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L'ADJUDANT GENERAL LACUKE AU MINISTRE DE LA GUERRE

Toulouse, h 3 décembre 1799. (^itoyea minisire,

L#e mart^chal de camp Resnier, employé à Bayonne, vient de m*ëcrire quil vou8 a prié de faire transporter à Rayonne le sous-professeur de Valence, actuellement sans occupation. Je me joins à cet officier général pour vous engager à ordonner ce passage; mais, citoyen, je dois au désir que j'ai de voir la République florissante , de vous présenter quehpies idées sur la nécessité et la facilité d'établir une école d'artillerie dans la ville de Toulouse.

Depuis le lo août, il y a des Pyrénées, et il y en aura jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de Bourbon en Espagne : alors même il y en aura encore; il est donc indis- |)ensable de former sur cette frontière un grand établissement d'artillerie.

Ce n'est ni à Perpignan, ni à Bayonne, que cet établissement doit être formé, car ces points sont des extrêmes , et un grand établissement doit être central.

On a parlé de Tarbes et de Carcassonne. Ces deux villes sont plus proches du centre, mais la première n'a point de rivière navigable et la seconde est peutrétre trop en l'air pour recevoir un établissement aussi important.

Toulouse, situé à une distance à peu près ^ale de Perpignan et de Bayonne, placé sur la Garonne et le canal , ayant dans son sein beaucoup de grands édifices nationaux, pouvant d'un côté recevoir et verser dans la ci-devant Provence, et de l'autre dans le golfe de Gascogne , Toulouse , dis-je , me paraît par sa localité fait |K)ur devenir le siège d'un grand établissement d'artillerie.

A ces premières considérations, il sera joint encore d'autres qui me paraissent déterminantes, je veux parier des matières premières.

Fer.

La forge de Louvie ^'^ a fourni jusqu'à cinq miUe quintaux de fer de bonne qualité, et fournirait encore, si eUe était encoiu'agée.

Celle de Baïgorry ^*^ fournit du fer de très bonne qualité ; elle est située proche d'une mine de fer spathique très abondante.

Dans le district d'Œoron , deux mines de fer, qui méritent toute l'attention du gouvernement; l'une fournit du fer d'une qualité égale à celui de Suède et rend soixante livres de fer par quintal de mine.

Cuivre, 11 y a trois mines de cuivre, dont deux riches et de bonne quaUté.

(') Louvie- Juzon , commune du départe- de canton du département des Basses-

ment des Basses- Pyrénées, arrondissement Pyrénées, arrondissement de Mauléon. —

d'Oloron. ^ Dans le document original ce nom de lieu

^'^ Saint-Etionnc de Bnigorry, chef-lieu est orthographie Big<mf.

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Plomb.

11 y a dans le district d'Oloron une mine de plomb, qui rend soixante livres de plomb par quintal de raine , et quatre onces d argent par quintal de plomb.

Bois,

Les montagnes of&ent des bois de toute espèce et de tout gabarit; les plafnci» de la Garonne ont une espèce d'orme très bonne.

Telles sont, citoyen, les raisons qui me paraissent faites pour vous déterminer à former sur cette frontière un grand établissement d'artillerie , et à le placer h Toulouse.

Fixé sur ces deux premiers points , je penserais qu'il n'y aurait pas h hésiter pour placer l'arsenal dans la maison des ci-devant Chartreux : il y a de grandes cours , un cloître immense , un parc vaste , et le canal passant k cent toises au plus de cette maison, il serait aisé de faire un embranchement qui conduirait les bateaux jusqu'au milieu de l'arsenal.

Après avoir examiné ces trois premiers points , je crois qu'il ne faut perdre aucun instant pour arrêter qu'il sera formé de suite un arsenal h Toulouse : i * parce que la circonstance est très favorable poiu* obtenir des fonds; a° parce que l'Espagne ne pourra se plaindre d'un rassemblement d'artillerie, puisque l'on veut former un établissement permanent; 3° parce qu'il est instant de s'emparer des bâtiments, avant qu'il ne soient mis en vente; 4* parce qu'on va faire ici des dépenses provisoires qui , si elles étaient dirigées d'après un plan génà^ , pourraient être utilisées pour l'établissement permanent.

Je me résume ;

1** Il faut former un arsenal pour rartillerie sur les frontières des Pyrénées.

2° Cet étabUssement doit être placé à Toulouse.

3° Il doit être fourni aux ci-devant Chartreux.

A" Il faut ordonner de suite de former un [)lan général.

5" Ordonner que les travaux provisoires seront tellement dirigés qu'ils fassent partie du travail général.

J.-G. Laquée.

Une deiTiière observation , c'est qu'il faut rendre quelque chose a Toulouse qui a beaucoup penlu ^'\ et (pie l'établissement d'un lycée dans cette ville fournira aux ofliciers d'artillerie le moyen de faire de grands progrès dans les sciences physiques.

( Arch. de la guerre , armée des Pyrénées , reg. de Lacuée. )

t') Toulouse, en effet, avait à la Kcvo- finances, d'un présidial, d'une généraUlc ,

lulion perdu presque tous ses privilégies. d'une sénéchaussée, d'une viguerie, d'une

Sous l'ancien rc(;ime elle était non seule- table de marbre, d'un consul, d'un hôtel

ment la capitale du Lin|][uedoc, avec litre des monnaies, d'ime amirauté, d'une ma-

de comté , mais encore le siè[je d'un arche- réchaussée , d'une université et d'une aca-

vèché, d'un parlement, d'un bureau des demie.

[/i Die. 179J.] MISSION À RAYONNE ET DANS LES PYRÉNÉES. 281

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