‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 375 sur 418 · LETTRE CXXXVII · texte numérisé non relu

LETTRE CXXXVII

LE DUC DE BOURGOGNE A MADAME DE MAINTENONS

A Romans, le 2 ayril 1701.

Je suis ravi, madame, que le roi m'ait permis de prendre la poste à Dijon ^, et j'espère, parce moyen, me rendre le 20 à Versailles. Nous avons appris ce matin les propositions que les HoUandois font au roi ; il me paroît que ce n'est pas une marque qu'ils veuillent la paix^. Vous savez bien que je n'en serois pas fâché ; mais il faut attendre là-dessus les dispositions de la divine Providence, qui sait mieux que nous-mêmes ce qui nous convient. J'ai appris aussi que la plupart des dames du palais étoient malades

t. Autographe de la bibliothèque du Louvre.

2. Sur la nouvelle de la maladie de Monseigneur. « Monseigneur le duc de Bourgogne, dit Dangeau, a écrit une lettre au roi sur la maladie de Monseigneur, dont Sa Majesté est contente au dernier point. Son bon cœur, son bon esprit et sa religion y paraissent également. »

3. « Dans les conférences que les HoUandois ont eues arec M. d'Avaux, leurs députés ont fait des propositions fort extraordinaires. Us demandent que les Espagnols leur laissent mettre garnison dans Luxembourg, Namur, Mons et d'autres places. L'envoyé d'Angleterre, qui assistoit à ces conférences, ajoute à cela que l'on laisse mettre des troupes d'Angleterre dans Ostende et Nieuport. On a fait imprimer ces propositions pour faire voir à toute l'Europe le ridicule de leurs prétenUons. • (Oangeau, t. VIII, p. 67).

A M. LE DUC d'harcourt (1701). 423

par la crainte du départ de leurs maris, ou d'autres par leur départ même. Je suis ravi quand je songe que je serai moi-même bientôt témoin de ces afflictions ! Mais ce n'est pas cela qui me touche le plus de mon arrivée. Vous connoissez des gens que je ne serai pas fâché de revoir, comme je vous l'ai déjà dit. Vous voulez bien que je finisse, madame, en vous remerciant des avis que vous me donnez dans votre lettre, et en vous assurant que je ne crois pas pouvoir trouver de meilleure manière pour vous marquer mon amitié qu'en exécutant de si sages conseils.

LOUIS

Page 1