‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 179 sur 418 · Autographe du cabinet de H. de Cambacèrès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de H. de Cambacèrès

2. La consultation qu'elle fit, en 1694, sur les livres de madame Guyon. (Voir t. III, p. 406.) Nous n'avons donné que la lettre écrite par madame de Maintenon à M. de Noailles, alors évèque de Ghâlons, et la réponse de celui-ci.

LETTRE IX (La B.)

A Versailles, ce 4 mars 1698.

J'établis ma nièce; la chose est faite; ainsi dépêchezvons; il me faut vite un compliment^. Il en coûte à mon frère cent mille francs, à moi ma terre'*, au roi huit cent mille livres ; vous voyez que la gradation est assez bien observée. M. le duc de Noailles donne à son fils vingt mille livres de rente, et lui en assure le double après sa mort. Le roi, qui ne sait pas faire les choses à demi , donne à M. d'Ayen la survivance des gouvernements de son père. Voilà une belle alliance : le maréchal en mourra de joie; son fils est sage ; il aime le roi et en est aimé ; il craint Dieu et il en sera béni; il a un beau régiment, él on y joindra des pensions ; il aime son métier, et il s'y distinguera. Enfin, je suis fort contente de cette affaire. Quand mademoiselle d'Aubigné naquit, je ne prévis pas tant de bonheur. Elle est bien élevée ; elle a plus de prudence qu'on n'en a à son âge ; elle a de la piété; elle est riche; trouvez- vous que madame de Noailles fasse un mauvais marché? Je crois qu'on est fort content de part et d'au-

1. Cette lettre ne se trouve que dans la collection de La Beaumelle (éditi de Nancy, t. II, p. 80; édit. d'Amsterdam, t. Il, p. 150). Louis Racine l'annote : m'est inconnue. Au style seul on en reconnaît la fausseté. D'ailleurs, je répèle que madame de Maintenon n^écrivait pas à madame . de Saint-Géran , disgraciée et exilée ; nous allons même la voir parler de son retour à la cour avec une sorte de moquerie ou d'indifférence.

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