Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conchcs
i68 CORRESPO^'DA^^CE GÉNÉRALE.
lemps que je n'ai reçu de vos nouvelles. Je n'ai rien de nouveau à vous répondre sur l'affaire que vous me proposez. Tous savez ce que je fis à Fontainebleau, et la passion que j'avois de réussir; les mêmes raisons subsistent, et plus on approche de piès en ce pays ici et plus on est hors d'état de faire des alTaires. Vous aurez quelque chose de celle des courtiers de Bordeaux, et si vous pouvez payer vos dettes, cela vous fera avoir un peu de patience. Ne croyez pas que je vous oublie ni que je perde une occasion de vous faire plaisir quand je la trouverai ; et je n'en veux point désespérer. Je ne vois plus M. de Bonrepaux, ni qui que ce soit sans nulle exception.
Je serois ravie que vous pussiez raccommoder M. de Yilletle avec madame de Fontmort ; je suis bien de votre opinion sur la douleur qu'il montre de ses enfants, et je le crois bien aise dans le fond de les voir avec moi ; ils sont très-jolis et parfaitement bien nés. Si la petite de Mursay a deviné sur l'ennui de la basse-cour, je serai toujours prête à les aider*.
Je ferai le meilleur usage que je pourrai de la lettre de votre saint.
Il faut bien que l'on s'accoutume à mon personnage'^; ma vie est fort tranquille et très-solitaire, elle est en tout conforme à mon humeur.
Mille amitiés à madame d'Aubigné; elle ne m'écrit ni assez souvent, ni assez librement. La pauvre mademoiselle de Jarnac a de la peine à s'accoutumer à