‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 162 sur 337 · Qu'elle lui rendît {compte · texte numérisé non relu

Qu'elle lui rendît {compte

et Marie-Madeleine feroit la même chose sur les pensionnaires.

N'ayons point regret à une personne de plus ou de moins; si nous réussissons, noire argent aura été bien employé, et jamais nos pauvres ne feront bien si on ne les garde à vue et si on ne les accoutume à un travail continuel sans jamais les détourner, sous quelque prétexte que ce soit. Si vous approuvez ce que je vous propose, traitez un peu bien cette fille, afin de la garder, et faites servir les pauvres jour par jour, afin qu'elles ne sortent jamais de l'ouvroir : ce seroit une maîtresse qui , sous madame de Saint- Pierre et vous, nous soulageroit du soin de cette maison-là.

Quant aux pensionnaires, j'aurois le même zèle que vous, et j'en aime la quantité; mais vous êtes peu pour en avoir tous les soins nécessaires, et c'est pour cela que j'en désirois l'autre jour d'un peu grandes pour avoir soin des petites. Louison avoit une chemise la dernière fois qui me fit pitié et mal au cœur. Si la fille du déluge nous demeure, je crois qu'ail faudroit charger Marianne des bardes de toutes les pensionnaires, c'est-à-dire d'une vue générale, car j'aime fort que les plus grandes soient chargées des plus petites, pourvu que Ton ne s'y fie pas entièrement. Il faut prendre de mademoiselle de la Harteloire* tout ce qu'elle nous voudra donner, mais elle est dans un état bien incertain. J'ai

1 . Parente de Scarron dont nous avons déjà parlé, et qui était à moitié aveugle.

bien consulté pour elle, assurez-la que je ne l'oublie pas.

Je ne puis vous dire à quel point je lus contente et surprise de Textrême douceur et complaisance de madame de Saint-Pierre, qui me confirma ce que je vous disois un moment auparavant, qui est que les gens dont l'esprit paroît le plus brusque et le plus ferme sont souvent les plus doux.

Tous êtes admirable de vous louer de tout ce qui vous environne ; je ne laisserois pas de vous plaindre si vous ne souffriez pour Dieu, et si vous n'aviez une compagne qui me paroît connoître tout votre mérite. Vous êtes persuadée du sien et contente de son amitié : voilà de quoi se consoler de tout. Dites-lui que j'ai son peloton et un dé d'argent; je reporterai l'un et l'autre le plus tôt que je pourrai. Je la prie de m' envoyer la dépense qu'ont faite mes pauvres depuis le mois de janvier, c'est-à-dire depuis que nous les avons : car il faut faire tout en ordre et compter tous les mois. Je lui demande quelque régal mardi pour nos sœurs de la charité, et d'avoir un campos toute l'après-dînée, à condition que mercredi, après avoir pris des cendres, elles commenceront un carême régulier en tout. Je crois que madame de Saint-Pierre a songé à des fèves et à des pois qui cuisent.

LETTRE CGLXXIV

A M. L'ABBÉ GOBELIX^.

A Saint-Germain, ce 7 février 1682.

La lettre que je vous envoie vous fera voir ce que je désire pour l'image ; j'en fais cas pour les reliques qu'elle a touchées. Jai bien envie d'avoir l'honneur de vous voir et vous me ferez plaisir de venir dès que vous le pourrez, sans pourtant quitter la moindre de vos affaires; car ce que je vous veux dire n'est pas pressé. Si vous me vouliez marquer le jour que vous viendrez, vous me mettriez l'esprit en repos.

Je crains que vous ne veniez un jour que je serai à Ruelles ou à Versailles.

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