Communication de M. de Montbron
2. Chateaubriand prononça à la Chambre des députés, le 7 avril lS23,un discours sur le budget des AITaires étrangères.
3. Pailhès La ducketse de Durai, p. 240. — CollationDé sur l'orig-inal autographe.
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regrette toujours cette phrase : que nous n'avons pas pu doDoer de preuves, qu'on avait essaya de corrompre notre armée ; tandis que les preuves sont partout : témoin l'afFaire de la Bidassoa !
Je regrette aussi de ne pas vous avoir dU que cette nouvelle de notre flotte à la Martinique pour attaquer l'fle de Cuba, est un véritable ragot. Nous ne voulons rien prendre et rien garder. Nos jeunes soldats viennent de se battre comme des lions sous les murs de Saint-Sébastien. Voilà la cocarde blanche assurée à leurs chapeaux. Cela est immense.
Soignez bien les journaux pour les communication? à la Chambre des Communes. Faites qu'on prenne votre parti. Nos pièces d'ailleurs sont belles et nobles.
Tout & vous Chateaubriand.
S'il j a lieui j'emploierai le télégraphe. '
mS [Avril 1823].
A la dnchesBe de Duras.
Jeudi.
J'ai passé hier la journée au Conseil, aux deux Chambres et
1. CommunicatioD de M. de Montbron. — Uarcellus {Politique de la Rettauralioa, p. t99) donne le texte suivant :
« Paris, 14 avril 1823.
I' Je ne puis vous dire qu'un mot. C'est sir Ch. Stuart qui m'a montré imprimée la dépiêche dont Canning accompagne les documents. J'y regrette toujours cette phrase : — que nous n'avons pas pu donner de preuves comme quoi on avait essayé de corrompre notre armée; — tandis que les preuves sont partout; témoin l'afTaire de la BidassoRl
« — Je regrette aussi de ne vous avoir pas dit d'avance quecettenouvelle de notre flotte, partie de la Martinique pour attaquer Cuba, est un véritable rai^t. Nous ne voulons rien prendre ni rien garder. Nos jeunes soldats viennent de se battre comme des lions sous les murs de Saint-Sébastien. Voilà la cocarde blanche assurée à leurs shakos. Cela est immense! C. »
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au dîner du président Ravez. Avant-hier j'ai été assommé de courriers et de dépêches. Je t&cherai de vous voir à 5 heures.'
Au vicomte de Harcellus.
Paris, Ï7 avril 1823.
J'ai reçu hier au soir le courrier avec votre dépèche n" Si, et votre lettre particulière. J'avais reçu ce matin les pièces officielles.' C'est un fatras bien peu digne d'un gouvernement qui se respecte, et les commérages de sir Ch. Stuart, et ses petits morceaux de conversation, sont de singulières pièces diplomatiques. Je m'applaudis de la seule pièce qui soit de moi ; et, au milieu de ces insipidités, elle est du moins grave et logique. J'espère que les journaux amis la remarqueront. Je ne connais encore que par extrait les discours de M. Canning et de lord Liverpool. Je l'avais prévu : c'est la neutralité avec force injures pour le Roi, pour la France, pour le gouvernement, et pour moi en particulier. L'Angleterre sent que cette guerre nous rend notre influence sur l'Espagne, et nous replace à notre rang en Europe : elle doit être irritée et malveillante. L'amour-propre de M. Canning est compromis : de là sa violence et son humeur. Je n'ai pas dissimulé à sir Ch. Stuart que des vœux contre la France exprimés hautement par un ministre anglais en pleine paix et en déclarant la neutralité, étaient chose nouvelle dans l'histoire des nations. Je vous recommande de le dire vous-même et de ma part à M. Canning, et de vous montrer désormais froid et réservé avec lui. Vous mettrez à cela la mesure convenable ; mais il est bon qu'il s'aperçoive que nous sommes sensibles à une inimitié que nous n'avons pas méritée.
Nos affaires vont merveilleusement en Espagne. Nous
1. Pailhès La ducheite de Durai, p. 240. — ColUtionné par nous sur l'origiDsl autographe.
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s sur l'Èbre, et l'inBurrection royaliste s'étend de toutes parts autour de nous. Les libéraux désespérés font courir mille bruits ridicules : tantôt nous avons perdu mille hommes devant Saint-Sébastien ; tantôt Mîoa a pénétré en France, et un général a été tué. Ce sont des contes absurdes. Nous allons assiéger ou plutôt canonner Saint-Sébastien ; et le maréchal Moncey fera son invasion de l' Aragon et de la Catalogne du 20 au 23 de oe mois. Je vous mande tout ce détail pourque vous puissiez répondre à tous les mensonges dont vous allez être étourdi.
Voilà une lettre pour le Docteur Stoddart; invitez-le à tenir ferme et à bien commenter les discours et les pièces. J'at fait mettre aujourd'hui même dans le Moniteur d'autres pièces <|ui répondent victorieusement aux assertions des ministres anglais : je ne pouvais pas mieux parer le coup. Faites que les journaux ù votre disposition insèrent les pièces. J'espère que mon ami Cobbetl me défendra encore contre Brou^ham, et même contre M. Canning.
M. Beyerley à la tête du Star ferait fort bien ; mais je n'ai aucun moyen de lui être utile à présent ; peut-être le pourrai-je c'est-ft-dire 20(1 louîs, mais je ne puis aller au delà. Je songe à dans la suite. Quant à votre fête, j'en veux bien payer la moitié ; vous envoyer un ambassadeur: c'est l'avis de Croosqer.
Nous sommes d'ailleurs h merveille avec le continent. Faites mes compliments à tous mes anciens collègues. Tout à vous. Château BBiAMi.
Demain, ou peut-être même aujourd'hui, la session sera close, pour la chambre des députés. Cela nous sauve du retentissement à notre tribune de la séance du parlement.
Je vous prie de me dire l'époque de la réunion de la Société pour secourir les gens de lettres. J'y veux envoyer une somme égale à celle de Tannée dernière. '
1. Communication de M. de Montbron, d'après l'original aulographe. — Itlarcellus {Politique de la Rettauralion, p. 201-2) donne le texte suivant : < Paris, 17 avril 1623.
'< J'ai reçu ce matin les pièces anglaises déposées ordciellemcnt. C'e&L un
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W81 18 [avril 1823],
A Madame Récamier.
Vendredi 18.
Plusieurs ambassadeurs étrangers sont venus me prier de répondre au discours de M. Canning. Ils m'ont trouvé travaillant au discours qu'ils me demandaient. Vous sentez que pourtant cela a un peu réchaufTé ma verve, en me promettant un succès en Europe. Je vais m'ensevelir dans mon travail et je vous le montrerai. Mais je ne pourrai vous voir aujourd'hui : voilà le contre-poids à ma joie politique. Pardonnez-moi et aimez-moi un peu pour ma gloire. A demain ! Salvandy a aujourd'hui vengé les Débats. <
fatras bien peu digne d'un gouvernement qui se respecte ; et les commérages de airCh, Stuart, et ces petits morceaux de conversation, sont du singuliers documenta diplomatiques. Je m'applaudis de la seule pièce qui soit de moi; et, au milieu de ces insipidités, elle est au moins grave et logique. — Je ne connais encore que par extrait tes discours de lordLîverpoolet de M.Canning.Je l'avais prévu : c'est la neutralité avec force injures pour le roi, pour la France, pour le gouvernement, et pour moi brochant sur le tout, L'Angleterre sent que cette guerre nous rend notre influence sur l'Espagne, et nous replace k notre rang en Europe : elle doit être irritée et malveillante. L'amour-propre de M. Canning est compromis ; de lï sa violence et son humeur. Je n'ai pas dissimulé à sir Ch. Stuart que des voeux contre la France, en pleine paix, exprimés par un ministre anglais, en gardant la neutralité, était chose toute nouvelle dans l'histoire des nations. Je vous recommande de le dire vous-même et de ma part à M. Canning, et de vous montrer désormais froid et réservé avec lui. Vous mettrez à cela la mesure convenable; mais il est boa qu'il s'aperçoive que nous sommes sensiblesà une inimitié que nous n'avons pas méritée. Soyez poli, mais causci peu ; et qu'il s'aperçoive, 6 votre manière, que le gouvernement français connaît sa force et défend sa dignité. — Je vous ferai donner des détails exacts et réguliers sur la marche de nos troupes, afin que vous puissiez répondre à tous les mensonges dont vous allez être étourdi. — J'espère que mon ami Cobbett me protégera contre Broughara, et même contre Canning. — Donnez des fêtes, et faites danser miss Canning. Cela prouvera que nous n'avons pas peur de son père. C »