II
no CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.
l'on trouve en tête de la première dans les manuscrits des Dames de Saint-Louis.
(.Cette dame avoit été obligée de sortir de son couvent, à cause qu'il était tombé dans une pauvreté extrême. On en sépara les religieuses, et madame de Brinon vint demeurer aux environs de Montchevreuil, où madame de Maintenon la vit et goûta son esprit et sa piété. Cette religieuse voulant s'adonner, suivant Tesprit de son institut, à l'éducation des filles, madame de Maintenon lui donna des pensionnaires, et pour l'avoir plus près d'elle, elle l'engagea à s'établir près de Paris. La religieuse s'étant associé deux ou trois autres du même ordre, établit sa pension près de 3Iontmorencv et la forma des filles que madame de Maintenon lui confioit. Au bout de deux ans, madame de Maintenon la trouvant trop éloignée, la transféra à Ruelles, afin d'être plus à portée d'aller visiter plus souvent cette école, et veiller à l'éducation qu'on y donnoit aux enfants. »
A MADAME DE BRIXOX, A MOXTMORENXY K
A Fontainebleau, ce SOjuin 1680.
Je reçois toujours vos lettres avec plaisir, madame, quoique je n'y réponde pas aussi régulièrement que je le désirerois, et je me souviens très- souvent, et de votre mérite, et de Tamitié que vous avez toujours eue pour moi. Nous en parlons avec vos amies qui sont ici, et qui y réussissent à merveille. La marquise ;de Montchevreuil . a été malade, le marquis est en parfaite santé. Je vous supplie, madame, de vouloir recevoir les deux petites filles que je vous envoie, et de les instruire comme ayant à servir. Il faut, s'il vous plaît, qu'elles apprennent leur religion, à lire en françois, à écrire et à compter, et du reste à ser-
1, Manuscrits des Dames de Saint-Cyr.
A M. d'aubigné (1680). Hi
vir à tout ce qu'il y a de plus grossier, autant que leur ago le peut permettre. Il me semble que vous m'avez dit que vous preniez cent francs de pension; je compte là-dessus, et vous en serez bien payée ; j'aurois pu les mettre pour vingt écus à Maintenon, mais je les crois mieux cbez vous, et je suis bien aise de partager le peu de charités que je puis faire. Adieu, madame, écrivez-moi quand vous le pourrez, faites prier Dieu pour nous, et croyez que l'on ne peut vous estimer et vous aimer plus que je le fais.