Manuscrits des Dames de Saint-Cyr
2, Maniiscrils de mademoiselle d'Aumalc.
mais je vous demande qu'elles aient leur soûl de pain. Je vous envoie du beurre pour elles, cela sera d'un grand secours. Voilà aussi l'argent que je dois de reste du mois passé, et quelque avance pour celuici. J'ai une grande impatience de voir leur travail, et si Tordre est établi dans l'ouvroir. J'ai des tabliers pour elles, mais je veux leur donner moi-même, et voir si elles ont bien du potage, car je vous dirai librement que je ne leur ai jamais vu la moitié de ce qu'il leur en faut, et que j'ai quelque soupçon qu'elles meurent de faim. J'ai trouvé leur nourriture bien ordonnée sur le mémoire que vous m'avez envové, et une épargne qui me ravit; mais les ouvriers de Ruelles me paioissent ruineux.
J'envoie cbercber mademoiselle de Mursay ; à cette heure je la crois un peu reposée. Je vous prie de dire à mademoiselle de la Harteloire que je ne Tuiiblie point, et que je consulte souvent son mal. Je l'enverrai quérir aussitôt que le temps sera un peu plus doux. Présentez ces six pots de confitures à madame Hatte \ je vous prie, de ma part, et mandez-moi bien des nouvelles du logis. M. de Riau, procureur du roi à Paris, m'a fait demander de mettre avec vous une sœur ursuline qu'il a, dont il paye la pension, et il me fait espérer qu'il me feroit donner des amendes, si nous lui faisions ce plaisir-là. Je n'ai rien répondu, voulant vous en parler, et ne désirant que ce qui peut vous être agréable et utile à nos petits desseins.
Adieu, madame, je suis assurément fort à vous et â votre chère amie.