‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 20 sur 337 · Raturé dans l'autographe · texte numérisé non relu

Raturé dans l'autographe

A M. n'AURIGNÉ (1678). 21

Vous trouverez peul-èti'e bizarre qu'une femme qui n'a jamais été mariée* vous donne tant cVenseignemenlssur le mariage; mais j'ose vous dire que la confiance que l'on a toujours eue en moi et mon expérience par tout ce que j'ai vu m'ont fait voir que Ton se rend souvent malheureux par des bagatelles qui , revenant tous les jours, font à la fin des grandes aversions. J'ai une extrême envie que vous soyez heureux ; et il n'y a rien que je ne lisse pour y contribuer.

A l'égard de la dépense, réglez-la et comptez, mon cher frère, que ce n'est que notre vanité qui nous rend nécessiteux. Si vous ne vouliez qu'un bon lit, qu'autant à manger qu'il vous en faut, qu'être habillé selon votre condition, qu'un équipage pour ne pas aller à pied, vous et tous tant que nous sommes aurions assez de bien. L'état où vous avez été doit vous faire goûter celui ou vous êtes, et doit aussi vous mettre à couvert de la vanité dontje vous parle, car vous attirez déjà assez l'envie [de tout ce qui vous a vu misérable^,] sans ajouter des dépenses et des airs de grandeur qui vous ont attiré mille ridicules; vous n'avez jamais été plus moqué que par les gens à qui vous donniez des repas magnifiques.

Je vous aiderai en tout quand vous ne mangerez que votre revenu, et votre famille me sera comme la mienne; mais elle me deviendra étrangère, dès que je vous verrai prendre un ton qui vous ruinera et

1. Il est impossible do tlire plus claii-emcnt {lucllo sorte de mariage mademoiselle d'Aul)ipné avait fait en épousant Searron.

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