‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 210 sur 418 · Manuscrits des Dames de Saint-Cyr · texte numérisé non relu

Manuscrits des Dames de Saint-Cyr

2, Autographe du cabinet de M. de Cambacérès.

A M. L'aRGUEYÊQUE DE PARIS (1698). 245

bien rude ^ Si j'ai pensé plus fortement que je ne vous Tai montré sur la longueur de l'affaire de M. de Cambrai, c'est que je voyois le mauvais effet que cela faisoit dans le public ; mais en môme temps je comprenois vos raisons' et voyois votre charité. De plus, je gais combien je dois soumettre mes vues aux vôtres, et je n'aurai jamais de peine à cette déférence. Quant à ce qui regarde les dispositions du roi à votre égard , vous en serez parfaitement averti, et c'est avec un grand plaisir que je le vois tous les jours s'accoutumer à vous et vous consulter avec une entière confiance. Je renvoyai votre déclaration avec tant de diligence que je ne pus vous mander la réflexion qu'elle me fit faire, qui est que vous entrez si fort en matière que je ne sais ce qui restera pour l'instruction que' vous préparez. J'ai reçu une lettre de M. le cardinal de Bouillon, qui m'exhorte à finir cette affaire-ci. Je lui répondrai en général que ce n'est pas à moi à m'en mêler. De quelle façon qu'elle se traite, il me semble qu'il y aura sujet de s'affliger. Si M. de Cambrai est condamné, c'est une flétrissure dont il aura peine à se relever; s'il ne l'est pas, c'est un considérable prolecteur pour le quiétisme ^.

J'ai voulu voir M. deBeauvilliers pour nous affliger ensemble. Je suis très-édifiée de tout ce que je

1. La Beaumellc ajoute : « Miseris succurrere disco, n Madame de Maintenon De citait point de latin et n*en savait que fort peu.

2. Tout ceci démontre que madame de Mainlenon ne mit pas à faire condamner M. de Cambrai l'acharnement et la passion dont ses ennemis Tout accusée.

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vis en lui ; mais M. l*abbé de Langeron et M! du Puis ae lui tiennent guère moins au cœur que M» de Cambrai. M. Tévéque de Chartres m'écrit qu'on lui fait quelque proposition qui pourroit peut-ôtre contenter 4 Dieu le veuille, et que cette triste affaire puisse finir le plus tôt et le plus doucement qu'il sera possible I

Je vous avertis^ monseigneur, que le roi voudroit que Marly fût pour tout cet été du diocèse de Char-* très ; vous savez bien pourquoi.

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