‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 71 sur 418 · MADAME DE MIRAMION A MADAME DE MAINTENON · texte numérisé non relu

MADAME DE MIRAMION A MADAME DE MAINTENON

24 mars 1696.

J'ai chargé ma fille, madame, d'avoir rhonneur de vous aller voir un peu après ma mort, pour vous remercier de toutes les bontés que vous avez eues pour moi pendant ma vie, et Vous assurer, madame, que je meurs dans les sentiments de reconnoissance et d'estime pour les grâces et vertus que Dieu a mises en vous, et vous assurer que s'il me fait miséricorde, comme je l'espère de sa bonté, je le prierai de vous donner la persévérance et augmentation. Permettez-moi, madame, de vous demander une dernière grâce, qui est d'obtenir du roi une partie de la continuation de ses aumônes de quartier, qu*il m'a données à distribuer depuis la mort de madame de Lamoignon, pour aidera faire subsister l'apothicairie des pauvres, que nos sœurs pansent tous les jours au nombre de cent, et quelquefois deux cents. Cela fait un très-grand bien, et aussi pour la maison des retraites; c'est une œuvre fort utile, et aussi pour aider à faire subsister la chambre de travail de Saint-Nicolas; dix-huit cents livres ou deux mille livres tous les ans aident bien à soutenir ces trois œuvres, sans quoi elles ne peuvent subsister ; notre communauté n'est pas en état de le pouvoir faire, quelque bonne volonté qu'elle ait. Je demande donc cette grâce au roi par votre entremise, madame ; je ne demande cette charité que pour quelques années,

^. Manuscrits des Dames de SahU-Cyr,

parce qu'il y a des personnes qui ont promis après leur mort. Si ce secours manquoit, il y auroit bien de la dépense perdue que j'ai faite pour établir les retraites. J'espère en Dieu et en la bonté du roi ; cela lui attirera de grandes bénédictions du ciel ; je les demanderai au Seigneur pour Sa Majesté, incessamment, si je suis assez heureuse pour le posséder dans l'éternité. J'espère qu'il continuera aussi de donner sur ses aumônes deux mille livres pour les pauvres malades de la Villeneuve * ; cela est fort utile. J'espère, madame, que vous n'abandonnerez pas toutes ces bonnes œuvres, et que vous voudrez bien continuer votre protection à nos sœurs. Je meurs dans les sentiments que j'ai vécu d^étre, madame, votre très-humble et très-obéissante servante,

M. DE MIRAMlON.

Permettez-moi de vous supplier d'avoir toujours de la bonté pour la bourse cléricale, cette œuvre a besoin de votre protection.

Et les pauvres filles de la Providence, qui font beaucoup de bien, elles ont besoin que le roi leur continue son aumône de douze cents livres.

1 . On appelait ainsi le quarUer de Bonne-RôuveUe. Ce nom est resté à une rae : Bourbon-Villeneuve.

82 CORRESPONDAMCE tiÉNÉHALB. .

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