À l'armée de Catalogne
2. Le duc de Noailleë n'était parti pour l'armée de Catalogne qu'avec la promesse du roi qu^'il n'achèverait pas la campagne et aurait un successeur : « Les incommodités de M. de Noailles, dit Dangcau, Fout mis hors d'état de pouvoir servir cette année; il a demandé son congé au roi et revient ici. Le roi donne à M. de Vendôme le commandement de l'armée de Catalogne. J*appris que M. de Noailles, avant que de partir d'ici, avoit conflé au roi le mauvais état de sa sanfé, et qu'il ne crovoit pas pouvoir faire là campagne, priant Sa Majesté de lui donner un successeur pour le commandement. Le roi, dès ce temps-là, jeta les yeux sur M. de Vendôme, ordonna à M. de Barbezieux de lui expédier les patentes de général (le l'armée de Catalogne, et lui défendit d'en parler ni à lui ni à personne, et M. de Noailles emporta ces lettres patentes-là avec lui. » (T. V, p. 2 17.) Saint-Simon prétend que le duc de Noailles ne demanda son rappel que par complaisance pour le roi, qui voulait donner le commandement de l'armée de Catalogne au duc de Vendôme. « C'étoit, dit- il, un chausse-pied pour M. du Maine. » Et il fait là- dessus un conte qui n'a pas même de vraisemblance. (Voir Io8 Mémoires du maréchal de Noailles, 1. 1, p. 322 et suiv.)
3 . Fénelon avait été nommé archevêque de Cambrai par le crédit de madame de Maintenon, qui n'avait point douté de la pureté de sa doctrine, malgré ses liaisons avec madame Guyon. H demanda à être sacré par Bossuet et à Saint-Cyr. L'évêque de Chartres, quoique Saint-Cyr fût de son diocèse, céda à celui-ci l'honneur de prélat consacrant, et il devait être assisté de l'évêque de Chàlons. Cela produisit un petit démêlé dont madame de Maintenon va parler, dans la lettre suivante, avec une prolixité qui ne lui est pas ordinaire.
A M. l'évéOûë de chalons (1695). 7
veut céder là première place dans son diocèse. [I me pàrott, ifaonsieur, que vous n'augmenterez pas lés diflBcuhés, et que vous êtes également prêt à y être ou à n'y être pas. Plût à Dieu que les autres fussent ainsi! Ce qui me console, c'est que j'apprends (Jtt'une affairé voufe amènera encore ici, et que j'aurai la joie dé vous assurer du respect que j'ai pour vous.
M. de Chartres m'a envoyé un petit mémoire de voire part pour une petite denloiselle que vous voulez inetlre à Saint-Cyr ; je m'en tais en être la solliciteuse auprès du père de La Chaise • . Pérmettez-moi d'assurer ici madame la duchesse de Nbailles de nia reconnaissance et de mon respect.
LETTRE GGCLI
A Al. L'ÉVÊQÛE DE CHALONS».
A Saint-Cyr, ce 25 mai 1695.
Je suis bien aise, monsieur, de vous rendre compte de ce qui s'est passé sur le sacre de M. l'archevêque de Cambrai. Vous savez avec quelle liberté, quelle confiance je m'explique avec vous. La première difficulté est venue par vous, monsieur, et la suite montre assez qu'elle n'étoit pas sans fondement. Je la fis à M. de Cambrai et je fus longtemps ensuite sans en entendre parler. Enfin il m'écrivit à Compiégne qu'il avoit consulté et trouvé que M. l'évèque de Chartres