Autographe ÛG la bibliothèque du Louvre
Cambrai. Je vous Tenvoie dans ce paquet pour que vous voyiez le détail de tout. Elle est laline ; quelque père de la mission vous l'expliquera*. Voilà une affaire finie présentement; j'espère qu'elle n'aura plus de suites qui fasse de la peine à personne^. Je ne saurois vous en dire davantage à cette heure ; ce sera pour à ce soir^.
1. C'est-à-dire l'un des prêtres qui desservaient Saint-Cyr. Madame de Maintenon était dans cette maison quand elle reçut ce biUet de Louis XfV.
2. Ce passage est à l'adresse de madame de Maintenon, qui ayait eu tant de chagrin de cette affaire. (Voir plus haut, p. 236.)
3. On lit dans le Journal de Dangeau : « Le courrier de Rome qu'on attendoit arriva le matin ; il apporta la condamnation du livre de M. de Cambrai, dout U y a vingt-trois propositions qualifiées avec les mots de dangereuses, de téméraires et d'erronées. Le pape excommunie tous ceux qui le liront ou qui le garderont chez eux. Le roi dit cette nouvelle à Monsieur à son dîner, et M. de La Rochefoucault, à qui le roi en parla en allant au sermon, tint des discours très-honnôtes sur M. de Cambrai, assurant Sa Ma> jesté qu'il se soumettroit sans hésiter. On prétend même que sa lettre pastorale sur ce sujet est déjà faite, parce qu'il y a quelque temps déjà qu'il prévoit sa condamnation, n (T. Vif, p. 52.)
Saint-Simon ajoute : « M. de Cambrai apprit presque en même temps son sort... H alloit monter en chaire ; il ne se troubla^point; il laissa le sermon qu'il avoit préparé, et sans différer un instant de prêcher, il prit son thème sur la soumission due à l'Ëglise ; il traita cette matière d'une manière forte et touchante, annonça la condamnation de son livre, rétracta son opinion qu'il y avoit exposée, et conclut son sermon par un acquiescement et une soumission parfaite au jugement que le pape venoit de prononcer. » (T. IV, p. 95.)