ÂutO(jrapJie du cabinet de M. Feuillet de Conclies
A M. d'aibigni': J1G84). 385
roux si vous tMiez occupé de votre salut, et pour moi qui vois les choses de près, je ne puis regretter «{ue vous soyez sans emploi. Je suis bien fâchée des mauvais ollices qui vous ont donné l'exclusion, et j'ai de la peine à les pardonner; mais cela étant fait, je ne puis vous trouver mal de jouir de trente mille livres de rente et de n'avoir rien à faire, étant avancé en âge et assez malsain; car, encore une fois, vous êtes le maître d'aller où vous voudrez, je ne vous interdis rien; et je me trouverois bien injuste de me servir de ma faveur pour tyranniser mon frère aine, à qui naturellement et vraisemlilablement je dois toute sorte de respects. Il ne me convient pas de vous voir souvent, et par cette seule raison, je vous ai cru mieux en province, avec un grand commerce avec moi, qu'hParis, me voyant rarement ^ Voilà ce qne je vous ai dit cent fois et que je redirai toutes les fois que je verrai dans vos lettres des traits di' chagrin et d'aigreur là-dessus. Faites donc ce que vous voudrez et croyez que je vous aime, que mes intentions sont bonnes sur tout et que je ne puis que ce que je fais.
Mandez-moi ce que Ton a réglé, il ne faut jamais se vouloir tirer des règles générales.
J'entends dire à tout le monde que votre fille est belle : je voudrois savoir si elle a la bouche aussi grande qu'elle doit l'avoir, de quelque coté qu'elle puisse tenir. Je serois bien fâchée que madame d'Aubigné eût une mauvaise santé ; mais j'aimerois assez que ma nièce fût une héritière.