Autofjroplie du cabinet de M. Feuillet de Conrlies
3. Le marquis d'Aubigné de Tigny, depuis maréclial de camp et gouverneur de Saumur; l'abbé d'Aubigné de Tigny, depuis évêque de Noyon, arclievèque de Rouen. Ils descendaient, comme Agrippa et les siens, de Thibaut d'Aubigné, seigneur de la Jousselinière et de la Touche, qui vivait en 1460. Il sera souvent (luestion de ces deux personnes dans les lettres de madame de Maintenon, qui a eu une longue correspondance avec l'arclievèque de Rouen.
4. Cette terre cVAubigné ou d'Aubigny était située dans l'Anjou, près du Lude.
rentrer dans quelqu'une de ces terres qui seront à bon marché. Ils prétendent que vous auriez les deux premières pour quarante mille écus. Mandez-moi si vous avez d^autres vues ou si vous voudriez que je suivisse celle-là. L'argent que vous devez toucher à la fin de l'année, les vingt mille francs que j'ai à vous, et le bien de madame d'Aubigné qui ne sauroit être mieux remplacé, vous feroit entrer aisément en possession; car l'argent comptant n'est pas commun.
Il me semble qu'il y a longtemps que je n'ai reçu de vos nouvelles ni de celles de madame votre femme. Je me porte à mon ordinaire, souvent la migraine et jamais d'autres maux. Il n'y a rien de nouveau ici, si ce n'est que M. le duc du Maine a eu le gouvernement de Languedoc par la mort de M. de Verneuil * dont on prend le deuil dimanche pour quelques jours. On dit c[ue nous passerons l'hiver à Versailles, Saint- Germain n'étant pas prêt.
LETTRE GCLXXXIII
Mai 1682.
Que l'on m'envoie tout le chanvre qu'on aura filé, quand toutes fileront du lin, et qu'Andrée y apporte un grand ordre, afin qu'il n'y ait rien de perdu.
1. M. de Verneuil était un fils naturel de Henri lY et de la marquise de Verneuil; il mourut le 28 mai 1682, âgé de 81 ans. Le duc du Maine fut en effet nommé gouverneur du Languedoc le 4 juin, avec le duc de Noailles pour lieutenant.
?. Manuscrits de mademoiselle d'Aumale.
A MADAME DE BUINON (1682). 239
Je vous prie d'entreprendre la fille de notre paysanne pour la bien instruire sur la religion et sur la morale, car je voudrois pouvoir la renvoyer avec sa mère. En l'instruisant tout haut, les autres en profiteront. Vous m'avertirez quand vous jugerez qu'il faudra les renvoyer, car auparavant, je veux faire une épreuve de ce qu'elles pourront gagner. Si la grande Dosy se tourne à bien, elle pourra vous soulager; la ressemblance de sa mère me fait peur. Je n'ai pas encore reçu de réponse sur la petite de Sourches. Si la fille de mademoiselle de Scudéry étoit telle qu'on vous la représente, on seroit trop heureux de l'avoir. Je crains que vous ne fassiez votre maison trop grande ; elle roule tout entière sur vous, et si vous étiez huit jours malade, il n'y a point de petite fille que Ton ne dût retirer. Voilà mes craintes; faites du reste ce que vous jugerez à propos.
La nourriture des pauvres va fort bien ce mois ici , pourvu qu 'elles aien t mangé leur soûl ; je vous prie qu'on leur fasse du pain plus bis, et qu'elles en aient assez, non-seulement pour vivre, mais pour croître.
J'enverrai au premier jour mon carrosse pour amener la Bonne ^ et mademoiselle de la Harteloire ; l'une pour passer huit jours ici, l'autre pour faire traiter son œil.
Le désordre de votre horloge me fit revenir l'autre jour de deux heures plus tôt que je ne le voulois.
Adieu. M. le duc du Maine a le gouvernement de Languedoc^, et j'espère qu'il en reviendra quelques