‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 42 sur 418 · Autographe da cabinet de M. le duc de Cambacérès · texte numérisé non relu

Autographe da cabinet de M. le duc de Cambacérès

3. Depuis que Bossuet et M. de Noailles avaient publié leurs ordonnances contre le quiétisme, madame Guyon B*était retirée à Meaui, dans le couvent de la Visitation, et elle y avait signé un acte de soumission par lequel elle s'engageait à ne plus écrire, ni dogmatiser, ni se mêler de la conduite des âmes, u Puis elle demanda à aller aux eaux, et Bossuet l'ayant accordé, elle s'en alla à Paris et s'y cacha dans une maison du faubourg Saint-Antoine, où elle n*étoit visible que pour ses intimes qui s'autorisoient de sa soumission pour continuer à prendre dans ses avis spirituels une entière conQance. Le roi fut averti de cette supercherie par Bossuet, et jugea qu'il ne falloit pas laisser en liberté une femme si dangereuse : il donna ordre de l'arrêter. » {Mémoires de Languet de Gergy, p. 38.) « Ce fut un coup de foudre, dit Saint-Simon, pour M. de Cambrai, pour ses amis et pour le petit troupeau qui ne s'en réunit que davantage. » {Mémoires y t. 1, p. 129.)

LETTRE CCCLXVII

Ce 12 décembre 1695.

C'est avec plaisir, madame, qae je vous assure de la joie que j'ai eue quand j'ai su que vous étiez hors de danger. Tout Saint-Cyr a fait son devoir en cette occasion soit pour demander votre vie, soit pour remercier quand on Ta crue en sûreté. Le roi se porte très-bien, et je ne me porte pas trop mal. Notre prince de Dombes vient bien, et madame sa mère s'est tirée avec vigueur de cette grande affaire ^.

Il est vrai que je n'aurois pas cru que cette grande princesse d'Hanovre fit lant de bruit , mais j'ai été fort aise de son établissement', conservant beaucoup de zèle et de respect pour madame sa mère. J'espère beaucoup sur le mariage de mademoiselle de Chateaubriand^ : elle a inspiré une grande passion à un homme que j'ai vu naître, et qui n'en est pas plus jeune pour cela*, car je suis bien vieille, mais grâce à Dieu, j'en suis très-conlente. Adieu, madame, réjouissez-vous, et ne vous laissez pas gagner par les vapeurs, et croyez-moi à vous pour toujours. Mes compliments, je vous prie, à madame Fagon^ je remercierai de votre part M. son neveu.

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