‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 157 sur 359 · LETTRE CLXIII · texte numérisé non relu

LETTRE CLXIII

A M. L'ABBÉ GOBBLIN '.

ÏO février IS39.

Madame de MontchevreuU me dit hier que vous aviez affaire à Paris et que vous iriez à la fin de ce mois. Si ce sont des affaires qui ne peuvent se remettre, il n'y a rien à dire, mais si elles pouvoient l'être, il seroit bien plus à propos pour noire clière maison que vous ne la quittassiez pas en m^me temps que moi. Ce que j'y fais ne peut être comparé à ce que vous y faites : cependant je vois que je n'y suis pas inutile. Nos Dames sont charmées de vos conférences, et goûtent fort vos oraisons. Il y a un chapitre sur lequel je voudrois que vous les prêchassiez : l'orgueil, les hauteurs, la fierté. Je suis persuadée que mon exemple a beaucoup contribué à introduire cet esprit dans la maison. Mais avec la même sincérité que je m'en reconnois très-coupable, je vous dis que je ne l'ai jamais poussé si loin. Je pourroîs, si la prudence le permeltoit, en dire des particularités qui élonneroient tout l'orgueil renfermé dans Yersailles. J'ai refusé de faire des chanoinesses, par aversion pour l'orgueil de cet état-là, et j'ai fait pis : il n'y en a point en Allemagne avec lesquelles il y ait plus de mesures à garder qu'avec quelques Dames de Saint-Louis. Dieu pardonne ceux qui y ont répandu cet esprit ! Dieu me fasse la grâce

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