‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 37 sur 337 · Ray/^ tlans rautographe · texte numérisé non relu

Ray/^ tlans rautographe

38 CORRESrOKDANCE GÉNÉRALE.

tez pas d'elle, quoi qu'elle fasse; elle est d'un âge qui nous doit donner courage. Il faudroit qu'elle m'écrivît plus souvent et plus amplement; j'aurai la complaisance de lui faire réponse, et si elle a du sens, elle en profitera pour apprendre à écrire. Vous voyez que je ne ménage rien^ et que je suis en train d'éducation; on y seroit à moins et il paroit que je ne suis pas sans talent là-dessus.

Adieu, mon cher frère. Songez à votre salut et à vous réjouir; vous n'avez plus que cela à faire, et il y a bien des gens qui voudroient être de même.

LETTRE GLXXI

:sOTE PRÉLIMINAIRE

On ne trouve aucune lettre de madame de Maintenon du mois de mai au mois d'octobre 1678. Elle continuait à demeurer à la cour, mais elle était de nouveau en grande aigreur avec madame de Montespan. Celle-ci, enceinte pour la septième fois, accoucha secrètement d'un fils, le comte de Toulouse, le 6 juin 1678. Gomme pour mademoiselle de Blois, le roi n'osa pas demander à madame de 3Iaintenon de faire l'éducation de ce nouveau témoignage de sa faiblesse. Mademoiselle de Blois et le comte de Toulouse furent cachés et nourris par la femme de l'intendant de M. Le Teliier. lis furent légitimés en novembre 1681, et parurent à la cour en 1684.

Le comte de Toulouse fut le dernier enfant de madame de Montespan. A partir de cette naissance, le roi se lassa définitivement d'elle; mais son goût pour les femmes ne cessa point, et nous le verrons l'année suivante se passionner pour une nouvelle favorite, mademoiselle de Fontanges. Cependant Bossuet, Bourdaloue et les autres per-

A M. l'abrî: gobelin (1678). 39

sonnages du parti pieux ne cessaient pas leurs exhortations; madame de Maintenon, qui prenait de plus en plus de l'ascendant sur son esprit, ne ménageait pas les siennes; les désordres du prince étaient mêlés d'accès de dévotion, et l'on pouvait prévoir que les conseils de la piété et de la raison finiraient par l'emporter.

Il n'y a dans les lettres de madame de Maintenon, en 1678, rien qui se rapporte à tout cela : elle ne semble en ce temps occupée que de son frère et surtout de l'éducation de sa belle-sœur. D'Aubigné ne resta que six mois à Cognac, et dès le mois de novembre, il revint à Paris avec sa femme, avec l'intention d'y rester au moins un an. Il prit logement d'abord dans Tliôtel du Maine (voir page 41), ensuite dans la rue appelée alors Sainf-Pére, et que nous nommons aujourd'hui des Saints-Pères.

A M. L'ABBÉ GOBELIX i.

A Versailles, ce 6 octobre 167S.

J'ai donné le placet dont vous m'aviez chargée, lequel a été renvoyé par quatre raisons. La première est la difficulté que le roi fait pour les nouveaux établissements des maisons religieuses ; la deuxième l'amortissement qu'elles demandoient ; la troisième le droit de lods et vente de l'abbaye de Saint-Denis dont le roi ne peut disposer en conscience ; et la quatrième le peu d'argent qui lui reste des économats que l'on emploie tous pour la conversion des huguenots.

Je crois même que cette dernière demande a nui aux autres; car il n'est guère raisonnable d'établir un hôpital pour lequel on demandât avant qu'il soit fait. Voilà, monsieur, ce qu'on m'a répondu. Je suis

Page 1