Minute aui Affaires Étrangères, Suisse, 510, r
m 12 février 1823.
An comte de Talleyrand.
12 février 1823.
Monsieur le Comte,
J'ai cm devoir faire part à M. le Directeur général de la Police des observations que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser sur un certain nombre de Grecs qui doivent traverser la Suisse pour se rendre à Marseille, dans l'intention de s'y embarquer et de retourner dans leur patrie.
M. le Directeur de la Police a remarqué qu'il arrivait depuis quelque temps sur plusieurs points de nos frontières un assez grand nombre de voyageurs, qui s'y rendaient de différentes parties de l'Allemagne et qui annonçaient, de même que ceux-ci, l'intention de venir s'embarquer dans un port du midi. Une telle afHuence a dû éveiller l'attention des autorités, et faire naître quelques inquiétudes sur leur véritable destination.
Des mesures, commandées par les circonstances, ont été prises pour s'opposer en ce moment à leur passage en France : des instructions en ce sens ont été adressées à MM. les Préfets des départements frontières, et il serait imprudent et dangereux de les rapporter.
Dans cet état de choses, vous avez très bien fait, Monsieur le Comte, de ne viser quelques-uns des passeports de ces voyageurs que condition nellement et en leur prescrivant de se présenter aux autorités de la frontière ; maïs puisqu'ils ne peuvent pas être admis en France, il vaut mieux s'abstenir entièrement de ce visa, et je vous invite, Monsieur le Comte, à ne pas l'accorder.
Nous avons déjà eu occasion de vérifier qu'un certain nombre d'étrangers qui annonçaient l'intention de venir s'embarquer dans un port de France pour retourner dans leur patrie, changeaient
tout à coup de destination et se rendaient en Espagne, ou serépandaient dans nos provinces sans avoir de moyens d'existence et sans donner sur leur conduite aucune ^rantie. Il est plus prudent de ne pas les recevoir et de les détourner de leur première direction, avant qu'ils n'arrivent sur notre frontière. Ceux qui ont le projet de retourner en Orient ont des voies beaucoup pluscourtes pour y parvenir que de se rendre à Marseille, puisque la plupart d'entre eux paraissent venir de contrées plus orientales.
Mon prédécesseur vous a informé le 20 novembre 1822 desmotifs que nous avions pour ne'point paraître faciliter un embarquement. 11 est utile aux intérêts, à la sûreté même des Français qui sont établis dans le Levant que la Porte n'ait point à nous accuser d'avoir secondé les projets formés contre Elle, et d'avoir donné à ceux de ses sujets qui ont fait scission les moyens de continuer la guerre, en recevant, par l'intermédiaire de nos bâtiments, des facilités qui ne se concilieraient pas avec nos traités.
Je ne puis que m'en référer aux observations qui vous ont déjà été adressées sur cet objet.
Ag. •
9S9 12 février 1S23.
An comte de Talleyrand.
A chiffrer.
Paris le 12 février 1823.
Monsieur le Comte,
Des informations recueillies à la Direction générale de la Police tendent à prouver qu'un certain nombre de militaires piémontais réfugiés en Suisse et notamment dans le canton de Vaud, obtiennent par la voie des sociétés secrètes des certificats d'origine suisse à l'aide desquels ils s'enrôlent dans les régimentscapitules au service de la France.
Il serait important de vérifier ce fait, et je vous en prie, Mon-