Manuscrits de mademoiseUe d'Aumale
3. La cour se disposait à aller à Chambord, et madame de Maintenon, pendant ce voyage, laissait mademoiselle de Mursay à Rucil.
no faisois pas les miennes ; j'ai remis à Chartres où nous allons \ et elle n'avoit pas la même raison, outre qu'elle est en meilleur état que moi pour approcher des sacrements.
Je vous prie qu'elle lise ses livres espagnols ; qu'elle joue de la guitare et du clavecin, et surtout que les petites filles ne gâtent pas ses instruments. Ne vous relâchez point, je vous prie, sur leur instruction et sur leur travail ; les ohjets de nos peines sont has, mais peut-être que Dieu y sera plus glorifié que dans des sujets plus éclatanls.
Mademoiselle de Mursay viendra peut-être à Fontainebleau. Écrivez-moi souvent; vous n'avez qu'à envoyer vos lettres à M. Bontemps- ou à madame de Montchevreuil : ils seront l'un et l'autre ici.
Je serois très-aise de plaire à madame de Bonnevaut, car je l'estime et je suis persuadée de son bon goût; assurez-la bien que la cour ne contente pas plus pleinement que la philosophie, et qu'un jour bien passé, par rapport à Dieu, est plus délicieux que ceux qui le paroissent tant à ceux qui le voient de loin.
Que n'aurois-je point à dire à madame Savary^, sur la galante et spirituelle lettre qu'elle m'a écrite? Je voudrois y répondre par mon esprit comme je fais par mon cœur; mais, ma très-chère, je suis accablée de soins, de visites et de préparatifs de voyages. Ré-
1. La cour devait passer par Chartres pour aller à Chaoïbord.