‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 223 sur 418 · Autographe du cabinet de M. de Gambacérès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. de Gambacérès

A M. L'ARCIJEVÊQUE DE PARIS (1698). ^26[

dans les années suivantes, et que son prédécesseur avait solennellement approuvé. C'était l'œuvre du père Quesnel, prêtre de l'Oratoire, retiré en Hollande auprès de M. Arnauld, et regardé comme l'un des chefs du jansénisme. Quand M. de Noailles eut été élevé au siège de Paris, on discuta le livre qu'il avait si chaudement recommandé, et l'évoque de Chartres, le directeur si intime de Madame de Maintenon, en prit l'un des premiers l'alarme. « 11 fit examiner le livre, dit Languet de Gergy, par plusieurs docteurs, et ceux-ci en firent un extrait de deux cents propositions qu'ils jugèrent répréhensibles... Il ne laissa pas ignorer à M. de Paris combien l'approbation des Réflexions morales le rendoit suspect à ceux qui avoient de l'horreur pour la doctrine du jansénisme. L'archevêque ne put se résoudre à toucher à un livre qu'il avoit approuvé si solennellement; il sut même mauvais gré de ces avis aux jésuites qu'il croyoit être la cause des soupçons qu'on formoit contre sa doctrine... » [Mémoires^ p. 413.)

Nous allons voir que ces soupçons couraient déjà dans le public, et que madame de Maintenon en avertit le prélat.

A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS <

Fontainebleau, 13 octobre 1698.

J'allai hier à Melun voir une fille^ qui a été à Sainl- Gyr et qui est présentement fille de la Visitation. Elle me parla un moment de M. de Cambrai qu'elle a connu, et tout de suite elle me tint ce discours : « A propos de nouveautés, on dit que le roi et vous « vous avez été bien trompés sur M. l'archevêque

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