHil>^il<i. e'i*t qu'il a<- but jamai* lai«erle moindntourlir ilarnt la r<TipnH|iH- et lN>ani- nin-e!>|Nindanre des deux nation*.
I^' );riii*ral iiitw ' .de l'amn-e dt"» l'jniuV». m'oli«>ene fort judirieu«eii>enl que
pMÎliiin* il>^ <'h«f* miliUim «ur rrilr frun i1mi« tr ivfpniefil d^ Hnnrrjfit^ \r *i ma»
li>*n*. j'->i rhnnni-iir ilr khi* idnwr l.i ly^J, ti>^('-nuil \r *\ orteiirr 17^6. fa-
ri>|ii>> il'un iinln- i|ui a rli> ilimné |Mr rui (itlaior l>< 47 iirliibre i^titi. rhrl if batul-
aui p<»lit |>tam tiir la ilMau»a. Ii>n !•■ 1" jiiilM 177t. liniliiMlil-fnliiorl
• l/a-IjuJjHig-lirrar ,\a i-' n-;;iiii.ml I" t'j ]uitU ■7yi. nurr-
Jf V.irmn in ffnMttt. ,|,,l il- f»m|i t- ^\ «-(rf'-mbrr 179», n-
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[/iNov. 179Q.] MISSION À BAYOiNNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 253
les querelles particulières ne peuvent point altérer Tharmonie qu'il convient de conserver entre deux nations ; il le dirait avec bien plus de raison encore s'il avait été informé du traitement , de la sécurité et de l'accueil que reçoivent et recevront h l'avenir tous les Français , qui pour leurs affaires ou leur plaisir viendront et demeureront honorablement ici , poui'vu qu'ils s'y comportent avec modération et qu'ils se conforment aux règles que tout gouvernement est en droit d'exiger : ils y éprouveront la cordialité et la franchise qu'y trouvent actuellement les officiers et soldats français , même dans les places de ces frontières , lorsqu'ils y passent pour leur commodité ou leur recréation. Mais si, comme je l'ai déjà dit, il ne faut pas faire attention aux querelles de particulier h particulier, il ne faut pas non plus les croire sur parole et tolérer ce (ju'ils peuvent dire de douteux. Je dois aussi espérer que de votre côté vous mettrez un frein à la pétulance de ceux qui insulteront nos soldats, de manière ou d'autre, et à ceux qui se permettraient de s'introduire en armes sur le territoire espagnol.
A ce moyen la paix et les manières amicales , qui subsistent entre les deux gouvernements, se maintiendront, et il ny aura pas le moindre sujet que l'inadvertance ou l'égarement de quelque particuher troublent la bonne correspondance et le commerce qu'il importe de conserver, tant pour l'une que pour l'autre nation. De mon côté, je ne négligerai rien pour cela, et je dois le faire tant pour mettre à exécution les intentions de mon souverain que par l'inclination que j'ai naturellement pour la nation française.
Que Dieu vous garde longues années ^^K
A. RicARDos Carrillo.
(Copie, Arch. nat., DXL, 98.)
^^^ Lacuée envoya , le ao novembre 1793, au ministre de la guerre la lettre du capitaine général de Guipuzcoa. Il reçut, le 5 décembre , la réponse suivante de Pache (Arch. de la guerre, reg. A, n" 1) :
Paris, le 5 dé.-embre 179*.
<T Le ministre de la guerre à V adjudant général Lacuée,
(rj'ai reçu, citoyen, la pièce espagnole jointe à votre lettre du ao, et sa traduction; je Tai communiquée au ministre des affaires étrangères. J'ai reçu de même la note insérée dans votre lettre du a5; je pense comme vous sur Fexagéralion des forces espagnoles.
trje pense aussi que les préparatifs du guerre doivent être faits sur les deux parties de la frontière dTspagne qui touchent aux deux mers , et j^ai écrit dans ce sens au général Servan. Je ne doute pas qu^il n'ait donné des ordres conformes; j'espère cependant de la sagesse des commandants militaires que toutes les précautions seront prises pour éviter les actes d'hostilité.
wJe vous remercie de la communication que vous me donnez de voire correspondance avec le ministre de la République en Espagne ; je vous prie de continuer à m*instruirc de fout ce qui vous parviendra relativement aux préparatifs des Espagnols.
frPACHB.7)
30. s.%i%T-JKi%-i»»:i»-DK-POBT, r» >o\i.\iun»: i7;i». i.Ks (.uMiiiss.uni;s ai <.omitk di: c.onni:siMiM)\ME ne i\ m)\\e\ti«>^.
(!it4>\4*ns nos nilK'jfm»s,
Nous vous ailrrssons ropii» «riiiif Irltro ipir nous rrrivons fiii million' il<» In jpMTPf» pour ipi'il assiin» l«'s fonds rnVt»ssiiin's » ror|;«inis<'i(ion «If r«irintV cli*s ISn*ntM>s. Vous MMilrz rommi* nous f|tril est inliiiinH^nt rss4Mili«*l (|iio los 4>|>4'r«itions nVpr4)UYiMit niinine (Mitrn\«*.
Ij** cftmmÎMMfiirr» Je la CoHvcnùtm mUionnlr aux froHlirm des Ih/rén^,
(lARRir.
< Onf* . Arrb. mL, I>XI. sH. \
31. sii%T-ji:\>-nKi>-iii:-roHT, 0 >ow:MBRe «jy»i.i:s M)iiiiissiini:s u himsthe i>k i.\ cierrk.
(ii(o\«*ii miiiisln* «l<» i;i |pnTre.
I/»»r|;anisîilion «l<» Tarinn» «pii si» Irvr «»n n» momoni sur r«»$ fnuilirn's (lonno liiMi a «ios tlr|>4MiM*s miil(ipli«*«*s. H si ces <lé|K*nsi»s nf |ioii valent <Mn* aripiitli^'s sans relanl. Il nous serait im|M)5sil>le de r«*ni plir la mission dtint nous a rhar|;é> la (]on\i*nlitm nationale. Ncmis avons onlonné |)lusieurs achats i*t ronslnniions |Niur lesi|uids il t*st instiinl «piil \ ait A*^ fon<ls rlii»z 1rs |>a\eurs jj«'nérau\ de la jjuerre. et surUnit i*lie2 n*lui du département des !tas>es-INrrné(»s.
T»>us res ordn»«» ont «'te eonrertés avee J.-C. LiruiV, adjudant jp'nrral et \otre rommissain*. Les comptes evart» et n'ipdier» «pi'il esl ehar|;i* de vous rendn* vous font ronnaitn* surcessivement tous h*s lM*soins. et nous \ous [irions. rilo\en ministn*. de pn*ndredi^ mesurer eillraros |N>ur «pie rrllf* partit* essentiidh* de \otn* administration ne demeure jamais en MMilTranrr. Nous es|M'nuis <|ui* la Tn'Min*rie national»» concourra a\i»c \ous iMHir le Miccr> ilc rrs niesun*s. et n«Mis Minim<*«« con\aincus <pi<*. m»us |r minish rr dun cil«»\«*n «pii jouit à m juslf titre de la conlianct* univtTs«'l|«*. |<»> rntravo de Tancim n'^jinie
[8 Nov. 179a.] MISSION À BA YONNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 255
disparaîtront, et qu'il ne restera plus aux malveillants des moyens pour éluder ou relarder l'exécution de la loi.
Les commissaires de la Cotiventioti nationale aux frontières des Pyrénées,