‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 11 sur 337 · Œuvres d'un au'eur de S( pt ans · texte numérisé non relu

Œuvres d'un au'eur de S( pt ans

A M. D'Arp.iGNî: (1678). 9

des lellres Irès-curieuses qu'elle devait lui écrire sur sa femme et son mariage.

Les autographes de ces lettres existent encore et appartiennent à M. Feuillet de Conclies. Ils renferment de nuiubreuses lignes raturées et qu'il est impossible de lire. Ces ratures ont été principalement faites sur les passages relatifs à madame d'Aubigné dont madame de Maintenon ne ménageait pas les défauts. Elles sont de madame de Maintenon elle-même, car les soudure.- faites pour dissimuler ces ratures sont aussi de sa main. Elle les fit probablement lorsqu'elle donna ces lettres aux Dames de Saint- Cyr et pour ne pas blesser la duchesse de Xoailles, fille de madame d'Aubigné, qui aurait pu, qui a dû les lire. Heureusement je possède une copie de ces lettres faite par les Dames de Saint-Gyr, où la plupart des passages raturés se trouvent rétablis, soit que ce manuscrit ait été fait avant la rature, soit que le copiste ait pu lire à travers la rature, qui n'était pas probablement aussi complète autrefois qu'elle l'est aujourd'hui. Jai donc pu, grâce à cette copie, rétablir un grand nombre de passages raturés, et j'ai pris la précaution de les indiquer par cette marque [ [.

La Beaumelle n'a eu connaissance que d'une copie entièrement raturée. On ne trouve donc dans son édition aucuns des passages que je rétablis. Il fait d'ailleurs subir au texte tant de transformations et de falsifications, (ju'il devient méconnaissable.

A l'hôtel d'aXJOU, rue BETHISY -. A PARIS.

A Saint-Germaia, ce dimanche (fin février) 167S.

Votre femme auroit besoin crun plus long séjour

1, Autographe appartenant à M. Feuillet de Conclies.

2. Cette rue faisait suite à la rue des Fossés-Saint -Gerniainl'AuxeiTois, entre les rues de la Monnaie et de IWrbre-See ; elle n'existe plus et se trouve aujourd'hui absorbée par la rue de Rivoli.

10 COBRESPONDANCE GÉNÉRALE.

ici, [car c'est une créature qui a été très-mal nourrie, et si vous ne soutenez les avis que je lui donne, vous vous en repentirez quelque jour, car elle ne sera pas propre aux honnêtes gens] * ; du reste, elle paroît douce, et je ne lui vois point encore de défaut qui ne vienne de [sa naissance et] ^ de son éducation. >^ous irons mardi à Paris; j'y suis si incommodée quand j'y couche et j'y incommode tanl les autres que je reviendrai ici. Nous arriverons à midi à l'hôtel da Maine; trouvez- vous-y, s'il vous plaît, pour mener votre femme où il vous plaira. Je crois que vous ferez bien de la mener chez madame de la Barre et chez ses oncles. Vous la garderez si vous ne savez qu'en faire, sinon je la ramènerai ici pour tout le temps qu'il vous plaira, et je vous la remènerai la veille que vous voudrez partir. Jugez par mon style du peu de loisir que j'ai; il y a dans la chambre vingt personnes, trois enfants et six ou sept chiens.

Adieu jusqu'à mardi ; envoyez prier madame de Richelieu de m"envoyer mardi à l'hôtel du Maine, à midi, un carrosse à deux chevaux; avertissez Nanon de se mettre dedans. Nous aurons mangé; ainsi ne vous mettez point en peine de nous.

1 et 2. Raturé dans l'autoiîraphe.

A M. d'albigné (1678). M

Page 1