‹ Correspondance générale de Chateaubriand;Chapitre 44 sur 195 · Minute aux Affaires Etrangères, Turquie, 237, f · texte numérisé non relu

Minute aux Affaires Etrangères, Turquie, 237, f

9H4 30janvier 1823.

Au marquis de Caraman.

N" 4 Paris, 31» janvier 1823.

Par Courrier autrichien

Monsieur le Marquis

En vous expédiant avant-hier le discours du Roi, j'ai omis d'aller au devant d'une observation à laquelle i! pourrait donner lieu. Je veux parler de la réticence que Sa Majesté a mise dans la manière dont elle s'est exprimée sur l'Alliance, et du silence qu'elle a gardée sur !e Congrès de Vérone.

Nos motifs sont fort simples, et vous n'aurez pas de peine à les faire comprendre à M. de Metternicb.

Nous avons pensé que si nous parlions de nos alliés et de notre accord avec eux, nous nous exposions à des explications fâcheuses de la part de l'Angleterre et peut-être même à une sorte de désaveu qu'elle aurait pu placer dans le discours de la Couronne à l'ouverture du Parlement. Vous jugez que! inconvénient il y aurait eu à ce que le Roi d'Angleterre et le Roi de France [parussent] se contredire ainsi publiquement et quel parti la malveillance en aurait tiré pour donner de fausses idées sur les dispositions de l'Angleterre et sur les rapports des deux états. Pour éviter ces inconvénients, il eût fallu que nous entrassions dans des détails qui ne pouvaient être placés dans le discours du Roi.

Il y avait une autre espèce de danger à parler du Congrès de Vérone, c'était de nous exposer à une violente attaque du côté gauche de la Chambre. On n'aurait pas manqué de reproduire l'éternelle accusation contre le gouvernement de se traîner à la suite de ses alliés, de n'obéir qu'à leur impulsion ; et cette accusation dirigée contre les ministres actuels aurait pu égarer l'opinion.

Je vous laisse, Monsieur le Marquis, le soin de développer ces

explications. Du reste, on aura remarqué qae le Roi, en parlant des représentations faites à Madrid et de ses efTorts pour réconcilier l'Espagne avec l'Europe, se plaçait complètement dans l'Alliance.

M. le duo de San-Lorenzo m'a fait demander ses passeports qui lui ont été remis. Il a désiré savoir s'il pouvait prolonger son séjour à Paris. Je lui ai répondu que, comme simple particulier, il était libre d'y rester s'il le jugeait à propos.

Nous avons des nouvelles de M. de La Garde du 20. Toute la ville de Madrid était sous les armes parce que le corps de royalistes qui s'était avancé quelques jours avant jusqu'à [Guadalaxo] < s'était de nouveau approché de la capitale.

Cette dépêche vous est portée par un Courrier de M. de Vincent. 3

M5 30 janvier 1823.

An vicomte de Harcellos.

Paris, 30 janvier 1823.

Je vous remercie. Monsieur, de tous vos comptes. Mais je n'ai pas vu dans la liste des envois le service bleu et or de Sèvres et je vous ai mandé que le Roi me l'a donné . Veuillez donc me le faire expédier. Je ne puis encore vous mander le nom de mon successeur.

Le discours du roi a fait merveille. Toutes les divisions ont cessé, et les fonds au lieu de baisser ont monté, tant cette nation est militaire.

Ma petite dépêche vous explique un point essentiel.

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