Autographe da cabinet de M. de Cambacérès
A M. l'archevêque DE PARIS (1697). 17 J
sortes de conférences, l'affaire se terminera et bien vite et bien heureusement. Le bon père a ajouté qu'il falloit continuer cet examen sans rien faire à Rome. J'ai répondu, et peut-être avec trop d'ouverture, que la chose n'étoit plus en ces termes; que vous aviez fait, monseigneur, toutes les consultations que M. de Cambrai avoit désirées; que toutes condamnoient le livre et que vous ne pouviez plus différer à rendre cette réponse au roi. Ensuite le bon père a entré dans le fond de la doctrine, et je n'ai plus eu qu'à l'écouter et à me taire.
M. de Meaux travaille à dresser la déclaration \ et me paraît bien content du parti que vous prenez de faire une ordonnance. Je ne suis pas surprise, monseigneur, de ce que M. le duc de Beauvilliers ne vous a pas contenté sur le livre de M. de Cambrai; mais pour lui, ne sera-t-il pas soumis à votre décision? Et quand vous censurerez le livre, ne le regarderat-il pas comme il a fait de ceux de madame de Guy on, dont il se défit dès que son archevêque * les eut défendus? Celui que nous avons présentement ne diminue pas la déférence due à son autorité. Aussi suis-je persuadée que M. de Beauvilliers se soumettra sans hésiter.
Je serai lundi à Versailles prête à vous recevoir
1. M. de Cambr&i avait publié une ordonnance pastorale, où il essayait de justifier son livre et sa doctrine. MM. de Meaux, de Qiartres et de Paris lui répondirent par une déclaration où ils dévoilaient toutes ses erreurs. Alors Fénelon se décida à soumettre son livre au pape et il demanda, comme nous le verrons dans les lettres suivantes, d'aller le défendre à Rome.