‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 96 sur 418 · Autographe du cabinet de M. le duc de Cambacérès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. le duc de Cambacérès

2. La Beaumelle ajoute ici tout un dialogue qui a élé répété par tou8 les historiens : « Un roi fait l'aumône en dépensant beaucoup et à propos. Je lui réponds : Gela est ^rai ; mais tant de gens que vos guerres, vos bâtiments et vos matlresses ont réduits à la mendicité par la nécessité des impôts, il faut bien les soulager aujourd'hui. Nommez cela pension ou aumône ; mais il

\ois, en effet, que sur son plaisir qu'il pourroit prendre, et ce plaisir est son jardin; il n*y fait que des dépenses médiocres.

Fournissez-moi des raisons, monseigneur, s'il y en a de meilleures que les siennes. Il ne m'a dit qu*un mot sur le père de La Tour : il étoit en si mauvaise humeur ce jour-là , que je crus devoir le ménager.

Les dames se donnent assez de mouvement pour être auprès de madame la duchesse de Bourgogne \ monseigneur, pour que vous puissiez faire parler madame la duchesse de Noailles sur madame de Créqui, la duchesse du Lude ou la duchesse de Yentadour. La dernière est séparée d'avec son mari. Sa réputation n'est pas sans tache; elle traîne une mauvaise suite dans sa famille ; elle est toute liée à Saint-Cloud dont on voudroit éloigner la jeune prin-

cesse ^.

est bien juste que ces malheureux vivent par vous, puisqu'ils ont été rainés par vous-mftme. Si ce n'est pas une aumône, c'est une restitation. » — 11 n'y a pas un mot de tout cela dans la lettre autographe.

1 . Nous avons vu que l'une des conditions du traité fait avec le duc de Savoie était le mariage de sa fille aînée, Adélaïde, avec le duc de Bourgogne. Cette princesse n'avait que onze ans et devoit être élevée en France; mais on lui formait une maison, et les dames a se donnoient du mouvement » pour être auprès d'elle.

2. On peut voir dans les Lettres de madame de Sévigné (t. VI, p. 52), à la date du 16 octobre 1679, l'aventure qui força madame de Ventadour à se séparer de son mari et qui fait dire à madame de Maintenon : « Sa réputation n'est pas sans tache. • Cependant elle devint dame d'itonneur de Madame , madame de Maintenon en flt Tune de ses amies les plus familières, et plus tard, la gouvernante des enfants de France.

A M. L* ARCHEVÊQUE DE PARIS (1696). 107

Vous avez trop de verlu, monseigneur, pour qu'on ne puisse pas vous tout dire sans aucun ménagement. L'abbé Testu préfend que vous ne vous taxez pas à la proportion des autres ^ Je sais répondre en général à ces discours, mais si vous voulez m'instruire, je répondrai encore mieux.

Les ennemis paraissent vouloir tenter quelque chose. On seroit honteux de prier publiquement; mais je crois, monseigneur, que vous priez et faites prier autant qu'il vous est possible.

LETTRE CDXXII

A M. L ARCHEVÊQUE DE PARIS»

5 août 1696.

Si M. l'abbé Testu se plaint de vous, monseigneur, il sera dans son tort, mais je croirois être dans le mien, si je ne vous avertissois pas de tout ce qui viendra à ma connoissance sur votre sujet.

Il y a deux jours que le roi me dit en sortant de ma chambre : Je m'en vais voir un homme que vous croyez bon homme , mais sans esprit, et me nomma le père de La Chaise. Je lui répondis : Yous le croyez encore plus que moi , car vous le voyez plus souvent. Le roi répliqua : Il est vrai, et cela baisse tous les jours. Je crus l'occasion favorable, et je lui dis : N'allez pas me donner quelque stu-

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