LETTRE LV
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS 2
A Marly» ce 22 août 1 699.
J'ai montré votre grande lettre au roi, monseigneur, qui est propre à faire tous les bons effets que vous désirez. Il est bien résolu d'acquitter le vœu du feu roi ^.
La mort de madame d'Espinois a surpris, et c'est tout *. On se défait des idées tristes le plus tôt qu'on peut ; et j'ai vu plus de gens résolus à se faire saigner de temps en temps qu'à faire une bonne confession.
Le roi n'a rien répondu sur les chanoines de Saint* Ruf ; mais je crois voir en tout qu'il reçoit toujours ce qui vient de vous avec respect et déférence.
1 . On lit dans une lettre du marquis de Lassay qui date probablement de 1695 : « J'allai souper chez madame de Caylus, où il n'y avait que le comte de Fiesque, l'abbé de Busay et mademoiselle de Grammoot ; ils me dirent que madame de Caylus avoit joué la désespérée tout le jour; cependant, sur la fin du souper, elle noya sa douleur dans le vin et dans Teau-de-vie brûlée, et le comte de Fiesque chanta des chansons de Blot ; on parla pourtant encore un peu du duc de Villeroy. » (T. II, p. 39.)