Autographe du cabinet de M. de Cambacérës
3. Voici à quelle occaston : On lit dans le Journal de Dangeau (t. VIII,p. 1 1 7) : « La Touanne et Sauvion, trésoriei-s de l'extraordinaire de la guerre, avertirent M. de Chamillart, il y a quelques jours, que leurs affaires étoieni en mauvais état; M, de Ghamillart approfondit aussitôt leurs affaires en travaillant avec Sauvion, et il a trouvé qu'ils dévoient près de dix millions etn'avoient que six millions d'effets, sans que le roi leur dût pas un sou. Sauvion a été mis à la Bastille... Le roi se charge de payer toutes leurs dettes, et prend en cela un parti bien juste et bien noble, et en même temps bien sage, car il conservera le crédit qu'il est nécessaire qu'aient des gens qui ont ces charges... »
Et plus loin : « Cette banqueroute faisoit grand bruit dans
A M. LE CARDUfAL DE NOAILLES (4701]. 427
faire faire au roi ses réflexions là-dessus et jagent combien il devoit être en garde contre ce qu'on lui disoit; que pour moi j'avois cru tout perdu, et qu^enfin toute cette affaire qui pouvoit détruire le crédit dans un instant, qui étoit plus nuisible à la France que la perte d^une province, qui étoit peutêtre un effet de la plus raffinée politique du prince d'Orange; que tout cela,, dis-je, soit un rien! Je dis ensuite au roi une partie de la réprimande que j'avois faite à son ministre de ne vous avoir pas averti d'abord, d'avoir pensé à parler à M. deRheims avant d'aller à vous, et j'ajoutai que toute cette conduite étoit maligne. Je dis les reproches que j'avois faits sur la haine qu'on témoignoit pour les dévots, et le roi dit que cela étoit vrai. Enfin, monseigneur, je n'oubliai rien pour donner de la défiance de cet homme, me trouvant d'ailleurs malheureuse que ma vocation soit de dire du mal de mon prochain. Quand j'irai trop loin, monseigneur, c'est à vous à m'arrôler. Mais revenons à vous : le roi étoit parfaitement content de votre conversation; vous l'aviez mis à son aise, et il étoit bien disposé à m'écouter.
J*ai vu ce malin M. de Ghamillart, qui, conjointement avec M. de Pontchartrain, se déchaîne contre vos répartitions de don gratuit et de capitation ; ils disent qu'il n'y a ni ordre ni équité dans ce que font
Paris; mais comme on a appris dès le même jour que le roi se cliargeoit de payer leurs dettes, les créanciers ont été tranquilles, et tout le monde bénit le roi qui remédie à la faute qu'ont faite ces mallieureux. »
Jks évêques qui ne songent qu'à se soulager et leur chapitre*.
Je rendrai compte à madame la comtesse de Gramont de Tétat de Taffaire du religieux de Sainte- Geneviève.
J'ai vu ce matin M. Tévêque de Meaux, bien convaincu qu'il faut laisser madame Guyon en prison.
LETTRE CXLP