‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 134 sur 337 · Âulographe communiqué par madame la marquise de Mornay · texte numérisé non relu

Âulographe communiqué par madame la marquise de Mornay

A :.I. DE MONTCIIEVREUIL (1G8I). 193

noiiiTiture à sa mauvaise cuisse. Nous savons par expérience qu'en même temps il cuit T humeur qui sort de temps en temps de sa fistule, et Ton peut espérer qu'en mettant les chairs en état de faire la coction, le fond en étant bon, elle pourroit guérir toute seuie par la force de la chaleur naturelle qui sera augmentée par celle des eaux de Baréges qui est douce et bénigne, qui ne l'allume que pour un moment, qui ne l'empêche point de dormir et qui en un mot ne sauroit lui nuire. Baignez-le donc en dépit de tous ceux qui s'ennuient, et ne le tenez dans le bain que tant que sa raison et sa patience peuvent l'y faire demeurer, car quand Tinquiétude le prend et la soif violente, son sang s'échauiTe plus que son bain ne lui profite. La Guttère^ se moque de dire qu'il le faut cesser si l'on n'en voit le succès dans un mois ; on n'envoie à Baréges que pour des maux visibles, comme des calus à fondre, des plaies k rouvrir, ou des membres retirés que le bain amollit ; mais le mal de M. du Maine est d'une autre nature : il faut le fortifier en rappelant la chaleur dans une partie qui a été presque partdytique, et en fondant les empêchements qui s'y peuvent trouver. Tout cela se passe en dedans, et bien loin de le fortifier, il doit l'afTolblir un peu. Si, malgré ce raisonnement, vous le voyez se fortifier, croyez que ce n'est pas par Baréges, mais seulement l'effet de la règle où il vit présentement : il se couche de bonne heure, il dort bien, il mange sainement; il est d'âge à se fortilier tous les joui.-, et

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