II. G
VOUS l'entendrez; outre la complaisance que j'aurois pour vous, j'y suis si peu que vous devez ne guère penser à moi. Je n'ai pu aller à Paris, comme je vous i'avois dit, j'ai eu mille embarras qui seroient trop longs à vous dire. M. du Maine se porte Lien; mademoiselle de Nantes a la fièvre ; vous voyez les deux autres qui ne sont pas en bon état. Sachez, je vous prie, qui a fait faire les plumes de mon lit, afin que je sache à qui je les dois. Je suis bien fâchée de n'avoir pu mener madame d'Aubigné au camp ^; je n'ai pas eu un moment pour y aller voir M. de Noailles qui m'en avoit conviée. Madame du Breuillac m'a dit qu'elle avoit voulu y amener ma belle-sœur; elle auroit bien fait d'y venir, et tout ce qu'elle fera avec madame du Breuillac sera bien : c'est une trèshonnête femme et qui a de l'esprit^; il n'importe pas tant aux jeunes personnes d'aller avec des gens d'un bon air pour le monde que d'être vues avec des prudes: c'est là le principal. Je fus ravie de la trouver au cours avec madame de la Porte. Nous partons de demain en huit jours pour Fontainebleau; si madame d'Aubigné veut venir la semaine qui vient, elle le peut.
Adieu, mon ami.
1. Le camp de Houilles où le roi avait fait réunir les troupes de sa maison. 11 était commandé par le duc de Noailles, capitaine de la première compagnie des gardes-du-corps. Madame de Sévigué (t. V, p. 552) parle de la magniûcence qu'où y déploya. Le roi y alla le 2 août,
2. Madame de Maintenon a longtemps eu auprès d'elle une fille de cette dame, et dans son testament elle lui laissa une pension de 300 livres. Voir dans les Lettres hist, et édif., t. II, p. 271.
A M. d'aubignî: (1670). 63