Autographe du cabinet de H. de Cambacérès
3. On lit dans le Journal de Dangeau, le 17 noyembre : « Le soir, Sa Majesté Gatliolique alla ches madame de Haintenon, et après avoir été quelque temps enfermée arec le roi, il a joué à de petits jeux à courre et à danser aux chansons avec madame la duchesse de Bourgogne et ses dames, et a un peu quitté sa gravité qu'il a déjà en public, comme s'il étoit né à Madrid. »
A H. LE CARDINAL DE N0A1LLES (4700]. 34S
pour la France, si l'on avoit voulu exécuter le traité ' . L'empereur vient encore de confirmer le roi dans l'opinion qu'il a pris le bon parti , car il a refusé de signer ce traité. Dieu conduit toUt, il n'y a qu'à s'y abandonner. Le comte d'Ayen va en Espagne avec presque autant de joie qu'il alloit à Rome. Madame la duchesse de Noailles a consenti à tous ces voyages de fort bonne grâce. Je doute que M. le duc deBeauvilliers puisse le soutenir tout entier; sa santé est en mauvais état. On donne un jésuite au roi d'Espagne ^, quoique leur coutume, à ce qu'on dit, soit d'avoir des jacobins ; mais on a dit au roi que les jésuites sont les meilleurs, par l'opposition qu'ils ont pour le jansénisme. Ceci entre nous. Ce confesseur n'est pas encore nommé. Le marquis d'Harcourt est ambassadeur et duc. Il demeurera quelques années auprès du jeune roi. Du reste, il mène deux gentilshommes de la manche, quelques valets de chambre, trois ou quatre officiers pour lui donner à manger à la française, et trois ou quatre valets de pied. Tout cela ne doit aller qu'a huit ou dix personnes. Sa maison viendra au-devant de lui. M. le maréchal de Noailles me parut fort content de ce que le roi l'a choisi pour accompagner nos princes. J'espère qu'il fatiguera moins à ce voyage que dans les jardins de Marly.
1. Le traité de partage de la monarchie espagnole qui avait été fait par Louis XIV et Guillaume IIl. La maison d'Autriche, qui avait pourtant la meilleure part, refusa d'accéder à ce traité. (Voir mon Histoire des Français, t. IV. p. 274 de la quinzième édition.)