‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 151 sur 337 · Autographe communiqué par madame la marquise de Mornay · texte numérisé non relu

Autographe communiqué par madame la marquise de Mornay

2. Le roi marciiait à la lèle dune armée comme pour une conquête.

A M. LE DUC DU MAINE ' i G8 P . 2i\

«tes heureusement sauvé du mélange du sang qui arrive d'ordinaire aux gens de votre espèce, et que, de quelque côté que l'on vous regarde, on vous trouvera la noblesse, du courage, et de l'esprit; c'est une singularité bien avantageuse, mais qui vous engage aussi à en bien profitera

Je ne vous parle point de ma douleur; vous êtes de trop bon naturel pour ne l'avoir pas ressentie par vous-même; pour mademoiselle de >'antes^, elle a été touchée comme à vingt ans et a reçu les visites de la reine, de madame la Daupliine et toute la cour d'une grâce merveilleuse; tout le monde l'admiroit; mais j'avoue que j'ai payé trop cher ces louanges pour les avoir ressenties; tous les lieux ici où j'ai vu cette pauvre petite me touchent si sensiblement que je suis bien aise d'entreprendre un voyage qui par lui-même est le plus désagréable du monde, dans l'espérance que la dissipation me diminuera un peu les vapeurs qui ne me quittent point depuis la perte que nous avons faite.

1. D'après madame de Caylus, madame de Tluanges n'admettait que deux maisons nobles en France, les Mortemart et les La Rochefoucault; « et si elle ne disputoilpas au roi l'illustralion, elle lui disputoit quelquefois l'ancienneté, parlant à lui-même. » Voilà comment le duc du Maine se trouvait « sauvé du mélange du sang qui arrive d'ordinaire aux gens de son espèce; d de sorte que le double adultère du roi et de madame de Montespan n'était qu'une sorte de mariage de la main gauche, dont elle et ses enfants n'avaient qu'à s'honorer. Comment pouvait-on dire tout cela à un enfant de onze ans, et comment pouvait-il le comprendre?

2. Mademoiselle de Mantes était la sœur de mademoiselle de Tours qui venait de mourir. Elle avait huit ans. Toute la cour lui fil une visite de condoléance, la reine aussi!

212 CORRESPOÎÎDANCE GENERALE.

Je crains bien que cet éloignement ne retarde encore l'arrivée de vos lettres.

Je mande à M. le marquis, qu'il peut prendre ses mesures pour votre retour selon qu'il jugera à propos, mais je crois que vous en serez un pou moins pressé quand vous saurez que le roi ne sera de retour que dans six semaines. En cas que vous reveniez devant, vous trouverez l'hcitel de Longueville* en état de vous recevoir.

Page 1