‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 406 sur 418 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

événements malheureux avoient si longtemps agité, quoique orné de toutes les bonnes qualités de Tàme et de toutes les vertus ; ce même prince est parvenu par votre moyen à ce qu'il désiroit le plus, lorsque abandonnant cette vie terrestre pour la céleste, vous lui avez fait connoitre que vous assisteriez de votre secours et de votre autorité un fils qu'il laissoit, d'un excellent naturel, et que le traitant comme héritier de la dignité paternelle, vous lui accorderiez aussi les honneurs de roi^ pourvu qu'il suivît les exemples de vertu que son père lui avoit laissés, et qu'il s'efforçât de l'imiter, principalement par un zèle constant et perpétuel pour la religion catholique. G'étoit la seule chose que pouvoit souhaiter un bon père, moins inquiet encore pour la fortune et pour les intérêts que pour la religion du prince son fils. Cette preuve que vous avez donnée d'un cœur véritablement chrétien nous a fait une si grande impression, nous avons été si touché de voir que vous vous proposiez uniquement pour objet votre zèle pour la religion et pour la justice, rejetant loin de vous toutes les raisons humaines qui vous auroient pu conseiller le contraire, que bien que toutes nos pensées semblent nous occuper de la perte de ce roi que tous les gens de bien doivent déplorer, nous avons cru cependant qu'il étoil de notre tendresse pontificale de louer infiniment en Notre Seigneur la résolution glorieuse que vous avez prise. Ainsi nous prions instamment l'auteur de tous les biens de vous rendre par l'abondance de ses dons ce nouveau mérite que vous avez envers son Église. Nous ne croyons

pas aussi qu*il soit nécessaire de voas exhorter beaucoup de servir de père au nouveau roi, de conduire sa jeunesse déjà portée à toutes sortes de vertus; ce que vous avez fait jusqu'à cette heure de vous-même est sans bornes, et ne nous laisse rien à vous demander, ni même à désirer de votre part. Ainsi ce qui est arrivé en cette occasion, et que notre vénérable frère Philippe-André, archevêque d'Athènes, nous a fait promptement savoir par un courrier, étant digne non-seulement de la mémoire de la postérité, mais encore des monuments de Téternité, ne sortira jamais de notre cœur, rempli pour vous de tendresse paternelle, et c'est avec ces sentiments que nous donnons à Votre Majesté notre bénédiction apostolique.

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