Autographe du cabinet de M. de Cambacérès
2. Premier valet de chambre du roi. Il mourut le 16 janvier, âgé de soixante-quinze ans. « C'est, dit Dangeau, un homme en bénédiction à la cour, qui n'a jamais fait mal à qui que ce soit, et qui a fait beaucoup de bien. » Saint-Simon en fait encore un plus grand éloge, et ajoute : « Il étoit dans toutes les confidences du roi pour ses maîtresses, pour mille dépenses cachées, pour tous les gens à qui le roi vouloit parler, écrire ou faire savoir quelque ehose en secret, et sa fidélité étoit à toute épreuve... Il aroit été un des témoins du mariage du roi avec madame de Maintenon. d
3. Autographe du British Muséum, — Le duc d'Harcourt était arrivé à Bayonne au-devant de Philippe V, et formait son conseil avec le duc de Beauvilliers et le maréchal de Noailles.
4. L'empereur avait refusé de reconnaître le testament de Charles II, et faisait déjà passer des troupes dans le Tyrol pour attaquer le Milanais*
372 COHRESPONDANCE GÉNÉRALE.
La confiance que j*ai en vous fail toule ma consolation ; mais il faut vous avoaer qu'elle n'est pas si entière, que je tremble quelquefois. Prenez donc un peu de temps pour me faire un horoscope de tout ceci, aussi juste que vous me l'aviez fait sur l'affaire d'Espagne. Je ne m*en vanterai qu'autant que vous le voudrez; je croirai être bien instruite Tétant par vous. Donnez aussi vos avis sur ce qui se passe ici, et je m'en parerai dans les occasions. Vous êtes avec le roi d'Espagne; son silence vous étonnera peut-être, mais s'il s'accoutume à vous, vous lui trouverez du bon sens, de. bonnes inclinations, un grand fond de religion et de vertu. Le roi lui a donné de bons avis par écrit; il voudroit qu'il les lût souvent ; il vous mettra sans doute à portée de le lui conseiller, car on lui a bien recommandé de prendre une entière confiance en vous. Les Espagnols sont trop heureux de l'avoir. Faites de votre mieux pour qu'il conserve un grand commerce avec le roi, non -seulement de roi à roi, qui sont dans les mêmes intérêts, et qui s'écrivent selon le cérémonial, mais un commerce d'un petit-fils à son grand-père, qui lui écrit tendrement, respectueusement et librement. Il est si innocent, qu'il faut l'aviser de tout, et il faut entretenir leur union ; car, quand le cœur s'en mêle, tout en va mieux. Le mien est plein d'estime et d'amitié pour vous, monsieur le duc.
J'ai senti votre peine sur le pauvre M. de Barbe* zieux; son successeur ne vous aime pas moins, il est rempli de droites intentions; mais je crains qu'il n'ait trop d'affaires.
A M. LE COMTE d'aYEN (1701). 373