Frère du duc d'Harcourt
370 GORRESPONJ>ANCE GÉNÉRALE.
qu'il mange; quand il se couche; quand il se lève; à qui il parle ; le temps qu'il donne aux choses sérieuses; le temps qu'il donne à ses plaisirs; s'il est gai; s'il s'ennuie*, enfin tout ce que vous verrez, car certainement on s'intéresse bien sincèrement à sa grandeur et à son bonheur. Je voudrois, pour récompense de tout ce que je vous demande, pouvoir vous instruire de ce qui se passe ici, où vous prenez quelque part, mais je soupçonne qu'il n'y en a pds un grand nombre. Je sais comme vous êtes pour le roi^ ; il se porte à merveille, et je trouve qu'il est au comble de la gloire par la confiance que les Espagnols ont pour lui : je ne connois rien de plus flatteur^. Adieu, mon cher comte, je me porte bien aussi et ne suis point au comble de la joie ; je n'ai pourtant rien qui doive vous inquiéter, vous voyez que je compte sur votre amitié.
1 . La Beaumelle met : a S*ennuie-t-il autant qu'U convient à un Espagnol et à un roi ? »
2. La Beaumelle met : ■ Le roi que tous aimez tant se porte à merveille. »
3. La junte d'Espagne avait ordonné aux vice-rois et gouverneurs d'obéir au roi de France comme au roi d'Espagne. « Rien n'est plus honorable pour le roi que le procédé des Espagnols, et en même temps ils ne peuvent rien faire de plus habile pour leur monarchie que de s'abandonner entièrement à lui. > (Dangeau, t. VIII, p. 10.)
A M. LE DUC d'hakcourt (170i). 371