‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 156 sur 337 · Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conches · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conches

A M. d'aubigné (1681). 217

conde fois vous attendre, et dont je me serois dispensée si M. Yielte avoit été aussi exact à me faire tenir vos lettres que vous l'êtes à m'écrire. Je le chargeai en partant de vous mander que, puisque je ne saurois plus avoir la joie de vous recevoir chez moi, je vous conseille de venir tout droit par Orléans, le chemin de Chartres n'étant bon qu'en été. Je n'apprends rien qui ne me confirme dans cette pensée, et l'état où est madame votre femme me fait souhaiter avec impatience de vous savoir à Paris; l'air lui en sera bon; elle y verra ses proches; et M. Fagon la gouvernera ; venez donc à petites journées le plus tôt que vous pourrez : et qu'elle se mette au lit en arrivant dans toutes les hôtelleries. J'espère que l'envie qu'elle a d'être à Paris lui donnera du courage pour y venir; je vous plains autant qu'elle de vous trouver dans de tels embarras; le violent accès qu'elle a eu au quatrième me fait espérer que sa fièvre finira par le cinquième, au moins cela arrive souvent. La volonté de Dieu soit faite ! Deslandes est dans un déplaisir de son mal, et dans une frayeur que vous ne le preniez, qui augmente fort l'amitié que j'avoispour lui. Il est à Maintenon; mais si je ne reçois de vos lettres bientôt par lesquelles vous me mandiez que vous partez pour venir à Maintenon, je lui manderai de venir vous attendre à Paris.

Adieu, mon cher frère, ne vous laissez point abattre; tout le monde essuie des contre-temps; songez aux plus misérables; j'embrasse madame d'Aubigné.

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