Manuscrits des Dômes de Sainl-Cyr
2. On eut d'abord rinlention de prendre pour rétablissement de Saint- Cvr une abbaye de Bénédictines dite de Notre-Dame des Anges, et qui se trouvait dans ce village de temps immémorial. On fit aux religieuses des propositions de cession quelles n'acceptèrent pas. (Voir la Maiion de Saint-Cyr, cli. m.)
ANNKF- IG85. 397
ANNÉE lOSo.
On ne trouve que deux lettres de madame de Maintenon pendant les premiers mois de IGSo. Elle fut malade pendant presque tout ce temps, et on lit dans les mémoires du marquis de Sourclies :
22 janvier IG^o. — « ^ladame de Maintenon fut saignée pour un rhumatisme qui la tourmentoit depuis quelques jours, le roi témoi^mant en être fort en peine et alloit chez elle deux ou trois fois par jour. »
Mars inSo. — « Au commencement de ce mois, madame de Maintenon eut quelques accès de fièvre, lesquels n'eurent pas de suite fâcheuse et servirent seulement à faire connoître l'affection du roi, qui alloit trois ou quatre fois par jour chez madame de Maintenon. »
Dangeau ne parle pas de ces maladies, et la seule mention qu'il fait de madame de -Maintenon est celle-ci :
3 janvier 16Sd. — a Le régiment des dragons de la reine fut donné au cadet des Mursay. neveu de madame de Maintenon. Elle n'avoit pas tant demandé au roi pour lui; il servoit dans les mousquetaires depuis un an. »
Comme pour l'année précédente, les lettres de 16So sont rares : il n'y en a que douze, et la première est du mois d'avril. Madame de Maintenon aura détruit cette partie de sa correspondance qui était voisine de son mariage. Cette année est pourtant fort importante : c'est celle de la révocation de l'Édit de Nantes. On sait que les ennemis de madame de Maintenon, surtout les protestants, ont voulu faire coïncider ces deux événements, et on lit partout que cette dame avait persuadé à Louis XIV d'expier les péchés de sa jeunesse par la destruction de l'hérésie : il n'y a pas à réfuter cette calomnie ; les dates et les faits parlent d'euxmêmes.
La deuxième lettre de 1 68o est du mois d'avril et s'adresse àd'Aubigné. Celui-ci était revenu à Paris, vers cette époque, pour remercier le roi d'une pension de deux mille écus qu'il ve- 11. 34
nait de lui donner. On lit dans le Journal de Dangeau, à la date du 6 avril 1085 (t..I, p. 449) :
« J'appris que le roi avoit donné ces jours passés deux mille ëcus de pension à M. d'Aubigné, frère de madame de Maintenon. Son gouvernement de Coignac lui vaut douze mille francs, et il en a dix-huit, cinq ans durant, des fermiers généraux. Il est reparti pour Coignac. »
Les autres lettres à d'Aubigné sont curieuses et intéressantes ; madame de Maintenon y change de ton avec son frère; elle est ouverte, enjouée ; elle donne des nouvelles de la cour ; enfin elle se sent sûre d'ell i-même.