Manuscrits des Dames de Saint-Cyr
2. n paraît qu'en apprenant l'acte d'autorité qu'avait fait madame de Mainfenon en expulsant de Saint-Cyr madame de Brinon, l'abbé Gobelin témoigna un étonnemenl si étrange et même si ridicule, que madame de Maintenon pensa en mourir de rire. L'abbé redoubla dès lors ses craintes, ses respects, ses tremblements, de telle sorte que madame de Mainfenon, tout en conservant beaucoup d'affection pour ce pauvre vieillard, chercha sérieusement un autre directeur.
1C2 CDHRESPONnAIICB GËMBRAIA.
ferment, elles appartiennent à l'année ifiâfl, caqui témoigne la légèreté et l'ignorance avec Ifsqijollt» ces lettres sont fabriquées.
La première est un ensemble de phrases vagues, ne reposant sur aucun fait, et qu'il est inutile de discuter. Louis Racine l'annote : Jlfe portât inventée,
A MADAUE DE SÀINT-GÉRAN >.
Jù vous prie de dater vos lettres ; madame de Momay en fait un recueil'; ai vous en Faisiez autant des miennes, vous n'en auriez plus. Malgré toutes les louanges que vous donnez à mon esprit, je sais bien qu'elles ne sont bonnes que pour le moment. Jevous remerciede eo manuscrit^; je l'iti lu avant que de me coucher; il y a beaucoup de vrai, et encore plus de hax. A la place do Madame, j'aurois vu tout cela avec plus ij'indiffcrence. Le roi pouvoit-il croire des chose? .-ilalisurdus? El celles qui ne le sont pas, il les savoit déjà, et toute la France avec lui. Le duc de Beaijvilliers a pria le bon parti; et tout ce qu'on dit à Paris ne sauroit changer le sentiment de tout Versailles. Il est vrai que vous voyez mieux les choses dans l'éloignement*; mais celle-là n'est pas du nombre. Je n'ai pas un moment à moi; ainsi je finis. J'ai pourtant encore bien des choses à vous dire. Si je ne vous vois pas samedi, vous me réserverez ce plaisif-
1. Éint. de Nancf, t. II, p. 3 1 ddil. d'Amsterdam, I. El , p. m.
1. C'eal-à-dirB madame daUoiiIclievreuil; or madame (le Mainlenon ne la désigne Jamais |>ar «on nom île r^mllls.
3. La Iteaumelle mel e» note : Ie$ Jmourt Ju Palaii-Ros<'l- Il GDtend peut-être par là un pamphlet du lempi : le Patai'-Boyal oii tel imoara de mujtmoitetic de La Yalliirt.
1. Df qg rjliiij<neini'nn Madame de Salnt-Gùrtp nsqulllailpoinl
A MADAME DE SAIHT-GËIAN (1688). 163
là pour dimuicLe; je serai libre au& heures accoutu^ ■nées ; je Toudrois l'être toujours pour vous.
LETTRE GLIX (La B.)
NOTE PRÉLmiHAIRB
Cette lettre, qui suit la précéiienle {t. Il, ji. 6 de l'ddit. de Nancy, et t. Il, p. 134 de l'édil. d'Amsterdam), est encore plus romanesque: ie commencement parle de M. de Lauzun, de l'expédition d'Irlande, c'est-è-dire d'événements relatifs k l'année 1680 : ils sont généralement empruntés aux Mé~ moires de miuiarne de La Fayitle.
A MADAME DE SALNT-GËRAN.
M. (ie Lauzun Hst plus à la mode que jamais'. Il vouiJroit quu iiouiv unissions ces vengeances. Je lui ai dit que depuis longtemps j'avois tout pardonuLV 11 est trop S'indicalif pour le croire; et cependant il voudroilbien que Mademoiselle* lui en dit autant. Il est tout à fait
1. On !>a<( que Lanziin, qui ^(all en Angtelerrs à répa(|iie de la râïolulion île l(t8S, lïUill parvenu n Tsire i^vailerla reïHB cL le prince de Cïllct. Il rentra ainii A la coiir ot dani la laveur île Louis XIV. Quant il ce que l.a lipaiimallo fait dire de lu! i madame de Ualntenon : * Il voudroil que nous uniminiia no« tengeaiiuuB... I) eit tnip vlndiealirpaur le croire... Il ei>l tout hSM aSicé du ciourdu roi..., D tout cela etl du roman. 11 n'j pas un mol rclaiil'^'i Lauzun dant 1» Icllrei au'lienllquea de madame lie Mainlenan. On trouve wulenient dans les Mémoires de madame de La Fnifii'e : « Il n'ftroll Jnmaia élé aiui<! de M. de Louvoia, oiala il fuisuii loul ce igu'il pouvolt pour Bafiner les bonnce griices do niadflinn de Maintenon. 11 savoil qu'il a's avoll que cca deux eHù» pour pouvoir approcher la roi. °
S. « Mademoiselle de Hontpeniier lui avoil défendu de rcpsroiire davanl elle. . {Xoir de La Beaumellc.)
164 COHBESPONDANCE GÉNÉRALE.
eSacé du cceur du roi ; et l'inquiet n'y tient plus qu'à un fil. Il est tort choqué [ç'eet apparemment M. de Louvoie] qu'on lui ait ûté la direction des affaires d'Irlande ^ Il s'en est pris à moi, et puis à madame de Chevreuse. Il comptoit sur des profits immenses*. M, de Seiguelay ne compte que sur des périls et des travaux. Il réussira, s'il ne prend les choses avec trop de hauteur. Le roi n'auroit \'-d< 'h moillrur .-orviU'iir, .-'il iiouvoit sedf-tachtT un puti ik' ^oii (l'Uipùriiuitul. Il eu couviûiit lui-ini!me; et cependant il ne se corrige pas.
Quand j'avois de la voix, j'aurois fort hien chantÉ cette chanson", elle ne nie dit rien de nouveau; ne Baia-je pas que je suis vieille"' Si je pouvois l'oublier, le changement de moo humtur me le diroit a'5=ez Cherchez l'auteur, je vous en prie Si le roi le cotinoissoit, il me vengeroit; et si je le connoio, je me \nigerai autrement que lui Quand je me rappelle madame de Montespan, je compte pour rien loua ces uulrage-. Je suis tort contente du duc du Maine ; et le roi est disposé à lui tout accorder. Mes filles m'occupent beaucoup, mais bien plus îigréablcjiienl que toutes les intrigues de ces gens qui sont tantôt trompés, tantôt trompeurs,
1 . Il g'igit de rcxpédillon d'Irlande, Blors rammencée, et commanijée par Jacques 11. Voici ce qu'on lit dans lea Mimoires de madame de La Fayette : « M, de Lsuiun crul qu'il feroil un grand coup pour lui, et qui plalroil Tort à madame de Hainlenon, du tirer l'alTaire d'Irlande 'des mains de M. de Uuvoi» pour lamelirc dans celles de M. de Seiguelay. 11 persuada si bien la reine d'Anglelerre, que cela fut fait, et peul.fifre au grand coDlentement de M. de Louvois, qui ne pouvoil pas êlre généralemeul chargé de loul. •