‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 268 sur 337 · Nous n'avons point celte lettre · texte numérisé non relu

Nous n'avons point celte lettre

A M. d'aubigné (1684). 355

nue, nous serons longtemps ensemble ' ; Lafrance me sert aussi fort bien et vous m'avez fait là deux trèsbons présents.

La guerre m'afÏÏige et nous ôtera d'ici tout Tété, du moins une partie. Le roi doit partir- pour Tarmée le 10 d'avriP; madame la Daupbine a déclaré qu'elle veut aller sur la frontière pour être plus près des nouvelles; et je trouve qu'elle a raison; mais ces petites consolations-là ne m'empêchent pas de voir la guerre comme un grand malheur; il faut en tout vouloir ce que Dieu veut.

Le sac que j'ai envoyé à madame d^\ubigné est peu de cliose et est seulement très-propre à une femme grosse; comme on ni"a dit qu'elle est grande, je crois qu'elle avoil bonne mine avec cet habillement-là.

Adieu, écrivez-moi souvent et croyez que saine, malade, négligente ou soigneuse, je suis toujours la même pour vous, et que je ne changerai jamais. Chariot est un vrai original, je le mettrai bientôt au collège: il ne croit point et a beaucoup d'esprit. M. du Maine me lit hier une visile où il ne me parla que de vous.

1. Monceau devint Tintendant de madaaie de Maintenon, son homme de conQance pour toutes ses affaires temporelies, et i! demeura avec elle pendant toute sa vie.

2. Le roi devait se mettre ù la tète d'une armée qui couvrirait le siège de Luxembourg.

3. La Beaumelle ajoute : « Cela est encore bien éloigné, m i» mon attachement pour lui me le rend présent. »

LETTRE YI

A M. L'ABBÉ GOBELIN

A Versailles, ce S mars 1584.

Le roi a trouvé bon que les dames de la cour établissent une charité à Versailles pour y prendre le même soin des pauvres que l'on fait dans les paroisses de Paris; madame la duchesse de Richelieu en est la supérieure, et vous n'en aurez pas plus mauvaise opinion de notre dessein. ]STous prétendons pourvoir à toutes sortes de nécessités; mais nous nous trouvons chargées d'un certain nombre de personnes dont nous ne savons que faire : ce sont quelques estropiés hors d'état de gagner leur vie et qui chargent leurs pauvres familles; il y a aussi de ces innocentes qui courent les rues , et font offenser Dieu à beaucoup de gens. Toutes nos dames m'ont chargée de supplier M. le procureur général du parlement ^ de vouloir bien les faire mettre à l'hôpital ^ Si j'allois quelquefois à Paris, j'aurois été Ten prier, très-aise de trouver celte occasion d'avoir l'honneur de le voir. Il sait que je les ai toujours cherchées; et j'en connois si bien le prix que je ne saurois vous faire d'excuses de la prière que je vous fais d'aller chez lui le plus tôt qu'il vous sera possible.

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