‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 13 sur 359 · Manuscrite de fnademoiselle d'Aumale · texte numérisé non relu

Manuscrite de fnademoiselle d'Aumale

pas un sou de différence à la plupart des articles. Ce que vous demandez, en prenant les choses au mieux, se monte à quatre-vingt-neuf mille sept cents livres. J'y ajoute deux mille francs pour Tentretien de la maison, que vous n'avez pas réglé : cela fait quatrevingt-onze mille sept cents livres. Ainsi je crois que, faisant la fondation de cent mille livres de rente, on sera à l'aise, si vous leur inspirez votre économie dont il ne faut pas se relâcher, quoique cela paroisse grand : car il y a bien des extraordinaires dans une maison où il y aura trois cent vingt personnes.

Je suis bien incertaine sur les vaches. Si vous en avez, il faudra prendre la ferme, afin d'avoir des terres où elles puissent aller manger; il faudra des valets pour les garder et gouverner, une personne en chef, et une quantité de choses qui feront qu'une pinte de lait vous reviendra bien cher. Si vous vouliez vous regarder comme au milieu de Paris, vous y gagneriez assurément. Celte ferme vous tiendra lieu de mille livres de rente : ne feriez-vous point mieux de donner des vaches au jardinier, et de n'être chargée de rien ? Songez à tout cela : car il ne faut pas vous croire à la campagne; vous n'aurez pas les coudées franches; c'est dans le parc* dont vous aurez mille incommodités-, et si vous vous chargez de beaucoup de valets, la maison sera ruinée. Si vous les voyez souvent à la ferme, ce sera une grande perte de temps : si vous ne les voyez pas, ils vous voleront et feront bien du désordre. Je comprends en même temps l'utilité de ces choses-là; mais M. de Louvois

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