Manuscrits de mademoiselle d'Àumalc
A M. PE YILLETTE (1684). b75
sei'ûil plus capable de vaincre sa paresse naturelle. Il écrit Ton mal. Nous les verrons cette semaine bien .illligés de la paix; le cadet est très-dclicat et trop occupé de sa personne; du reste ils sont de trèsbonnes mœurs et aimés de tous ceux qui les connoissent. J'aime l'aîné tendrement. Écrivez -moi souvent, et croyez que je suis incapable de vous oublier, car je suis toujours pour vous comme à Mursay. M. de Seignelay meurt d'envie de vous servir, et tout seroit bien disposé pour votre élévation, si vous leviez une occasion insurmontable; nous serions trop heureux si Dieu vous toucboit.
Je crois que vous savez que mon frère a une fille; j'en ai été ravie, et je voudrois qu'il n'en eût point d'autre pour la marier en héritière, si les bontés dont le roi mx'honore durent encore douze ans. On me demande tous les jours votre fille; je ne m'éblouirai pas pour elle et je la marierai suivant mon goût, puisque vous me l'avez donnée. Je suis inconsolable de n'en pouvoir faire une personne que trèsordinaire; mais il faut s'accommoder de ce qu'il plaît à Dieu. J'ai donné votre lettre au roi; il vous estime autant que vous pouvez désirer \ et vous pourriez bien le servir si vous vouliez; vous manquez à Dieu, au roi, à moi et à vos enfants par votre malheureuse fermeté : je le prie de vous éclairer.
J'ai été très-aise de la promotion de M. l'abbé de Lusignan. On croit madame la Dauphine grosse. La cour n'a jamais été plus grosse ni si occupée de
t. La Beaumelle met : u II vous estime autant qu'il peut estimer un hérétique. »
se divertir; la paix nous en va laisser le loisir. Je^ serois à souhait si je pouvois jouir de mon bonheur avec vous; on ne peut dîner ni y avoir le moindre commerce sans déplaire; on pousse trop loin l'aversion de votre religion, et vous poussez trop loin aussi les préventions de votre enfance.
LETTRE XYI
A M. D'AUBIGXÉ, A COIGXAC '.
A Versailles, ce 1 G juillet 1684.
Je n'ai plus rien à vous dire sur votre voyage de Paris; il me semble que je vous ai tout dit sur ce chapitre, c'est sur celui de M. Arnaud que je veux vous parler. Il a pris l'alarme sur ce que je dis à madame de Lencosme que je ne voulois plus entendre parler de lui : il m'a fait offrir par elle deux mille écus pour vous, en protestant qu'il ne vous doit rien et qu'il a satisfait à toutes les choses dont vous étiez convenus. J'ai répondu à madame de Lencosme que je ne voulois point entrer dans une affaire où il s'agit d'argent, et que si elle vouloit vous servir, elle sût de vous ce que vous prétendez de cet homme, et sur quel fondement. C'est une femme très-bien intentionnée et qui ne songe qu'à me faire plaisir; ainsi je vous conseillerois de terminer cette affaire par elle, afin d'éviter le bruit qui est toujours fâcheux.
Jenevous dirai rien depluspour aujourd'hui; il y